Cette rentrée 2016 est très particulière pour moi. Pour de nombreuses raisons. Et c’est avec bonheur que je l’ai vécue hier.

D’abord, c’est mon « grand » retour, après un départ précipité en mai, conséquence d’un burn-out qui m’a vraiment mise KO. Je n’ai pas dit au revoir à mes élèves, je suis partie précipitamment. Je suis revenue doucement, après le départ des élèves, pour les réunions pédagogiques de fin d’année, j’ai repris mon travail avec mes collègues avant de partir en vacances. Des congés qui m’ont fait beaucoup de bien, même si, les trois premières semaines de juillet, j’étais encore (un peu) (trop) angoissée. Je dormais mal, je rêvais sans cesse du collège, de la rentrée. Alors que j’en étais tellement loin! Mais fin juillet, ma vie de femme et de maman a pris le dessus de ma vie de prof. Ne pas trop penser au boulot, être accaparée par ma Bichette m’a fait beaucoup de bien (même si j’étais crevée).

Pour repartir du bon pied, cette année, j’ai refusé la responsabilité de Prof Principale. Je ne m’en sentais pas capable, après le burn-out. J’ai besoin de temps pour avancer. Et j’ai besoin de m’occuper de moi avant de m’occuper des autres. J’avais aussi refusé les heures supplémentaires, mais visiblement, on a cru que je ne verrai pas les 2h de plus sur mon emploi du temps… Nous avons été plusieurs à trouver cette « surprise » à la rentrée. Pendant 2h par semaine, je travaillerai donc avec des élèves que je ne connaîtrai pas.

Ensuite, cette rentrée, c’est celle de la réforme. Ce qui change pour moi, c’est moins d’heures de latin : je perds 1/3 du volume horaire de mon poste en lettres classiques. Ça peut paraître une broutille, mais passer de 3h à 2h par semaine avec les 4èmes et 3èmes, c’est une sacrée amputation à la fin de l’année scolaire. Et j’aime mes petits latinistes. Je suis heureuse de retrouver ceux que j’ai laissés en fin de 4ème. Ce sont de grands élèves de 3èmes cette année. J’ai été émue hier lorsqu’ils m’ont dit que je leur avais manqué et qu’ils étaient heureux de me retrouver. J’aime mes classes de latin qui sont tellement diversifiées. Des élèves de diverses origines, de différentes cultures, de différents niveaux. D’excellents élèves et de très mauvais latinistes qui se demandent parfois pourquoi ils sont là mais qui font aussi la richesse de cette classe « recomposée ». Ces élèves, de 3 classes différentes, sont tellement heureux de se retrouver 2h par semaine. Ils sont bruyants et agités mais le cours est bien vivant !

Astérix Obélix fou-rire

La réforme, c’est aussi les EPI. Je travaille avec mon collègue d’histoire que j’adore et ma collègue de musique qui est passionnée. Je passe aussi beaucoup de temps avec mes nouvelles collègues de lettres et d’histoire. Ça permet de travailler en équipe.

Et puis, cette rentrée, c’est aussi la première de ma grande Bichette. Elle avait hâte d’entrer en maternelle. Elle m’en a parlé tout l’été, après sa matinée d’adaptation en juin. Pour ses 3 ans, son papi et sa mamie lui ont offert un joli cartable. Hier matin, elle n’a pas traîné pour se lever. Ni pour s’habiller et se coiffer. Encore moins pour monter dans la voiture. Elle était si fière et heureuse d’entrer dans son école, de dire bonjour à ses maîtresses. Et de retrouver notre petit voisin, son copain.

Pendant le mot de bienvenue de la directrice (parents et enfants réunis dans la cour de l’école), Bichette voulait rester dans mes bras. Elle a essayé de sortir mes seins de ma robe et a hurlé : « Mais maman, ils sont où tes tétés, je les vois pas! » Première honte de parent d’élève…

Dans sa classe, elle s’est sentie à son aise immédiatement, a trouvé les jouets, a repéré son lit pour la sieste, son porte-manteau pour ses affaires… Je l’ai laissée avec un grand sourire. A 16h30, je me suis dépêchée de « virer » mes latinistes pour pouvoir retrouver ma petite écolière, pour pouvoir la récupérer au plus tôt et connaître ses premières impressions. Elle m’a raconté sa journée, son repas (elle a mangé des pâtes et de la viande-à-coté-des-pâtes, du pain), sa sieste à côté d’un grand, les jeux et surtout, « l’école c’est bien, y a de toboggans ! » Sa maîtresse l’a trouvé à l’aise, calme et agréable.

Bichette cartable Tann'sur anniversaire Silent sunday

Enfin, cette année sera particulière parce que je la ferai à mon rythme, un rythme particulier… et surtout, je ne la ferai pas en entier. Mi-janvier, je ferai une pause de quelques semaines pour mettre au monde un deuxième bébé. Des collègues ont déjà remarqué mon petit ventre arrondi et sont venu me poser la question…

Cette rentrée, Bichette devient écolière. L’année prochaine, elle deviendra grande sœur. Alors cette année scolaire, nous allons la vivre sereinement. Sans stress. Parce qu’elle va nous apporter beaucoup.

J’espère que vous avez passé une belle rentrée. Je vous souhaite une très bonne année.