Je n’en peux plus des injonctions. Depuis le confinement de mars, on voit fleurir ici et là (et surtout là, sur instagram), des odes au no bra (ne plus porter de soutien-gorge) et, même si je trouve ça chouette de se défaire d’une injonction sociale, je trouve ça dommage d’en remplacer une par une autre.

Et si on laissait les femmes et assimilé-e-x-s libres de CHOISIR.

J’ai commencé à avoir des seins à 10 ans et demi. Je me souviens de mon premier soutien-gorge en CM2, avec des bonnets triangulaires, des petites fleurs et de jolies bretelles bordeaux. J’étais tellement heureuse de cet achat que j’avais fait avec ma mère. J’avais l’impression que mon corps était enfin en phase avec mon esprit (ça c’est un autre sujet).

Et puis est venu le temps du collège. En 6e ça allait encore. Mais les 3 années qui ont suivi ont été un enchaînement de harcèlement sexuel, de surnoms en attouchements. Je ne me permettais pas de décolletés, pas de vêtements moulants, car avec une forte poitrine, « c’est vulgaire ». En 4e, j’ai commencé à emprunter les gros pulls de mon frère pour cacher mon corps.

J’ai une histoire compliquée avec cette poitrine qui a rapidement été imposante. J’enviais ma mère qui avait de tout petits seins et mes camarades qui ne subissaient pas les regards des ados et des adultes. Jusqu’à ce que je me rende compte que les filles avec de petites poitrines étaient aussi la cible de moqueries… On ne nous laisse donc jamais tranquilles.

Quand j’ai été enceinte de ma fille, j’ai découvert la galère de chercher des soutiens-gorges d’allaitement quand on fait un bonnet G ou H. C’est à ce moment-là que je me suis tournée vers les brassières. Plus d’armatures, plus de blessures mais enfin du confort.

Je crois que j’ai fait la paix avec mes seins grâce à l’allaitement. Ma poitrine a été nourricière pendant 5 années et, aujourd’hui, je ne lui en veux plus d’être ce qu’elle est.

Cela fait 7 ans que je fais ce que j’appelle maintenant du « slow bra ». A la maison, je ne porte plus de soutien-gorge. Mais pour sortir, je me sens plus à mon aise avec une brassière ou un soutien-gorge sans armature.

Parce que je travaille avec des ados.

Parce que je circule à vélo.

Parce que je transpire sous les seins si je ne porte rien.

Parce que je ne peux pas porter de vêtements près du corps si je n’ai pas de brassière.

Parce que c’est MON choix.

Parce que je n’ai pas à me justifier.

C’est ma réponse au sondage de @meufcocotte sur instagram qui m’a poussée à écrire ce post qui est dans ma tête depuis des mois.

Bra, slow bra ou no bra, soyons libres.