Etre mère·Etre père·Ma vie de maman

Avoir un papa absent

Cette semaine se termine enfin. Une longue semaine où Bichette a très peu vu son papa. Alors que nous sommes toutes les deux en congés scolaires depuis mercredi midi, le Conquérant est en salon pour son travail. Son réveil sonne à 5h, il ne rentre pas avant 23h30, minuit. Le matin, quand notre fille se lève, elle me demande : « Il est déjà parti au travail, papa? » Et le soir : « Il dort à l’hôtel, papa? » Non, il va rentrer. Quand nous serons couchées. « Il viendra me faire un bisou? » Oui, mon cœur, il te fait toujours un bisou avant d’aller se coucher.

Parfois, lorsque son père est absent toute la semaine, j’ai de longues soirées de pleurs à gérer, des crises de manque… Elle comprend, elle sait que son papa me manque également, qu’on lui manque nous aussi. Mais elle n’a que 3 ans et, bien qu’elle soit habituée à ses absences répétées, elle a parfois très envie qu’il soit là. On m’a dit que ce ne sont que des caprices, mais non, c’est une absence difficile à comprendre pour une petite fille.

J’en ai parlé avec des mamans qui élèvent seules leurs enfants. Pour plusieurs raisons. Parce qu’elles sont divorcées, parce que le père est parti pendant la grossesse… Moi-même, j’ai vécu le divorce de mes parents à l’âge de 4 ans. Nous ne voyions notre père qu’un week-end sur deux. Je ne me souviens pas vraiment, j’imagine que la séparation a dû être difficile, mais, nous avons dû nous habituer au rythme. Avec ces deux mamans seules, nous parlions des crises de Bichette, quand son papa était absent longtemps. Elles ne connaissaient pas ce genre de crise avec leurs enfants. Ma collègue, divorcée, m’a dit que les siens sont habitués au rythme et qu’ils ne lui ont jamais (sauf après la séparation) dit que leur parent leur manquait. Mon autre collègue, dont l’enfant n’a jamais connu son père, m’a dit que ce qu’elle n’a jamais connu ne peut pas lui manquer. Elle n’a jamais eu de papa à la maison, elle ne sait pas ce que c’est. En fait, nous avons conclu que le plus gros souci, pour Bichette, c’est le manque de rythme, le fait de ne pas savoir si son papa sera absent longtemps, ou pas. Et elle est encore petite pour compter les dodos, ça ne fonctionne pas bien…

Quand j’ai rencontré le Conquérant, je savais que son métier le conduisait sur les routes du Nord-Ouest de la France, qu’il était chargé de 13 départements, de Cherbourg à La Roche-sur-Yon, de Brest à Chartres… Au début de notre relation, nous ne nous voyions que le week-end. Je me suis habituée à ses absences et ça m’allait très bien, de ne pas être constamment avec lui.

Quand nous avons décidé d’avoir Bichette, nous savions que ça ne serait pas différent. Mais nous n’avions pas imaginé le quotidien parfois difficile à gérer pour moi. Etre seule certaines semaines, gérer le travail, la maison, Bichette, les papiers, les RDV, l’absence de son papa… Et puis, je me suis habituée. Certaines mamans font ça toute l’année, je peux bien « assurer » quelques jours par semaines. Et puis, le Conquérant est là le week-end, même s’il a parfois du mal à retrouver sa place, dans notre quotidien, à Bichette et à moi. Je le taquine parfois car il ne sait pas où sont rangées les affaires. Je lui demande s’il vit ici. Il y vit à mi-temps. Et lorsqu’il rentre, il doit s’adapter à notre routine. Il ne sait pas forcément les horaires, les rituels, les habitudes que nous avons prises. Ce n’est finalement facile pour personne. Et bientôt, avec l’arrivée du bébé, il nous faudra trouver un autre rythme…

Mais nous avons choisi ce mode de vie. Nous l’acceptons. Je suis le parent référent. Celui que l’assistante maternelle appelait en cas de problème, celui que l’école appellera si besoin. Celui qui gère le quotidien, la famille. D’ailleurs, c’est aussi pour cela que nous avons choisi de donner à Bichette nos deux noms, et le mien en premier. Parce que c’est généralement à moi qu’on fait appel en cas de besoin.

Comme son père est souvent absent la semaine, je m’autorise parfois (c’est rare, mais ça arrive) des weekends pour souffler. Ils passent le week-end ensemble, profitent l’un de l’autre, se retrouvent. Comblent le manque. Et moi, je pense à moi.

*

Je me rends compte à quel point nos choix de vie, quels qu’ils soient, ne sont pas toujours évidents à comprendre ou à vivre pour nos enfants. Ils subissent bien souvent. Et ce n’est pas non plus évidents pour nous, parents. On pense que ça ira, que ça se fera sans problème… Mais je crois que l’important, c’est de faire de notre mieux.

Ma maison n’est pas bien rangée, mon linge n’est pas plié, mon travail n’est pas fait. Mais pendant deux jours, je suis 100% avec Bichette, en attendant que son papa « d’amour que j’aime » soit en week-end.

*

Belle journée à tous.

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16 réflexions au sujet de « Avoir un papa absent »

  1. cc, en effet pour ta puce qui est encore petite c’est pas facile de comprendre le temps sans papa, combien de temps ça dure…. elle est petite. J’ai connu ça, un mari peu là à cause du travail, des semaines d’absence et parfois il revenait que toutes les deux semaines… des déménagements tous les 2 à 4 ans maxi…. mais en fait , nos enfants s’y font, c’est ainsi et mieux vaut ça que des parents ensemble tous les soirs, mais qui se déchirent.

    On est le pilier, la référente de la maison en effet mais souvent, les mamans le sont. Et ce papa rattrape son temps perdu quand il retrouve sa fille. Bisous et PS continue , même après le second bébé à prendre aussi du temps pour toi, tu en as besoin, alors n’hésite pas, bisous

    1. Ca va être plus compliqué de trouver du temps pour moi avec deux enfants… Je pense que je ne reprendrai le travail qu’à mi-temps après mon congé maternité, pour avoir le temps de tout faire!
      Bises.

      1. Sage décision de ne reprendre qu’à mi temps. Lorsque financièrement parlant on arrive à le faire, avec des sacrifices, mais qu’on peut le faire c’est un réel bonheur et tu vas pouvoir profiter de tes deux enfants un peu plus, bises

        1. Ça ne va pas être facile financièrement, mais on va y arriver. On paiera moins de nourrice et on courra moins après le temps.

  2. Pas toujours facile de combiner avec ou sans papa. Parfois certains papas sont là mais sans y être vraiment et n’assument pas nécessairement leur rôle de père.
    Mieux vaut avoir une absence et profiter un maximum lors des retrouvailles.
    Quoiqu’il en soit, on ne nous fournit pas le mode d’emploi et on fait de son mieux.
    L’important c’est que tout le monde trouve sa place et le bonheur qui va avec.

    1. Voilà, c’est ça, on fait de son mieux!
      Pas facile pour le papa de Bichette de trouver sa place quand il est absent longtemps. Cette semaine il est en vacances donc elle en profite. Et moi aussi!
      Bises.

  3. Mon papa partait souvent en déplacement. Maman ferait tout: maison, courses, école, devoirs, etc. Il est vrai que j’ai appris a connaitre mon papa plus tard mais on avait des moments ensemble le weekend 😉
    Il faut expliquer, et que le papa n’oublie pas de l’embrasser le soir. Bichette le ressentira: le toucher, la pression qu’il mettra pour le bisou, son odeur 😉

    1. Oui, je crois qu’elle sent quand il vient l’embrasser. Mais quand elle sait que son papa rentrera dans la nuit, elle se réveille soit en pleine nuit, soit très tôt le matin, pour être sûre qu’il est là… et qui se lève? Maman!
      Le père du Conquérant faisait le même travail que lui, il ne voulait pas reproduire ce qu’il a vécu avec son père et essaie donc d’être avec elle quand il est là.

  4. Je connais plusieurs enfants comme Bichette. Cette année, l’homme part chaque semaine pendant 3 jours, et le soir de son départ, c’est dur pour Cromignon. Parfois il se met en colère, parfois il est inconsolable pendant une heure. C’est tout à fait normal je trouve, et je trouve ça dingue qu’on ait pu te parler de « caprices »!

    1. Ah, mais tu sais bien que les caprices ont bon dos! Genre, à 3 ans, elle est capable de comprendre que son papa est en déplacement pour le travail…
      J’imagine que ça doit être dur pour ton fils. Mais c’est dur aussi pour nous qui sommes là, impuissantes…

  5. Si compter les dodos est encore trop compliqué, peut-être pourrais-tu mettre en place un repère visuel ? Genre un calendrier avec des cases de couleur, et chaque matin on identifie la case du jour présent, la couleur (bleu je vois papa, jaune je ne le vois pas) et à la fin de la journée on barre. Non ?

    1. Je ne peux pas toujours anticiper, parfois il rentre mais plus tard que prévu alors qu’elle est couchée. Et si elle sait qu’il rentre, elle refuse de dormir. C’est pas simple.

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