Aujourd’hui, je vous propose quelques brèves de latinistes.

Cette année, j’ai 3 groupes. 10 élèves en 3ème, 24 en 4ème et 23 en 5ème. Je suis heureuse de constater que j’ai su motiver les troupes, en passant voir les élèves dans leurs classes et en leur présentant cette culture et cette langue anciennes.

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Cette année, je retrouve les latinistes que j’ai connues en 4ème et qui sont maintenant en 3ème. Elles sont toujours aussi à leur aise. Ça m’a fait plaisir de retrouver ce petit groupe avec lequel nous travaillons dans une ambiance détendue. Voire, très (trop ?) détendue.

Première séance. J’ai préparé un travail sur l’étymologie pour recommencer l’année en douceur.

Nous travaillons autour de verbes, en ateliers. Les élèves doivent trouver les mots français à partir du verbe latin. A leur disposition, des dictionnaires. Arrive l’atelier autour du verbe Loquor, eris, loqui, locutus sum : parler. Il y a dix mots français à trouver.

Je lis chaque définition avec elles, avant de les laisser chercher. Parfois elles trouvent immédiatement, sinon elles se servent des outils à leur disposition.

« Alors, question 7. Comment nomme-t-on l’artiste donnant l’illusion qu’il parle avec son ventre ?

– Ah, ben ça c’est mon père ! lance une élève.

– Pardon ? demandé-je, étonnée.

– Ah, oui, mon père parle avec son ventre, et c’est impressionnant ! »

Fou-rire collectif. Le premier de l’année. Et certainement pas le dernier.

Du coup, je n’ai pas hâte de rencontrer les parents de cette élève. J’ai bien peur d’avoir envie de rire.

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Deuxième séance, nous revoyons les fonctions en français et les cas latins auxquelles elles correspondent. Je leur ai fait une petite liste de phrases à analyser. En latin, avec leur traduction en français.

– Le maître de l’élève va à l’école. Discipuli magister ad scholam it. Quelle est la fonction de « du maître »? Et le cas du mot latin correspondant ?

Les élèves réfléchissent et une main se lève.

– Ah, c’est un C.O.I. On peut dire « à qui » ! me lance-t-elle, toute fière.

– Attends. Ça se rapporte à un verbe ou à un nom ?

Silence, elles réfléchissent. Et là, E. lève la main vivement, elle a trouvé :

– Ah, moi, je sais ! C’est un C.O.N. madame !

– Pardon ?

– Oh, heu… un C.D.N ! se reprend-elle. Et elle éclate de rire. Nous ne tardons pas à faire de même.

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Parfois, je n’ai pas le moral, je ne suis pas motivée pour aller bosser. Mais, lorsque j’ai cours avec ces élèves, je sais que tous mes soucis vont s’envoler. D’ailleurs, une jeune fille de ce cours m’a dit : « Madame, si un jour ça va pas, vous venez nous voir, on vous remonte le moral tout de suite ! » Je ne l’oublierai pas !

C’est aussi pour ça que j’aime mon métier.

La Belle Bleue
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