Chère Mamoune,

Cela fait 2 mois aujourd’hui que tu n’es plus là.

2 mois.

C’est à la fois si lointain et si récent. J’ai l’impression qu’il s’est passé beaucoup plus de temps que 2 mois depuis que tu as fermé tes yeux pour toujours. Sans doute parce que nous avons eu fort à faire depuis ta disparition.

Les clés de ta maison sont rendues, ta voiture aussi. Nous avons refermé la porte de chez toi pour toujours. Et je commence seulement à réaliser que plus jamais nous n’irons « chez Mamoune ».

Cela ne fait que 2 mois que tu nous as quittés, c’est tout récent. C’est le tout début de notre deuil. Il ne reste que le rendez-vous chez le notaire et tout sera fini. Comme un point final de notre vie avec toi.

Nous avons partagé tes affaires : ce que nous gardons, ce que nous donnons, ce que nous jetons et ce que nous vendons. Ta maison est vide, mais les nôtres sont bien remplies. On a même stocké chez papa. Notamment ta cuisine, que nous n’avons toujours pas vendue.

Chaque jour, j’utilise des objets qui t’ont appartenu, je passe devant ce meuble que j’ai toujours aimé, je regarde les lettres du mot « Bonheur », qui décoraient ton salon.

Parfois, je me dis : « Ah, cet objet est vraiment pratique » ou « ce meuble fait vraiment bien chez moi ». J’oscille entre la joie de voir ma maison devenir plus jolie et la tristesse de me dire que c’est parce que tu es morte. J’aurais tellement préféré ne pas avoir tes affaires, devoir les acheter moi-même, et que tu sois encore là. Et ça me crève le coeur.

Parfois je me mets à pleurer en me brosser les dents, ou en mangeant, ou en cuisinant. Parce que mon cerveau fait des associations d’idées. Et que ça finit généralement par arriver jusqu’à toi.

Je me refais souvent le film de tes derniers jours. J’ai encore du mal à réaliser que ça s’est vraiment passé. Je revis la rapide déchéance de ton corps.

Deux mois. C’est le temps qu’il t’a resté quand tu as commencé à avoir ces terribles douleurs. Tu ne pensais pas que tu partirais si vite. Nous non plus. A partir de mi-juillet, j’ai enchaîné les aller-retours pour te voir.

Je ne savais pas, quand j’ai pris cette photo, qu’il ne te restait plus qu’un mois. Je te voyais bien, si fatiguée, si usée par la maladie. Mais nous y croyions encore. Nous espérions un sursis. J’aurais aimé appuyer sur le bouton pause pour profiter encore un peu de ta présence.

J’ai senti la douceur de ta peau, ton parfum. Je t’ai dit combien je t’aime, je t’ai serrée dans mes bras, j’ai profité de tes câlins.

Quand j’ai un coup de blues, je ferme les yeux et j’essaie de ressentir à nouveau ces moments. J’essaie de sentir tes bras autour de moi.

Mamoune, ton absence est tellement douloureuse. Tu me manques incommensurablement.

 

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