Au bord du précipice

Je suis prof depuis 8 ans et des poussières. J’ai commencé par faire des remplacements, dans le privé sous contrat et hors contrat, et dans le public. J’ai travaillé dans un peu plus d’une quinzaine d’établissements scolaires, de la sixième au BTS. J’ai eu mon concours, fait mon stage en lycée général et technologique, puis j’ai fait des vœux. Comme j’ai enseigné le latin à de nombreuses reprises (car, même en lettres modernes, j’en ai toujours fait), on m’a proposée sur un poste de lettres modernes et classiques. Ravie de retrouver du latin, j’ai accepté le poste où je suis depuis septembre.

On m’a toujours dit que l’année de 4ème était la plus difficile. Qu’il fallait s’accrocher. J’ai 4 classes de ce niveau. 3 en français et 1 regroupement en latin. Je suis aussi prof principale en 4ème. Depuis le début de l’année, je gère des problèmes de moqueries entre les élèves, qui vont parfois jusqu’au harcèlement. Je passe mon temps chez le CPE ou dans les bureaux du chef ou de son adjoint. J’appelle les parents, je les reçois. Je passe énormément de temps au collège. J’ai souvent l’impression de me battre contre des moulins à vent.

Parallèlement, en classe, c’est difficile. Alors que je n’avais jamais eu de problème de relation avec les élèves, même difficiles, ni de problème d’autorité ou de positionnement, je me sens dépassée. Les 4èmes sont beaucoup dans la recherche de limites, c’est un âge charnière, ils sont souvent très différents de ceux qu’ils ont été en 6ème et 5ème. Les petits anges qu’ils ont été deviennent parfois des petits démons. Ils sont insolents, méprisants… Et les hormones ne sont pas innocentes dans ce processus. Ils sont dans la séduction de leurs camarades, dans le rejet de l’autorité, de l’adulte, etc. Je résume beaucoup, c’est très schématisé, stéréotypé, c’est juste pour que vous saisissez l’ambiance.

Je vis ça 90% du temps passé au collège. Et cette lutte de chaque instant, c’est épuisant.

J’aime mon métier. Enfin, je l’aimais. Depuis quelques semaines, je me lève difficilement le matin. Quand je pense à la journée qui m’attend, j’ai le ventre noué, la gorge serrée.

Mes collègues me disent que j’ai changé. Ceux de l’an dernier, avec qui j’ai gardé contact, me disent que j’ai moins de peps, que je semble moins dynamique et enjouée.

L’an dernier, j’entrais dans la salle des profs pleine d’entrain et de joie. Mes collègues disaient que j’étais un rayon de soleil. Cette année, je suis plus effacée. J’entre, je prends mes affaires, regarde dans mon casier, et je file bosser. Je regrette de plus en plus le lycée où je me sentais si bien l’an dernier. Je m’y sentais bien, j’étais à ma place, même si je n’étais que stagiaire. Cette année, je suis titulaire, j’ai enfin mon poste, mais je ne me sens pas à ma place. Une collègue m’a dit que c’était normal, qu’après le lycée il est difficile de s’adapter au collège, qu’il faut plusieurs années, que ça viendra. Mais je ne tiendrai pas plusieurs années comme ça.

Je me sens au bord du précipice. Je me sens tout près d’une catastrophe irrémédiable. Désastre imminent.

Au bord du précipice, Espagne, voyage scolaire

J’ai l’impression d’avoir la tête en partie sous l’eau, avec juste de quoi respirer, mais que l’eau monte… j’ai cette sensation de me noyer doucement.

J’ai hésité à demander ma mutation. Comme j’étais en perte d’heures de lettres classiques, à cause de la réforme, j’aurais été prioritaire. Mais j’ai décidé de rester, de m’accrocher. Je ne suis pas du genre à abandonner. Je me bats jusqu’au bout. Jusqu’à l’épuisement.

Et je crois que je me suis tellement battue que je suis épuisée. Je suis au bord du précipice. Un pas et je sombre. Un tout petit pas et c’est la chute.

Cet après-midi, pour la toute première fois de ma vie, j’ai fait une crise d’angoisse. Je ne pouvais plus respirer. Les larmes coulaient toutes seules sans pouvoir s’arrêter. Puis j’ai pris ma tablette et j’ai tapé. J’ai écrit ce long billet dont je ne sais pas encore ce que je vais faire, si je vais le publier ou l’effacer.

Puis j’ai pris la lettre que m’a écrite cette élève harcelée, que j’essaie d’aider de mon mieux, et qui m’a écrit ces mots pour conclure son long récit de moqueries et de blessures psychologiques : « S’il vous plaît, sortez-moi de là ». Et je me suis remise à pleurer. Parce que ce S.O.S. auquel j’ai répondu, j’ai à mon tour envie de le lancer. J’ai besoin d’aide. Je ne pourrai pas finir cette année scolaire seule.

Puis je suis allée chercher ma fille chez sa nourrice. J’ai tellement l’impression de passer à côté de l’essentiel. Je la laisse chez sa nourrice pour aller faire un travail qui me tue à petit feu…

Alors j’ai appuyé sur ENTER. Et ce billet est publié.

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46 commentaires

  1. Chaudoudoux. Je sais pas comment t’aider mais j’espère que tu trouveras le soutien nécessaire auprès des collègues, de la hiérarchie et de tes proches.

    1. Merci. J’ai trouvé un médecin à mon écoute. Il a diagnostiqué un burn-out et m’a mise au repos jusqu’à la fin du mois.
      J’ai trouvé aussi une collègue qui a compris mon mal-être et qui est là pour moi. Elle m’ai aidée à mettre par écrit tout cela afin que ma hiérarchie en soit informée.
      J’ai aussi une famille.

  2. Ma pauvre, ce que tu dis là, j’ai vu ce que donnait les 4ème au collège, faisant partie des parents délégués, m’occupant de la bibli et donc proche des professeurs, c’est dur le collège pour vous les enseignants et pour les enfants et je pense que c’est de pire en pire, ce métier est usant, de par les mentalités qui ont évolué et pas qu’en bien hélas j’ai un ami qui est prof de maths en LEP il en a encore pour un an et depuis 5,6 ans il en peut plus, tu essaies de tenir mais pense à ta famille et à ta santé, et tant pis pour le collège, retourne en LYCEE, dommage, car ils perdront une super prof, mais pense à toi aussi, je t’embrasse

    1. Ce métier est usant, oui.
      Il est trop tard pour demander ma mutation cette année. Je verrai l’an prochain. En attendant, il faut que le collège trouve des solutions pour que les enseignants comme les élèves s’y sentent bien.

      1. oh tu me dis quel malgré ton arrêt de travail… pas possible d’avoir une autre affectation pour l’an prochain? oh là j’espère qu’au moins tu auras plus des 4ème, c’est aussi dans leur intérêt sinon tu vas pas tenir, bisoussssssssss

  3. Je me suis sentie dans le même état en janvier. J en ai beaucoup parlé autour de moi et tout le monde m a dit de prendre du recul. Pas évident. J essaie de ne plus travailler les 2 jours du week end et je mets plus mes enfants à la garderie. Je fais plus de trucs sympas le week end. Bon courage.
    Jasmina

    1. Merci.
      J’essaie aussi de le faire depuis la rentrée de janvier. Mais ce n’est pas évident, je n’arrive à joindre les parents d’élèves que le soir, nous avons tout un tas de réunions (notamment pour la réforme) le soir… je laisse ma fille de nombreuses heures chez la nourrice… les semaines sont très (trop) chargées.
      Heureusement, le week-end, nous déconnectons. Je crois que cette année, trop d’heures sup et trop de responsabilités d’un coup, trop de réunions et de rendez-vous auront eu raison de moi.

  4. je suis AESH depuis 10 ans et des classes j’en ai vues de la petite section à la 3ème. je comprend ce que tu ressens, ce que tu vis. Prend soin de toi car là tu es au bord de la dépression. Parles en à ton médecin, ton conjoint, des amis, ne laisse pas tout cela t’étouffer (je parle de connaissance car il y a peu de temps j’en ai faite une petite à cause de mon travail aussi, des élèves que je n’arrive pas à aider car ils ne le veulent pas…). Malgré le fait que tu sois une battante, à un moment donné il faut savoir reconnaître que nous ne sommes pas des super woman et qu’on ne peut pas malheureusement aider tout le monde. On fait ce qu’on peut mais il faut également se protéger à un moment donné et prendre du recul et accepter « l’échec », enfin ce que nous considérons comme un échec.

    Je pense que tu devrais demander ta mutation. Si tu te sentais bien dans le lycée (celui de l’année dernière ou un autre) alors fonce ! Et peu importe si ta hiérarchie te fait des remarques du style « vous venez d’avoir votre poste et vous voulez déjà partir ! vous n’imaginez pas votre chance ! » etc… Assume ton choix pour que tu puisses être bien dans ta peau pour toi mais également pour ta fille, ton conjoint et tes amis.

    J’espère que cela t’aidera un peu ce com, je sais que tout ce que je te dis est plus simple à dire qu’à faire, je suis comme toi : têtue, limite pittbull (j’ai du mal à lâcher prise), je culpabilise lorsque j’estime avoir échouer, etc…

    Courage ma belle, appuie toi sur ta famille

    1. Merci Hécate.
      Le médecin a diagnostiqué un burn-out. Il m’a donné un arrêt de travail pour que je me repose et pense à moi.
      Il est trop tard pour demander ma mutation cette année. Je viens d’envoyer un courrier à mon chef d’établissement pour lui expliquer les raisons professionnelles de ce burn-out. Car je ne pourrai pas revenir dans les mêmes conditions. Je suis suivie et dans le cadre de mon traitement, il est nécessaire d’affronter ce qui ne va pas, de les nommer et d’y faire face. Les élèves, leur attitude sont une cause de ce syndrome dépressif. Mais il n’y a pas que ça. Je ne me suis pas sentie soutenue par ma hiérarchie, j’ai été enfoncée par une collègue qui bave sur moi. Je me suis noyée sous le travail au détriment de ma famille, je suis épuisée physiquement et moralement.
      Maintenant, je pense à moi d’abord. On verra pour le travail quand ça ira mieux.

  5. Il faut parfois savoir prendre de la distance… Je gère aussi des cas difficiles d’étudiants en dépression et au bord du suicide alors qu’on pense qu’ils sont privilégiés et « faciles » (puisque ce ne sont plus des ados). Ca fait partie du métier de prof, tout ça, il faut être psy, assistante sociale, maman de substitution parfois. Bon courage, bises !

    1. Merci Koalisa.
      J’ai travaillé avec des BTS et en effet, parfois on est tout ça à la fois, même avec des « grands ».
      Les élèves sont une partie de ce mal-être qui me fait me poser tant de questions sur mon métier.
      Je suis en arrêt de travail pour le moment. J’ai trop tiré sur la corde et je suis vraiment en bord d’un précipice. Il faut que je me reconstruise pour pouvoir à nouveau assumer toutes ces casquettes.
      Bises.

  6. Instit en maternelle, directrice, réseau d’aide des enfants en difficultés, je n’ai jamais connu cela, mais tout a changé !!

    Malaise sociétal, ados en grandes difficultés psychologiques, profs à bout de souffle !!!
    « Je pense », qu’il faut PRESERVER « son équilibre, sa famille, ses enfants » !!!

    L’Education Nationale n’a aucun état d’esprit !!, aucun remerciement envers ceux qui se perdent corps et âme dans un boulot qui demande de tout donner sans contre partie…

    Personne ne prendra vraiment conscience de TOUT ce que tu donnes, est ce que seulement l’institution est en mesure de le voir, est ce que ces élèves là seront sauvés par ta perte ??

    Qui prendra soin de ta puce, si c e n’est toi…
    Elle est prioritaire pour l’Attention, l’Amour, l’Education…

    Pour avoir fait beaucoup de stages de développement personnel, d’AT, de PNL de psychologie, de sophro…Pour avoir pratiqué l’ E.N toute ma carrière, pour vivre dans une société en déliquescence, en tout cas pour moi ; je pense et j’affirme que (je me permets de te tutoyer) tu te DOIS de prendre grand grand soin de toi, laisse le précipice à ceux qui sont suicidaires…

    La vie, ce n’est pas cela !!

    Prends un temps pour toi (repos, congé) , pour vivre calmement avec tes êtres chers, pour prendre soin de toi et prendre ce temps précieux de prendre des décisions pour être en mesure de trouver TA voie, Bouddha parlait de voie du milieu….

    La nature aide, le sourire de ton enfant, des moments privilégiés et ressourçants….

    Personne n’oblige quelqu’un a s’approcher de la falaise et de sauter, donne toi les moyens de te récupérer, tu te le dois, tu le dois à tous ceux qui t’aiment et comptent sur toi

    Tu y arriveras, j’ai confiance, gros bisous du Coeur !!!

    1. Je suis en arrêt de travail. Mon médecin a diagnostiqué un burn-out. Les causes sont multiples et diverses. Mais le résultat est là : si je ne me repose pas, si je ne prends pas soin de moi, je ne guérirai pas.
      Je me suis approchée dangereusement du précipice, il faut que je prenne le temps de m’en éloigner.
      J’aime ce métier, mais cette année tellement de choses se sont passées. J’ai accepté trop d’heures sup, j’ai accepté d’être prof principale, on a de nombreuses réunions pour la réforme notamment, je ne me sens pas soutenue par ma hiérarchie, les élèves ne sont pas sanctionnés pour le harcèlement qu’ils font subir aux autres, du coup ils se sentent libres d’agir en toute impunité. En plus j’ai une collègue qui m’humilie devant mes élèves, qui bave sur moi devant mes collègues… la totale!
      Là je prends du temps pour me remettre et ensuite il faudra un travail collectif avec ma hiérarchie pour que je puisse reprendre sans danger.
      Je t’embrasse, merci pour ton message.

      1. Je découvre d’un bloc toutes tes
        réponses, j’ n’bvais pas connaissance du symbole que représentais la petite cloche, des réponses de partout, c’est Noël avant l’heure !!!!!!!!!!! Et dimanche en route pour Saint Broladre à 8 kms de Dol de Bretagne et le 9 septembre en chemin pour Loguivy sur Mer face à Bréhat !!, l’est belle la Vie en Bretagne !!!, bizzzzz

  7. Je vis la même chose. J’enseigne depuis 7 ans (dans le public) dont 5 dans le même établissement. Je fais de l’anglais, enfin, quand je peux, quand j’y arrive…j’hésite aussi à demander ma mut’ en lycée et pourtant moi je n’en ai jamais fait, mais la lutte pour obtenir le silence, et le respect, l’écoute des uns et des autres, le manque de respect, le mépris pour l’enseignant, les contenus, et les camarades… J’ai de plus en plus de mal à voir le positif et apprécier mon métier. Comme toi j’ai des enfants en bas âge. Et plus ca va plus je me recentre sur eux. Finis les heures à gogo, les week-ends à bosser et ne pas sortir, les vacances sacrifiées. Pour la première fois en 7 ans j’ai profité de mes 2 semaines de vacances d’avril. Ca m’a fait un bien fou!!! Comme toi j’ai envie de démissionner en rentrant le soir et me demande pourquoi je vais au travail le matin. Je n’y vais pas à reculons mais pas loin…Je regrette de ne pas avoir pris mes congés parentaux aussi…Bref je m’épuise. D’ailleurs je m’épuise tellement que des fois j’ai du mal à rester ‘exemplaire’. Enfin tout ça pour dire, ce que tu ressens, tu n’es pas seule, (mal)heureusement? Et pourtant je sais que pour toi comme pour moi c’était une vocation, et que quand on a enfin un poste fixe près de chez soi donc assez pratique pour les enfants, et qu’on a pas des masses de points pour la mut’, le dilemme de muter ou ne pas muter devient cornélien, ou shakespearien 😀 waou j’ai fait de l’humour alors que cette situation est très pesante. Y’a des jours je me dis que je vais finir en dépression ou par démissionner. Il faut essayer de ne pas se rendre malade de tout ça, penser à sa famille, essayer de faire « rideaux » comme me dise les collègues en rentrant chez soi. Ca fait un an que j’y travaille, et ca vient tout doucement, mais c’est loin d’être gagné. Car plus on s’investit, plus la claque dans la figure est grande quand on voit que notre travail n’a pas porté ses fruits auprès de notre public. Mais surtout tu fais bien d’en parler. Hécate te conseille d’en parler à ton médécin. Moi je l’ai fait quand j’étais aphone, je n’ai pas eu d’arrêt pour ma voix ni pour mon mal être…d’ailleurs je ne suis pas sure que l’arrêt soi la solution…si je m’arrête je ne suis pas sure de pouvoir repartir après…BON COURAGE!!!

    1. Merci pour ton commentaire. Tu vis la même chose que moi. Je n’ai pas été aphone mais j’ai eu la grippe. J’ai été arrêtée et j’ai repris des forces. Mais ensuite, j’ai replongé. Là je suis arrêtée pour burn-out. Je n’ai pas réussi à m’arrêter à temps. Je suis allée au bout.
      Pour le moment je ne peux même pas penser à y retourner. Je fais des crises d’angoisse rien que d’y penser! Je ne sais pas si le chemin sera long mais il va falloir que je prenne le temps d’aller mieux. Il faut que je pense à moi (et à ma famille) avant tout.

      1. Bon courage! Et repose toi bien. Je suis dans le même cas, heure sup’, plusieurs casquettes, deux enfants en bas-âges, la réforme et les formations à gogo. On a du mal à voir le bout du tunnel. J’arrive éclatée au boulot et les élèves le voient bien. J’ai pleuré un midi je suis restée bien 5 minutes dans la voiture à me dire « je ne peux pas y aller, je ne veux pas y aller ». Les élèves ont vu mes yeux rouges ils m’ont demandé si j’avais passé une petite nuit à cause des enfants…Beaucoup d’impunité, on a du mal à dialoguer tous avec la vie sco… Presque 2/3 des collègues demandent leur mut’. J’ai lu un article comme quoi les 2/3 des enseignants passaient par un état dépressif au cours de leur carrière. Comme quoi ça ronge vraiment. Moins d’heure sup’ pour moi l’an prochain, ca c’est sûr et certain. Prends-bien soin de toi et de cette coupure vitale!

        1. Ça me fait beaucoup de bien cette pause. Je vais reprendre pour les réunions de fin d’année et pour les formations pour le réforme. Joie.
          J’ai demandé à ne plus faire d’heures sup et à ne plus être PP. J’ai besoin d’y aller doucement.
          Prends soin de toi.

  8. En secourisme, avant d’intervenir, il faut en premier se protéger soi, protéger les autres et ensuite intervenir. Notre métier nous fait trop souvent intervenir…
    Nos élèves sont des enfants mais ne sont pas nos enfants.
    Bises réconfortantes.

    1. J’ai fait la formation sauveteur secouriste au travail. Et j’ai appris cela! Jusque là j’arrivais à me protéger avant d’intervenir. Et je sais bien que les élèves ne sont pas mes enfants. Et heureusement, j’en aurais beaucoup quand même!
      Je crois que j’ai aidé mes élèves victimes de harcèlement(s) et je n’ai pas vu que j’en étais aussi victime de la part d’une collègue. Je n’ai pas vu que je m’épuisais à la tâche.
      Je suis en arrêt pour burn-out. Mon médecin m’a dit que j’étais au bout du rouleau, au bord du gouffre…
      Je vais prendre soin de moi pour pouvoir remonter la pente.
      Je t’embrasse.

  9. Je vais donner un avis tout à fait extérieur au monde de l’enseignement, donc peut- on parler de recul quand il n’y a pas d’expérience ?
    D’abord je comprend que tout ça est très dur. Les collégiens sont difficiles à gérer, plus que les lycéens pour des raisons que tout le monde connait (immaturité, hormones,…). Alors bien sûr difficile de « mettre des barrières », de  » ne pas s’impliquer émotionnelement », et pire, impossible d’ignorer un appel à l’aide.
    Alerter les autorités compétentes sur les cas de harcèlement et passer le relai, c’est la meilleure façon de stopper le stress que tout ça engendre. S’il faut le crier et faire suivre les courriers auprès du médecin scolaire ou d’un procureur, fais-le ! Mais ne te laisse pas bouffer la santé. Devoir de réserve, secret médical, ce sont des détails à côté de ta santé, la santé et de la sécurité des élèves et de ta famille !

    Courage, prends du temps pour toi. Et pour te reposer, pas pour cogiter !

  10. Pour avoir fait un gros craquage cette année, mon conseil : va voir ton médecin et fais toi arrêter. Les deux semaines que j’ai passées loin du collège m’ont permis de me ressourcer et de prendre du recul. Depuis, même si l’année reste difficile, j’arrive à gérer. Prend soin de toi et courage.

  11. Je te comprends très bien aussi….ce métier est épuisant, c’est une lutte permanente. Dans mon collège, tous les jeunes profs songent à le quitter un jour ou l’autre, à trouver une voie de reconversion…ce qui est très symptomatique. Par ailleurs chez nous la direction aime nous mettre dans le nez que si ça ne va pas avec les élèves, c’est de notre faute. Dès lors, difficile de parler. Même le CPE est au bout du rouleau….
    Je rejoins les conseils qui t’ont été donnés: prends soin de toi, éloigne toi d’eux, du collège, quelques jours au moins. Bichette a besoin d’une maman en forme!

  12. il te faudrait pouvoir prendre du temps pour souffler… seule, en famille… sans penser au collège et aux élèves… te vider la tête et le corps de ce trop plein. Si avec le temps cela ne suffisait pas… peut-être te poser la question de continuer dans cette voie ou d’en trouver une autre qui te correspondrait davantage. Pouce! Temps mort! Je sais… facile à dire… je ne sais trop quoi te dire… mais pour supporter ton quotidien, tu dois pouvoir prendre soin de toi d’abord. ❤

  13. Horreur ma belle, je ne suis que pensées. C’est terrible quand les choses ne se passent pas comme on le souhaiterait au boulot. Ce n’est que le boulot, certes, mais ça bouffe tout le reste ! Et je comprends parfaitement ce que tu vis avec ta fille, cette sensation de rater l’essentiel. Tu es loin d’être la seule enseignante dans cette situation et c’est bien là le drame. Courage et n’hésite pas si besoin !

  14. Courage! Ne perd pas espoir. Ici aussi les 4eme sont terribles. Je ne fais pas 1/3 de mon programme et encore je passe mon temps à faire la police. C’est infernal et très usant. Du coup, j’avoue, maintenant je m’implique moins avec eux. Je fais le strict minimum. Je tiens bon jusqu’à la fin de l’année aussi. Pas le choix. Et je prie très fort pour ne pas avoir de 4eme ni de 3eme l’année prochaine… C’est qui le saint patron des enseignants?! ^^

  15. Premier conseil de prof, femme de prof et fille de prof: demain tu t’arrêtes. Ce n’est pas un arrêt de complaisance. Tu ne peux pas continuer. On en parle en MP si tu veux.

  16. Bonsoir,
    je lis souvent votre blog en sous-marin …
    Ma 1ère année de néo-tit (venant d’une année de stage dans un tout petit collège de campagne) j’ai eu droit à 4 classes de 4ème aussi plus 2 classes de 3ème assez gratinées et prof principale. Et pourtant mon collège est très tranquille … mais ce fut une année extrêmement dure …. Beaucoup de test de la part des élèves qui en connaissent plus longs sur le collège que vous …
    Une année difficile qui s’est traduite pour moi par de violentes migraines (dont une m’envoyant à l’hôpital … ) …
    L’année d’après, j’ai changé de niveau, pris des 5ème et des 6ème (l’avantage du petit collège et d’être que 3 profs, cela permet des arrangements), appris à mieux me positionner et à trouver petit à petit mes marques dans ce collège, à faire « mon trou » (Il y a 6 ans maintenant). Depuis j’ai repris des 3ème mais je l’avoue pas de 4ème (d’autres collègues aimant bien ce niveau en revanche).
    Courage, la fin de l’année sera dure certes mais elle est aussi proche … Et l’envie reviendra, avec de nouvelles classes, de nouveaux élèves … (en essayant si possible de ne pas récupérer les mêmes en 3ème …)
    En plus cette année est particulièrement fatigante et stressante avec ces réunions, formations, inquiétudes liées à la réforme …

    Courage et plein de pensées ….

  17. J’ai enfin pu lire l’ensemble de ton article !!! Je ne sais que te dire, je ne sais pas comment t’aider. C’est tellement difficile, tu es si loin. Je t’envoie plein de courage et de bonnes ondes. Dis toi que c’est un mauvais moment, que ça ne pourra qu’aller mieux. Et essaie de voir l’année prochaine pour qu’on te donne autre chose que des 4è.

    Quant à ta puce, ne culpabilise pas. Je suis fille de prof. Ma mère était en lycée professionnel, elle avait donc pas forcément toujours des classes faciles. Et, cerise sur le gâteau, mon père était militaire et quand nous étions petits, elle était souvent seule avec nous. Je pense que ça n’a pas été tous les jours facile pour elle. Je dis bien « je pense » parce que nous ne l’avons pas vraiment ressenti.

    Allez, je t’embrasse ❤ Et prends soin de toi !

  18. Dans une entreprise, quand cela ne va pas, il est possible d’en parler avec son DRH, d’aller voir le médecin de travail, d’envisager la meilleure solution possible et réalisable pour le ou la salarié-e avant le burn-out professionnel. Je ne maîtrise pas tous les rouages de l’éducation nationale mais quand je te lis, je m’inquiète pour toi. Tu as choisis ce métier, tu y as pris plaisir mais tu arrives à un point de saturation qui risque d’être sans retour si personne ne prend les choses en main. Est-ce que tu peux en parler au niveau de l’Académie ? Est-ce que quelqu’un peut entendre ta demande et te proposer d’autres solutions ?
    Ce n’est pas baisser les bras que demander une mutation, un changement de classe ou d’établissement, c’est TE PRÉSERVER.
    Je t’envoie toutes mes pensées de réconfort et mon soutien !

  19. Je te souhaite plein de courage ! J’ai cette année enseigné aussi à des 4° et cela a été l’horreur, une bataille permanente à chaque cour, un mépris total, des moqueries bref je n’en pouvais tout simplement plus. Et j’ai arrêté. Je respire depuis que je sais que je n’ai plus de cours à préparer, plus à aller au collège. Si tu te sens plus à l’aise au lycée, tu devrais demander ta mutation.

  20. Certains professeurs vivent l’enfer, surtout au collège pendant les années où les élèves sont les plus difficiles. En ayant commencé mes études par un cursus de lettres modernes, j’ai beaucoup de copines qui sont aujourd’hui enseignantes et je constate que rares sont celles qui sont heureuses et épanouies dans leur travail. C’est triste parce qu’il faut avoir la vocation pour être prof. Je ne suis pas enseignante (j’ai voulu l’être pendant des année avant de changer radicalement d’avis après avoir donné des cours de soutien … à des collégiens) mais en ayant travaillé auprès des jeunes en tant que conseillère en insertion professionnelle, j’ai constaté tous les jours à quel point ils peuvent être insupportables voire ingérables.

    J’avais souvent l’impression qu’ils testaient mes limites, mettais à rude épreuve ma patience alors que c’étaient des adultes (ils avaient au minimum 18 ans, au maximum 25). Les plus pénibles étaient incontestablement les 18-21 ans ( d’après mon ressenti).

    En tout cas, je te souhaite bon courage, espère que tu trouveras du soutien auprès de tes proches et si ce n’est plus vivable pour toi, pourquoi ne pas envisager une reconversion ? Plus facile à dire qu’à faire mais il faut avant tout penser à préserver sa santé …

  21. Un jour, quelqu’un m’a dit « si tu es mal au point de perdre… ta santé, tes forces, ta vie, ton bébé… prends soin de toi… personne ne te diras jamais merci d’avoir perdu cela. » Hier j »étais à l’Inspection pour un rendez-vous à cause de problème de ce genre et je me suis rendu compte que le discours que l’on me tenait me mettait mal à l’aise… J’ai fini par comprendre qu’il n’y avait pas d’écoute… juste « l’intérêt du service »…
    Mais quand on comprendra que l’intérêt du service passe par le bien être des personnes qui assurent le service, cela ira bien mieux.
    Prends soin de toi. Tu es la personne à partir de laquelle rayonne tout ce que tu apportes à ta famille, tes élèves. Tu es le point d’appui de ta famille, de tes élèves aussi, bien sûr… alors prendre soin de toi et t’aider toi-même est le moyen d’aider les autres… Mais d’abord toi…

  22. Ce métier est le plus usant que je connaisse, il n’y a rien de comparable je crois et on ne peut comprendre les profs que si l’on a fait cette expérience. On ne décroche jamais, on pense sans arrête à son travail: quand tout ça va mal bien sûr mais aussi quand ça va bien parce qu’on essaie toujours d’améliorer ce que l’on va présenter à nos élèves, adapter tel exercice à telle classe, modifier des choix de textes, etc. Et lorsqu’on a une famille c’est difficile: on culpabilise de travailler parce qu’on ne voit pas assez les siens et on culpabilise quand on prend du bon temps en famille parce que c’est du temps de pris sur les corrections ou les préparations. Bref on est tout le temps à côté de sa vie, et ça moi je n’en peux plus. J’ai rempilé cette année par défaut, mais mon Dieu comme j’admire et respecte ceux et celles qui ont la vocation, ou la foi car il en faut!
    Alors vraiment je te souhaite de reprendre le dessus puisque tu es une prof motivée et pleine d’entrain. Repose-toi le plus que tu peux et ne passe pas à côté de l’essentiel car aucun boulot n’en vaut la peine.

  23. J’ai connu et connais ça… j’ai eu un arrêt long cette année; j’ai repris en mars. Les collèges (publics) connaissent aussi la concurrence illégitime du privé, la discipline n’est pas assez cadrée, la hiérarchie dépassée… il ne faut pas hésiter, je pense, à mentionner ces problèmes non gérés par le Registre de Santé et de Sécurité (RSST). De plus, pour ma part, tant que je peux, je refuse d’être professeur principal (pourtant en français également), je fais ce qui me semble essentiel. Pour autant, pour ma part, je ne sais pas si je vais vraiment, un jour, me sentir épanouie…

    1. J’ai demandé à ne plus être PP l’an prochain.
      J’ai écrit une lettre à mon chef d’établissement pour lui expliquer quelques raisons de mon burn-out. Il sait que son adjoint est mou du genou, que la collègue médit sur tout le monde et sa cible, cette année, c’était moi. Il sait que j’ai réclamé des sanctions qui ne sont pas venues. Il comprend. Espérons qu »il agira.
      Quant à la concurrence privé-public, ça me fait sourire. J’ai bossé dans le privé et le public quand j’étais remplaçante. Je n’y ai jamais vu de grande différence. Sans doute parce que je suis dans l’Ouest. Et dans ma ville, il y a deux collèges publics et un privé. On se « partage » les options, il y a une grande mixité dans les 3 établissements, bref, aucune concurrence, plutôt de la complémentarité.
      Je crois que j’étais épanouie en tant que remplaçante, j’aimais ça. J’étais épanouie. Je connaissais les défauts de notre système éducatif, mais je n’avais pas le temps de m’y attarder. Là, je suis en poste et je dois m’adapter à ce système qui broie tant de profs et d’élèves.

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