O’Connell et moi venons de terminer un roman que j’avais acheté dès sa sortie, mi mars, mais que je n’avais pas encore pris le temps de lire. J’ai toujours besoin de trouver LE bon moment. Certaines conditions doivent être réunies : je ne lis pas un livre plaisir comme je lis un livre pour le boulot.

Mardi soir, j’avais décidé de me coucher tôt parce que je suis un peu fatiguée en ce moment. A 21h, j’étais au lit. J’ai pris un livre avant de me coucher, pour me détendre un peu avant de m’endormir. Tu parles, Charles. Je l’ai refermé 3h plus tard ! Je ne me suis pas couchée plus tôt, au contraire. Mais, au moins, j’ai passé un bon moment. Je vous raconte pas la tronche quand Doudou m’a appelée à 7h hier matin…

J’attendais la sortie de ce roman avec impatience. Je suis « Wonder Mum en a ras la cape » depuis des années, Serena Giuliano me fait rire, sur son blog ou les réseaux sociaux.

Comme souvent, j’ai eu envie de laisser une trace de ma lecture ici.

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Quatrième de couverture :

 

« J’ai peur du chiffre quatre. C’est une superstition très répandue en Asie. Le rêve ! Enfin des gens qui me comprennent ! Je devrais peut-être déménager…

– Vous avez beaucoup d’autres phobies ?

– Vous avez combien d’années devant vous ? »

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.

Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

 

Attention, la lecture de Ciao Bella pourrait avoir des conséquences irréversibles : parler avec les mains, écouter avec le cœur, rire de tout (et surtout de soi), ou devenir accro aux pasta al dente.

 

 

Mon avis :

Anna, enceinte, décide de consulter une psychologue car la venue de son deuxième enfant l’angoisse énormément. Si c’était sa seule source d’angoisse, ce roman serait bien court. Heureusement (pour nous), la jeune femme a beaucoup de peurs à nous confier et ce roman est le journal d’une névrosée qui se soigne. Nous la suivons de consultation en consultation : ce récit est une suite de courts chapitres, qui correspondent aux séances de thérapie : d’abord, le dialogue avec la psy puis l’histoire, actuelle ou passée, d’Anna.

Elle nous livre ses angoisses, sa colère qui cache une profonde tristesse, la naissance de son fils, son enfance italienne, son déracinement, son histoire. Anna n’a pas la langue dans sa poche et c’est un vrai bonheur de l’écouter, pendant plusieurs années, d’une oreille attentive, amusée, compatissante.

Anna est une femme moderne, de son temps, de notre temps, de ma génération. Elle évoque beaucoup de sujets : le sexisme, le racisme, la vie de parents, les réseaux sociaux, les blogs… Je me suis retrouvée par certains côtés (elle n’arrive pas à conduire sur l’autoroute. Pour moi pas besoin d’autoroute, je ne conduis pas du tout), j’ai notamment été très émue par sa relation avec son père, j’ai applaudis son combat pour la journée des droits des femmes, j’ai ri à nos petites manies de mamans (bon, à côté d’Anna, je suis une maman très détendue).

Anna est une femme, une épouse, une maman, mais aussi une enfant. L’autrice nous livre toutes ses facettes avec une plume alerte, énergique, vivante et simple. C’est un beau portrait de femme, complexe, sincère, amusante, émouvante, entière.

J’ai souvent souri, j’ai ri aussi, j’ai été émue et j’ai même pleuré. Le Conquérant m’a dit à plusieurs reprises que j’avais les yeux humides. Forcément, ça m’a fait penser à ma relation compliquée avec mon père, à ma Nonna à moi, qui est partie rejoindre son mari il y a 8 mois… Et mon gros chaton m’a, comme toujours, accompagnée de ses ronronnements pendant ma lecture.

C’est un joli livre avec de belles qualités et, si vous avez envie de passer un bon moment, je vous le conseille. Surtout avec une chaise longue et un rafraîchissement.

Ça m’a donné envie de me remettre à l’italien, cette langue que j’avais apprise tellement rapidement et tellement facilement au lycée. Cette langue qui a fait chanter mes années d’études et que j’avais abandonnée avec regrets. Un jour, j’irai en Italie.

Ciao bella Serena, grazie mille per questa lettura.

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