Les 10 conseils de tatie Kiara pour un allaitement réussi

Une de mes proches a tout récemment donné naissance à son premier enfant. Comme j’ai allaité ma fille 18 mois, elle m’a demandé quelques conseils sur la mise au sein, les différentes positions pour allaiter, le sein à la demande, les vêtements et sous-vêtements, allaiter un bébé qui a des dents, en reprenant le travail, etc. Je ne sais pas si j’ai été claire alors j’ai décidé d’écrire mes conseils ici. Au cas où…

Source : www.korriganne.com
Source : http://www.korriganne.com

Conseil n° 1 : S’informer pendant la grossesse

Ça semble logique, je suis bien d’accord. Mais encore faut-il bien s’informer. Pendant ma grossesse, ma sage-femme m’a donné un livret édité par l‘INPES. Il est plutôt bien fait, assez complet, facile à lire et plein de conseils et de bonnes adresses. Vous pouvez le télécharger ici :

http://www.inpes.sante.fr/30000/pdf/0910_allaitement/Guide_allaitement_web.pdf

Ensuite, il y a de bons livres à mettre dans toutes les mains et d’excellents sites internet.

Conseil n° 2 : Mettre le bébé au sein dès la naissance

Encore une fois, ça semble logique. C’est le premier contact entre la maman et le bébé, le premier peau à peau, celui qu’on n’oublie jamais.

La sage-femme a posé Bichette sur mon ventre, ma fille a tendu son visage vers moi et a ouvert la bouche. Je l’ai approchée de mon sein, sans pour autant le lui mettre dans la bouche. Elle l’a trouvé et a immédiatement su comment faire puis elle a tété.

De nombreuses femmes font cette « tétée d’accueil », sans pour autant allaiter par la suite. Ce n’est pas encore du lait qui coule mais du colostrum, un liquide orangé riche en lactose et en sucre, mais pauvre en protéines et matières grasses. Le bébé a un minuscule estomac, donc ce qu’il tète lui suffit !

Puis, entre le 2ème et le 3ème jour, les seins s’alourdissent, sont plus tendus et plus chauds. Le colostrum devient plus épais et moins orangé jusqu’à devenir blanc… puis il laisse sa place, à partir du 3ème ou 4ème jour, au lait. La montée de lait, ça fait mal, ce n‘est pas agréable (j’ai béni les cataplasmes à l’argile) mais c’est bon signe car c‘est parti pour l’aventure lactée !

Conseil n° 3 : Être motivée !

Pour réussir son allaitement, il faut vraiment le vouloir. Ça paraît idiot, dit comme ça, mais il faut allaiter parce qu’on en a envie, parce que ça nous semble naturel, parce qu’on n’imagine pas le nourrir autrement. Pas parce que l’autre parent ou l’entourage fait pression, parce que les copines ont allaité, parce qu’on se sent obligé. Sinon, c’est l’échec et la culpabilité assurés !

Et pour rester motivée, il ne faut pas écouter les commentaires que tout un chacun se permet de faire alors qu’on ne leur a rien demandé. D’où mon conseil n° 4 !

Conseil n° 4 : Se faire confiance

Je ne compte plus les réflexions entendues pendant mon allaitement : « Est-ce que ton bébé boit suffisamment ? », « Ton lait est assez riche ? », « Tu vas l’allaiter longtemps ? », « tu as assez de lait ? », « Elle grandit bien ? », « Tu devrais peut-être compléter avec des biberons enrichis ! », « Tu vas allaiter combien de temps ? ».

Premier conseil : se blinder. Ne pas écouter ceux qui se mêlent de tout. Ce sont mes seins, mon bébé, mon allaitement. Si la personne n’est pas un professionnel de l’allaitement, ne pas l’écouter !

Second conseil : ne pas se prendre la tête

Allaiter, c’est facile : pas besoin de mesurer des doses de lait en poudre en pleine nuit, pas besoin d’emmener des biberons et des boites en week-end, on a tout déjà prêt et chaud à portée de main ! Alors pourquoi se prendre la tête ?

Le bébé pompe bien et déglutit ? Bébé tète bien.

Le sein se vide au fur et à mesure de la tétée ? Le deuxième sein coule pendant que l’autre se vide ? Bébé tète bien.

Les couches sont bien lourdes, pleines de pipi ? Bébé tète bien.

Les couches sont bien pleines et pas que de pipi ? Bébé tète bien.

Bébé prend du poids ? Le lait est assez riche. S’il ne grossit pas, c’est peu-être qu’il ne boit pas assez. En tout cas, dans le doute, c’est un professionnel de santé qu’il faut consulter, pas tata Danielle.

Les jeunes mamans se demandent souvent si leur lait convient bien à leur bébé. Une chatte se demande-t-elle si son lait convient à son chaton ? Non. Le lait maternel est naturellement le plus adapté. Sinon, comment les hommes auraient-ils survécu depuis la préhistoire ?

Si vous avez peur de manquer de lait, à cause de la fatigue, à cause de soucis ou de stress, vous pouvez tirer du lait en avance et en mettre de côté au congélateur (bien se renseigner avant pour la conservation).

Allaitement www.papacube

Conseil n° 5 : S’appuyer sur l’autre parent

Et l’autre parent dans tout ça ? C’est vrai quoi, avec l’allaitement il est mis de côté Non ? Non. Généralement, on fait un bébé à deux. Alors, on allaite aussi à deux ! La jeune maman a besoin d’aide et son conjoint est un soutien inestimable.

En allaitant, on n’exclut pas le papa (contrairement à ce qu’on entend souvent : « Moi j’allaite pas, je ne veux pas exclure le papa! »). Le bébé ne passe pas son temps à manger ! Il faut juste que chacun trouve sa place.

Les premiers mois, Bichette dormait dans son lit à barreaux que nous avions collé au nôtre en enlevant un côté, en cododo. C’était très pratique pour allaiter la nuit. Quand elle se réveillait, son papa allait la changer puis il me la donnait pour la tétée et se recouchait. Nous nous endormions souvent l’une contre l’autre et je la recouchais dans son lit quand je me réveillais avant elle.

Pour que chacun trouve sa place dans cette nouvelle famille, nous avons décidé que comme je donnais le sein, il donnerait le bain. C’était leur moment de complicité. Et ça a d’ailleurs peu changé, elle demande souvent que ce soit son papa qui lui donne le bain ou la douche, même si maintenant elle se lave seule.

Conseil n° 6 : S’accrocher ! Et ne pas hésiter à demander de l’aide.

Allaiter, même si c’est naturel, ça ne va pas forcément de soi.

Alors là je vais encore parler de moi…

Allaiter, surtout la première fois, demande un temps d’adaptation. On ne connaît pas encore notre bébé, on ne sait pas ce dont sont capables nos seins. Alors pendant deux ou trois semaines, on doit se découvrir et s’adapter l’un à l’autre. Parfois tout se passe bien et tout à coup, on ne sait pas pourquoi, bébé hurle, s’énerve sur le sein, prend mal le mamelon… C’est là qu’il faut s’accrocher.

Mon conseil : ne pas hésiter à demander de l’aide ! A la sage-femme (je bénis la mienne) et à un médecin (je bénis aussi mon médecin de l’époque). Et ne pas hésiter à aller voir un ostéopathe parce que l’accouchement, c’est traumatisant pour le bébé.

J’avais raconté les débuts très difficiles de notre allaitement. On a bien fait de s’accrocher parce que ça valait vraiment le coup !

Conseil n° 7 : S’accrocher ! Et passer les pics de croissance

Les pics des 3 puis des 6 semaines sont assez pénibles. Bébé devient une sangsue (enfin, une seinsue) : lui qui était si calme s’agite, pleure, s’énerve, réclame tout le temps le sein et tète sans cesse… Pas de panique (Monique), c’est un pic de croissance. Ça dure quelques jours, le temps que notre corps s’adapte à la demande et fabrique plus de lait. Il y aura d’autres pics, mais on apprend à les reconnaître. Et ce n’est pas le moment de compléter avec autre chose : bébé a tout ce qu’il lui faut. Le corps est une merveilleuse machine qui sait s’adapter !

Par contre, avec ces pics, on peut avoir rapidement mal aux seins. J’avais investi dans des bouts de sein en silicone. Ca m’a beaucoup aidé ! Il faut aussi penser aux crèmes spéciales et aux pouvoirs du lait maternel : on étale la dernière petite goutte sur le mamelon et on laisse sécher quelques minutes à l’air libre (pour moi c’était facile, c’était en plein été). Et on change de sein à chaque tétée.

Conseil n° 8 : Trouver LA bonne position

A la maternité, les sages femmes passent régulièrement pour rappeler aux jeunes mamans que le bébé doit prendre le plus possible le mamelon et l’aréole dans sa bouche.

Bien positionner le bébé, c’est éviter de futures douleurs (bon, ça peut aussi être lié à un traumatisme de la naissance) des seins. Mais il faut aussi bien se positionner. Assise ou allongée, la maman doit se sentir à l’aise. Peu importe la position (en ballon de rugby, en madone, en louve, à l’Australienne, etc.), le corps du bébé doit toujours être tourné contre celui de sa maman, son ventre collé au sien (sauf dans certaines positions). C’est agréable pour tout le monde. La position préférée de Bichette était allongée contre moi, ventre contre ventre, sur le côté.

Quand on commence à avoir des crevasses, c’est qu’il est temps de changer de position. Ou de consulter un ostéo.

Pour allaiter confortablement, chacune son accessoire préféré : le coussin d’allaitement ou le traversin, le marchepied, le rocking-chair…

Conseil n° 9 : S’adapter au rythme de bébé

C’est souvent le plus difficile. On pense que bébé s’adaptera et suivra notre rythme. Erreur. Ça ne se passe pas comme ça.

Pour que l’allaitement se passe bien, il faut donner le sein jour et nuit et à la demande (de bébé). Chaque bébé est différent donc si la copine Trucmuche et la tatie Roberte vous ont dit que leur bébé tétait comme ci ou comme ça, ne les écoutez pas. C’est votre bébé qu’il faut écouter.

Quand on allaite, c’est plus facile d’avoir le bébé dans sa chambre, pas loin de soi. On est plus dispo et à l’écoute (même quand on dort).

On apprend rapidement à reconnaître les signes de faim chez son enfant. Faites-lui confiance, il saura vous le dire. Ma fille tétait mon tee-shirt ou se suçait la langue bruyamment. Elle tournait la tête et reniflait, se suçait le poing…

Allaiter à la demande, c’est donner quand le bébé veut et aussi longtemps qu’il veut. Pendant la tétée, le lait change de composition (si vous le tirez, vous verrez qu’il est clair et léger au début et de plus en plus gras et épais à la fin) donc il faut laisser à bébé le temps de vider de sein. Ma fille était une gloutonne, ça allait donc assez vite.

Quand bébé est rassasié, il s’endort ou rote bruyamment. Ou les deux en même temps…

Parfois il ne mangera pas avant quatre bonnes heures. Parfois deux heures après il a de nouveau faim… Parfois on donne six tétées dans la journée et parfois douze. Allez comprendre…

Et il y a les fameux pics de croissance…

Le corps de la maman s’adapte à celui de son bébé, la nature est fantastique.

Conseil n°10 : allaitez aussi longtemps que vous le souhaitez.

Mon dixième et dernier conseil est double : ne cessez pas d’allaiter si vous êtes malade et ne cessez pas d’allaiter parce que vous reprenez le travail.

Quand on est malade, on produit des anticorps. Ils empêchent bébé de choper votre crève ou ils permettent de le guérir plus rapidement. C’est ainsi que j’ai eu la gastro avec une grosse vorace qui n’a jamais été malade (mais qui a pompé tout mon reste d’énergie).

Travailler et allaiter, c’est possible. Pas toujours facile, mais possible. Il faut être bien organisé : tirer son lait, allaiter bébé dès qu’on est avec lui (le matin, le soir). Bébé s’adapte et les seins aussi (au début il faut penser à mettre des protections si n ne veut pas avoir le pull plein de lait).

J’ai un peu triché à la reprise du travail. Bichette avait 9 mois et je suis passée à un allaitement mixte. Ce que je tirais n’était pas suffisant et je ne pouvais pas tirer au travail. Nous avons donc conservé uniquement la tétée du matin et celle du soir. Chez l’assistante maternelle elle avait un biberon de lait maternel et un de lait artificiel.

Bichette tétée allaitement long

N’écoutez pas ceux qui vous disent d’arrêter, que vous avez assez allaité, que votre enfant a davantage besoin de lait de vache que de votre lait, que c’est dégoûtant ce que vous faites, etc.

Si vous souhaitez un sevrage naturel, décidé d’un commun accord par vous et l’enfant, tenez bon. Je regrette d’avoir écouté ceux qui ont voulu couper ce lien lacté. Je regrette d’avoir peut-être (sûrement) incité ma fille à se sevrer.

*

J’espère vous avoir aidé-e-s à bien démarrer votre allaitement. Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

Bon allaitement !

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9 commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai allaité mes trois enfants et n’ai ressenti aucune douleur pour le montée de lait des 3e-4e jours.
    Bon courage à celles qui se « lancent » dans cette magnifique aventure.

    Cordialement.

    1. Merci Ysaline.
      Les femmes ne sont vraiment pas égales! J’avais la peau qui tirait énormément et la poitrine tellement lourde que ça pesait… je sentais toutes les cellules de ma poitrine! Et en discutant avec des amies, elles aussi ont eu mal.
      Mais ça passe rapidement! Ouf! Et c’est une belle aventure!

  2. j’ai allaité mes 2 enfants, le 1er pendant 3 mois et la 2ème pendant 16 mois et si cela était à refaire je le referait mais plus longtemps pour le 1er

    1. Oui, si c’était à refaire, je referai pareil. Mais je ne me laisserais pas influencer et je continuerais plus longtemps!

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