Ma vie de maman·Personnellement moi-même je pense que je...

Quand le bonheur des autres fait mal

Depuis quelques mois, les annonces de grossesses des copines et des copinautes se succèdent. A chaque fois, je suis sincèrement heureuse pour elles. Mais depuis le tsunami, chaque nouvelle annonce me blesse intimement. Je ressens une douleur profonde au creux de mon ventre. Et je pleure.

A chaque fois que je lis leur bonheur sur facebook, leurs blogs, leurs sms, j’ai mal. Je ne suis pas jalouse. Non, pas du tout. Elles ont bien droit à leur part de bonheur. Je suis juste triste.

Aujourd’hui, même si les raisons sont différentes, je comprends tellement mon amie P. qui avait pleuré lorsque je lui avais annoncé ma grossesse alors qu’elle n’arrivait pas à concevoir cet enfant tant désiré. 

Je n’ai jamais imaginé avoir un enfant unique. Je viens d’une famille nombreuse et cette fraternité, avec ses hauts et ses bas, c’était le bonheur. Pour moi, une famille, c’était au moins deux enfants (pour en avoir davantage, il aurait fallu que je m’y prenne plus tôt). Mais la vie fait que Bichette est fille unique. Pour le moment, et peut-être pour toujours.

Lorsque j’attendais Bichette, je préparais mon concours. Moi qui pensais que ça me prendrait du temps d’être un jour enceinte, j’ai eu la bonne surprise d’un succès immédiat. Puis j’ai eu mon concours. Après mon congé maternité et mon congé parental, j’ai commencé mon stage. Qui s’est prolongé l’année suivante. Il était donc hors de question de faire un deuxième bébé. Ensuite, j’ai eu ma première affectation. Mon premier poste à moi. Avec de heures supplémentaires et la responsabilité d’une classe en tant que prof principale. Il n’était donc pas question de faire un deuxième bébé avant le deuxième semestre.

Nous sommes arrivés au second semestre. Mais au moment où nous allions nous lancer dans cette nouvelle aventure, un tsunami a tout balayé sur son passage. Le projet bébé a été englouti avec le projet maison.

S’il n’est plus question de séparation, il n’est pour autant pas question de relancer les projets engloutis. Ma priorité, notre priorité, aujourd’hui, est de nous battre pour sauver notre couple. De prendre le temps d’aller mieux, individuellement, pour ensemble, nous construire un avenir. Avec peut-être un jour, de nouveaux projets. 

Il va me falloir tourner la page de cette deuxième grossesse espérée, de ce deuxième bébé, que nous allions « mettre en route ». Que j’avais imaginé. Qui était là, tout près… Mais ce n’était pas le moment. La crise a éclaté juste avant. Peut-être à temps. Peut-être pour nous empêcher de faire une bêtise. Sans doute pour nous permettre de ne pas nous enfoncer davantage. Pour nous permettre de nous en sortir avant… Avant qu’il ne soit trop tard. 

Aujourd’hui, il va me falloir tourner la page, mettre de côté ces projets pour pouvoir avancer, pour pouvoir me concentrer sur l’essentiel. Peut-être qu’un jour ce projet renaîtra. Nous n’en sommes pas là. Pour le moment, je dois en prendre conscience, le digérer pour pouvoir avancer. 

Pour le moment, nous sommes trois et nous ne devons penser qu’à nous trois. 

Bichette Kiara Conquérant Ombres Famille Trio

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40 réflexions au sujet de « Quand le bonheur des autres fait mal »

  1. Je te souhaite que tout aille mieux, et qui sait ce que l’avenir vous réserve. .. En tout cas je suis « contente  » de voir que vous voulez vous battre ensemble et non l’un contre l’autre 💜

  2. Je comprend par où tu passes… Cela fait 21 ans que je suis avec mon mari dont 10 ans de mariage 💍 et cela n a pas ete toujours facile. En 2003 il a fait une grosse dépression, en fait elle couvait depuis longtemps mais tapie quelque part. Cette année fut horrible pour notre couple. En un mois on s est déchiré comme jamais je n aurais cru possible ! On a faillit se séparer plusieurs fois sir des coups de tête suite a des disputes pour des broutilles. A cause de cette dépression il ne s investissait plus dans l education de nos enfants (4 ans et 18 mois a ce moment). J avais l impression d avoir 3 enfants dont un capricieux. Plusieurs de mes ami(e)s ont essayé de nous séparer. On souffrait tous et d après eux c était la seule solution possible. Mais je suis du genre têtue et j ai tenue tête à tous. Je leur ai dis que si séparation il devrait y avoir, d abord il se soignait et apres on en discuterait tous les 2 calmement. Cela a était dur, difficile mais cela en a valut le coup. Nous avons eut la chance d avoir des amis en Bretagne qui nous ont prêté leur maison 🏠 pendant 1 mois. Cela nous a permit de nous retrouver tous les 4. Au retour tout n était pas réglé loin de là mais nous étions regonflés a bloc pour affronter la situation.
    Je suis certaine que vous aussi, vous allez sortir de tsunami et je l espère fortement. Cela ne sera pas facile mais cela en vaut la peine si vous vous aimez plus que tout. Battez vous jusqu’ au bout, ne lâchez rien.
    J espere que cela t auras fait un peu de bien mon témoignage. (j en parle plis dans mon blog a travers différents textes, si cela peut t aider, te soutenir).
    Courage ma belle

    1. Merci beaucoup Hécate.
      Ce n’est pas une dépression qui a été la cause de tout cela, mais les conséquences sont similaires. Je me retrouve bien dans ce que tu écris.
      Heureusement qu’il y a eu ce tsunami, ça nous a permis de mettre les choses à plat et de nous recentrer sur l’essentiel. On commence à s’en sortir. Nous sommes motivés et nous avons une petite fille dont l’amour nous pousse, nous force à nous dépasser.
      Encore merci pour ton soutien.

      1. je me suis retrouvée seule pour gérer ce passage, alors je sais que le soutien est très important (même si on ne se « connait » que sur le net). j’espère que tout va continuer de s’arranger

  3. Je ne sais pas quoi te dire, à part que je connais ce sentiment. Lorsqu’on m’a annoncé que je n’aurais jamais d’enfant, mon monde s’est écroulé. Je ne supportais plus de voir aucun gros bidon sans pleurer.
    Et finalement, plusieurs années plus tard, j’en ai deux !
    J’ai envie de te dire que rien n’est perdu, que lorsque vous serez mieux ensemble cela sera peut-être encore possible… 💕💕💕💕💕💕💕

    1. Merci Julie. ❤
      Oui, je crois que rien n'est perdu. Mais il a fallu que je fasse le deuil de ces projets. Nous en ferons d'autre, mais il est encore trop tôt. Pour le moment, nous reconstruisons notre couple et notre famille. Nous vivons le moment présent. On verra plus tard pour, peut-être, agrandir la famille.
      PS : tes enfants sont magnifiques et adorable. Ca valait le coup d'attendre! 😉

  4. Chaque histoire est unique… J’ai traversé à peu près la même chose il y a 2 ans et je souffrais des mêmes regrets que toi. Puis nous avons essayé de récoler les morceaux, pour finalement se retrouver et s’aimer de nouveau, être heureux de nouveau, et même avec des projets d’agrandissement familial! Tout est possible, il faut y croire! Pas à pas, les choses rentrent dans l’ordre, quel qu’il soit d’ailleurs! Je te souhaite plein de courage et d’amour pour traverser cette période de turbulences…

    1. Merci beaucoup pour ce message qui me donne du courage.
      J’y crois. Pour le moment nous recollons les morceaux, nous nous retrouvons et nous y croyons.

  5. Tu connais mon point de vu ma belle. Je te le dis et redis assez régulièrement hein^^
    Plein de bisous à toi et tu sais que je suis là 😉

  6. Bon courage pour vous deux….un couple c’est déjà la maison pour un enfant…Je vous espère bien mieux dans l’avenir.
    Bises @nnie

    1. Merci @nnie. Ca va déjà mieux.
      Nous nous retrouvons tous les trois et nous avançons ensemble. Nous ne faisons pas encore de projets, c’est trop tôt.
      Bises.

  7. Je n’ai pas le même parcours mais je dois à présent faire le deuil d’un éventuel petit dernier, dame nature en a décidé ainsi… Aussi, lorsque ma belle sœur m’a parlé de leur projet de 3ème enfant (nos enfants ont le même âge, nous avons été enceintes en même temps pour nos 2 grossesses), j’ai eu comme une boule dans la gorge. Elle a 10 ans de moins que moi, je suis ravie pour elle mais je ne sais pas comment je vais réagir si je la vois avec un gros bidon. Je me suis donc projetée dans tes mots et même si je ne peux pas comprendre ce que toi tu ressens, je sais que le bonheur des autres peut faire mal…
    Plein de tendres pensées

    1. C’est difficile comme situation. Nous ne vivons pas la même chose, mais je pense que nous comprenons ce que ressent l’autre.
      Le bonheur des autres peut faire mal. Avoir posé mes mots, l’avoir écrit m’a fait du bien. La boule dans la gorge, puis dans le ventre a disparu. Je ne pleure plus à l’annonce de nouvelles grossesses, j’arrive même à me réjouir pour les autres. J’ai avancé.
      Je crois qu’il faut que toi aussi tu digères cela. Parles-en ou écris-le. Mais ne reste pas avec ta frustration et ta boule dans la gorge.
      Je te souhaite d’y parvenir.

    1. Merci Céline. Nous retrouvons notre équilibre. A trois. Et pour le moment, nous sommes heureux comme ça.
      Grosses bises.

  8. C’est un deuil à faire pour le moment. tu as raison, tu as besoin de retrouver une solidité dans ton couple avant d’envisager l’arrivée d’un second enfant … Même si c’est quelque chose de difficile, essaye de voir les bonnes choses dans la vie à 3 … pour patienter … en attendant plus de calme … Le calme revient après une tempête.

    1. Oui, c’est a. Le calme est enfin revenu. Nous profitons de notre vie à trois et nous passons du temps ensemble. Pour le moment un second enfant n’est pas envisageable. Nous reconstruisons notre couple, notre famille. Ce serait trop tôt. On verra plus tard… Chaque chose en son temps!

  9. j’ai connu ce bonheur des autres qui fait si mal… pendant des années… rien ne fonctionnait… et ma soeur, en a eu un… puis deux… et les amis un… puis deux… et nous rien… alors je comprends. ❤

    1. Et aujourd’hui tu as deux beaux enfants. Rien n’est impossible, il ne faut pas baisser les bras…
      Le bonheur des autres ne me fait plus mal aujourd’hui. Nous sommes trois et mon bonheur est là, avec eux.

  10. Je t’avais lue, mais je n’avais pas commenté parce que je ne trouvais pas les mots.
    En réalité je ne les ai toujours pas trouvés…
    Mais si tu veux te rassurer un peu, pense à moi qui restera nullipare à jamais !

    1. Ne jamais dire jamais, rester bienveillant envers soi-même. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.
      Ça va mieux pour moi aujourd’hui. Nous nous en sommes sortis. Je relis ce billet et ça ne me fait plus mal. J’ai tourné la page. Nous n’envisageons pas de deuxième enfant. Nous sommes bien comme ça.

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