Bébé papillon·Ma vie de maman·Petit poisson

Mon accouchement physiologique dans une salle nature

Le 1er mars, à 7h, après 9 mois dans sa piscine olympique, notre Petit Poisson a pointé le bout de son nez. J’avais préparé cet accouchement, je l’avais imaginé, rêvé, fantasmé. Mais j’étais loin de la réalité…

Après la naissance naturelle, non médicalisée (hormis le déclenchement), de Bichette, j’ai voulu un second accouchement physiologique. J’avais imaginé accoucher chez moi. Mais ma maison ne me semblait pas adaptée, avec notre petite salle d’eau, sans baignoire mais équipée d’une douche peu pratique, avec notre chambre mal agencée… Je savais que dans la maternité de ma petite ville, une salle « Nature » était disponible. J’en ai parlé rapidement à ma sage-femme et elle m’a décrit un lieu presque « comme à la maison ». Lorsque je l’ai visitée, je me suis rendue compte que c’était même mieux qu’à la maison! J’ai découvert une salle avec un très grand lit, une baignoire, un tabouret d’accouchement, des ballons, des « lianes », des coussins d’allaitement, des « cacahuètes », etc. Bref, j’ai préparé mon projet de naissance autour de cette envie d’accoucher dans cette salle nature.

Après une fausse alerte dans la nuit du 27 au 28 février, et une longue journée d’attente où il ne se passait plus rien, j’ai eu très envie d’une tarte aux épinards. Je l’ai préparée mais, au moment de passer à table, j’ai senti une sensation étrange dans mon utérus… Ah, non, cet enfant ne va pas m’empêcher de savourer mon dîner! Après le repas, nous avons couché Bichette et je suis aussi allée aussitôt au lit pour récupérer de la nuit précédente. Et j’ai bien fait! Vers 23h, j’ai été réveillée par une contraction douloureuse. Je me suis rendormie, mais les périodes de sommeil entre les contractions étaient de plus en plus courtes. A 2h, j’ai su que ma nuit était terminée. J’ai réveillé le Conquérant, nous avons déposé Bichette chez les voisins et nous sommes arrivés à la maternité vers 2h30 ce 1er mars.

J’ai immédiatement demandé si la salle nature était disponible. La sage-femme m’a installée sur le grand lit, pour un monitoring. Puis elle nous a laissés seuls la plupart du temps. Comme je n’avais pas besoin de lui, le Conquérant a pu se reposer sur le grand lit pendant que mon corps se préparait à l’accouchement, alternant périodes de somnolence et contractions. Puis, les douleurs devenant plus difficilement supportables, j’ai profité de la baignoire avec une eau à 40 degrés. A chaque contraction, le pommeau de douche versait sur mon ventre une eau chaude apaisante. Puis, le travail avançant, la douleur devenant de plus en plus intense, j’ai réveillé le Conquérant qui a massé le bas de mon dos et qui m’a aidée à me concentrer sur ma respiration.

La sage-femme passait de temps en temps, voir si le travail avançait, si je n’avais besoin de rien. Elle m’a fait deux touchers vaginaux pendant mon accouchement : un lorsque je suis arrivée, pour estimer l’ouverture de mon col et un autre lorsque, épuisée par les contractions, j’ai eu besoin d’être rassurée sur l’évolution du travail. La poche des eaux était gonflée, il fallait juste attendre qu’elle se perce pour que le travail s’accélère vraiment. Cela m’a redonné du courage et de l’espoir.

Allongée sur le lit, sur le côté gauche, le Conquérant à mes côtés, m’aidant à bien respirer profondément, je supportais la douleur. Puis, à 6h30, un « poc » s’est fait entendre. Le Conquérant a juste eu le temps de s’écarter, la poche des eaux s’est rompue, le liquide amniotique a jailli, inondant le lit. C’était assez impressionnant! Puis le travail s’est immédiatement intensifié. Les contractions étaient plus douloureuses, plus efficaces. Je ne pouvais plus rester allongée. Je me suis levée, j’ai marché jusqu’à la baignoire et j’ai senti la tête de mon bébé qui commençait à s’engager. Debout, les mains sur le bord de la baignoire, le Conquérant derrière moi, me massant le dos, m’aidant à garder les pieds posés au sol, j’ai senti mon corps s’ouvrir pour laisser mon enfant sortir. Et puis j’ai eu besoin de le toucher. Je me suis souvenue de la sensation si particulière lorsque j’ai touché la tête de Bichette qui sortait, 3 ans et demi plus tôt. Alors j’ai posé ma main sur ma vulve et j’ai senti le crâne de mon fils, ses petits cheveux tout doux. Je n’ai ensuite plus pu décoller ma main de sa tête. A chaque poussée, je sentais son crâne s’avancer dans ma main. Et je l’ai accompagné vers la sortie. Je l’ai aidé à sortir de mon corps et je l’ai accueilli. La sage-femme, un peu en retrait, pour me laisser vivre ce moment, m’a demandé si je voulais le prendre ou si j’avais besoin d’aide. Je n’avais plus de force et je ne pouvais plus décoller ma main de la baignoire qui me soutenait. Alors elle m’a aidée à prendre mon fils. Ma main n’avait pas quitté sa tête. Il était 7h, j’étais maman pour la seconde fois.

Puis nous avons marché jusqu’au lit où elle m’a aidée à m’allonger. Elle a posé mon fils sur ma poitrine. Le Conquérant s’est assis près de nous. Petit Poisson a cherché mon sein et l’a trouvé. Je sentais le cordon ombilical qui battait contre mon ventre. Nous avons savouré ce peau à peau.

 

Puis quand le cordon a cessé de battre, la sage-femme a proposé au Conquérant de le couper. J’ai expulsé le placenta, la sage-femme a recousu une petite déchirure superficielle puis le temps s’est arrêté… et nous sommes restés là tous les trois, pendant 2h, en peau à peau. En famille.

La sage-femme, lorsqu’elle est revenue, m’a dit : « C’était beau… » C’était un très bel accouchement, elle n’avait jamais vu cela, une maman qui accompagnait la sortie de son enfant avec sa main.

L’auxiliaire de puériculture a pris mon Petit Poisson, pour les examens de naissance (le score d’Apgar notamment), et pour le peser. La sage-femme avait annoncé un 4 kg. Nous avons ri en disant qu’elle exagérait et qu’il ne devait pas peser plus de 3,8 kg. Erreur. 4,2 kg. Nous l’avons pesé à nouveau… 4,2 kg. Ce n’était pas un petit poisson!

Puis le papa a fait du peau à peau avec son fils. Il l’a pris tout contre lui pour monter dans notre chambre et l’a gardé un moment…

*

J’ai vécu un magnifique accouchement. J’ai donné naissance à notre fils debout, je l’ai accompagné dans sa sortie, je l’ai conservé 2h contre moi… et heureusement car la suite a été très compliquée et difficile…

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10 réflexions au sujet de « Mon accouchement physiologique dans une salle nature »

  1. Ohhhh quelle émotion pour moi de lire ce superbe récit d’un si bel accouchement, j’en ai ai eu des larmes tant j’en ai été touchée !!!!, c’est vraiment beau !!!!

    Pour la suite, je sais, je te suis via twitter…(chris)

    Encore bravooo et félicitations, c’était une belle aventure, un accomplissement d’un beau rêve devenu réalité !, j’admireeeeeeeeeee !!!!

  2. Félicitations !!!!!! Quel beau récit pour un si bel événement ! 🙂 🙂 🙂 ❤

    Super que tu aies bien vécu cette "salle nature" (j'en en tends des échos pas toujours satisfaits…)

  3. très beau récit, et émouvant, je n’ai pas accouché ainsi, je préférais le « classique » j’avoue et par contre accouchements sans aucune douleur, et des sage femmes au top aussi, qu’il est beau ton petit, bisous

  4. tu m’as donné des frissons. je ne sais pas si j’aurai le courage d’accoucher sans péridurale même si j’aimerai. je n’y suis pas encore mais quel bonheur d’accompagner ainsi l’arrivée de son enfant. 😙

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