Lundi 6 janvier, le Doudou a fait sa rentrée scolaire en Très Petite Section. Il en parlait depuis septembre, depuis que sa sœur a fait sa rentrée en CP. Les dernières semaines ont été compliquées à la crèche où il ne voulait plus aller. Le lundi avant les vacances, il avait fait une demi-journée d’adaptation et ça s’était tellement bien passé qu’il espérait y retourner rapidement. A Noël, Papy et Mamy lui ont offert un joli cartable, comme ils l’avaient fait pour Bichette avant sa première rentrée. Les derniers jours des vacances, il n’a fait que parler de l’école.

Aussi, lundi matin, bonnet rouge sur la tête, snood autour du cou, manteau Flash McQueen sur le dos et baskets qui-courent-vite aux pieds, surexcité par ce changement dans sa vie de petit garçon, il était prêt. Mais, quand nous avons déposé sa sœur dans « l’école des grands » (ici la maternelle et l’élémentaire sont dans la même rue mais pas sur le même site) et qu’il a compris qu’il n’allait pas en CP avec elle, il s’est mis à pleurer : « Moi ze veux aller à l’école avec Bissette ! » Nous avons essayé de lui expliquer, nous lui avons montré le petit lit où l ferait sa sieste, nous avons arccoché ses affaires au porte-manteau à son prénom, nos l’avons emmené faire pipi dans les petites « coilettes » de l’école (ouf, il ne dit plus « couillettes ») et nous l’avons fait entrer dans sa classe. Sa maîtresse l’a accueilli, nous lui avons expliqué le PAI, elle lui a proposé des jeux, puis de dire au-revoir à papa et maman. Il nous a lâchés et a filé vers sa nouvelle vie.

Le midi, son papa est allé le chercher, puis ils sont allés chercher sa sœur pour le déjeuner. Dans la voiture, elle lui a demandé s’il avait bien travaillé à l’école. Réponse de l’ntéressé : « Mais non, z’ai pas travaillé, z’ai zoué ! » Mais oui, enfin, on ne travaille pas en maternelle.

Après le déjeuner, il est retourné avec plaisir dans sa classe où il a fait une bonne sieste. A la récréation de l’après-midi, je l’ai espionné de ma salle de classe (le collège est collé à la maternelle) : j’ai vu mon petit garçon avec son bonnet rouge à pompon qui roulait vite sur sa draisienne, au milieu des autres enfants. A 16h30, il était heureux de retrouver son père et sa sœur. J’aurais aimé terminer plus tôt pour aller le chercher, mais il me fallait patienter encore une heure. Quand je l’ai retrouvé, je lui ai dit : « Alors, il roulait vite le vélo de l’école ?

– Mais non, maman, c’était pas un vélo ! C’est une draisienne ! » m’a-t-il répondu.

Je me suis rendue compte que mon petit bonhomme avait bien grand et qu’il était loin le temps où ce bébé faisait du quatre pattes ! Et puis, il a demandé la tétée et un câlin, comme s’il avait lu dans mes pensées. Il prend son temps pour grandir…

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Mercredi, matin, au baby-hand, il n’a écouté que la moitié des consignes, comme d’habitude. Mais il s’amuse et c’est le principal. Les entraîneurs s’amusent de ce petit bonhomme qui n’en fait qu’à sa tête.

Et mercredi après-midi, comme il a refusé de faire la sieste, je suis restée avec lui. Nous avons sorti tous les Duplo et les Playmobils et je l’ai regardé jouer sur son tapis. Il a une imagination débordante (comme son énergie). Le pirate et son perroquet ont fait un tour dans la remorque du policier, puis le policier a été emmuré avec sa voiture. L’enfant est tombé de sa balançoire et il a fallu appeler les pompiers… Le Père Noël a fait un tour d’hélicoptère et la girafe s’est promenée en remorque.

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Hier, comme je terminais plus tard, il a mangé à la cantine.

« C’était bien la cantine ?

– Z’ai donné la main aux enfants.

– Et tu as bien mangé ?

– Oui, moi z’aime bien manzer ! »

Bon, nous n’étions pas plus avancé, mais j’ai aimé ses petits mots d’enfant. Aujourd’hui c’est le dernier jour de sa première semaine. Déjà. Le temps file. Mais en écrivant ces mots, je savoure le frais souvenirs de ces moments importants que nous venons de vivre. Je les enregistre dans ma mémoire comme des souvenirs joyeux de premières fois. Mon bébé grandit et moi je vieillis. Mon bébé vieillit et moi je grandis avec lui.

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C’était mon billet pour le premier #10dumois de 2020 d’Egalimère.