Coup de coeur·Les livres et moi·Roman

J’ai lu « Mon ciel et ma terre » d’Aure Atika

Je ne lis pas de biographies. Ni d’autobiographies. Je n’aime pas ce genre littéraire. Même lorsque c’est bien écrit, j’ai toujours cette impression de voyeurisme. Encore plus lorsque le livre est écrit par ou sur une personne célèbre. Et pourtant, j’ai fait une exception.

En avril, j’avais écouté par hasard l’émission de Flavie Flament « On est fait pour s’entendre » sur RTL dans laquelle elle se demandait si on pouvait aimer ses parents même s’ils avaient été défaillants. Aure Atika était invitée et ensemble, elles ont parlé de l’amour fou qu’elle portait à sa mère bohème. J’avais pris l’émission en cours mais leur discussion m’a beaucoup intéressée. Quand j’ai compris qu’elle faisait la « promotion » de son livre, j’ai eu très envie de le lire. J’ai profité de la venue de son auteure au Salon du livre de Vannes pour acheter Mon ciel et ma terre et rencontrer (trop) brièvement Aure Atika.

Mon Ciel et ma terre m’attendait depuis quelques semaines déjà. Et je n’avais jamais pris le temps de m’y plonger. J’ai commencé ce livre le samedi au réveil et je l’ai lu pendant le week-end, sous le soleil, pendant les siestes de mon fils. Mes enfants dormaient ce samedi matin et je n’avais pas envie de sortir du lit. Je ne sais pas si c’était à cause de la pénombre ou de sa couverture, ou encore parce que cela se passe dans les années 70, mais je l’ai lu en noir et blanc. Et puis, par petites touches, une comptine bleue, une comptine rose, une mère tout en jaune, un père tout en blanc… du jaune, du orange, du rouge, des bombes de peintures… l’auteure a mis de la couleur dans ma tête au fil des pages.

J’ai eu du mal à le poser à chaque réveil de mon fils. Je m’y suis replongée souvent, pour lire deux ou trois pages. Et puis la fin est arrivée rapidement. Trop. Je l’ai lue tout doucement, pour faire durer leur histoire. Ce livre m’a accompagnée pendant deux jours, mais j’aurais aimé rester auprès d’Ode et d’Aure un peu plus longtemps.

Aure Atika recrée avec précision et habileté l’ambiance rock’n roll du Paris des années 70 et 80, à travers de multiples tableaux, des moments de leur vie. Elle donne à voir son enfance et son adolescence, sa vie de fille mère d’une mère enfant, d’une mère éprise de liberté et d’indépendance.  Avec sensibilité, Aure Atika fait revivre Odette, qui préfère  le diminutif Ode, « Tout un poème ». Cette « mère indigne », comme on la qualifierait aujourd’hui, qui laissait sa fille seule la nuit pour faire la fête ou seule sur un trottoir pour apprendre à faire du patin à roulettes, ou encore chez sa grand-mère pendant de longs mois pendant qu’elle parcourait le monde, à la recherche de travail ou de drogues, qui emmenait son enfant dans des dîners ou des soirées d’adultes…

En racontant sa mère, c’est aussi la fille qui se dévoile. Ce sont ses sentiments forts qu’elle nous fait ressentir, son amour inconditionnel pour cette femme, son admiration. Mais aussi les moments de doute, la honte parfois et même le rejet de cette mère fantasque par une adolescente en construction.

Je n’aime pas les biographies, ni les autobiographies. Et ça tombe bien parce que ce livre n’est ni l’un ni l’autre. C’est une déclaration d’amour. Un hommage d’une fille à sa mère, une ode à Ode.

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