Mon BABI a grandi : vivre avec un EABI

Bichette a deux ans (enfin, un peu plus maintenant, 26 mois pour être exacte, mais ce billet est dans mes brouillons depuis un moment : avoir un EABI, c’est très prenant!). Mon BABI a bien grandi, mon bébé est devenu une petite fille. Mais ses besoins sont toujours intenses!

Mon billet sur mon BABI et mes conseils sont parmi les articles les plus lus de ce blog. Je me rends compte que de nombreux parents sont démunis face à leur bébé si particulier et qu’ils ne trouvent pas les réponses aux questions qu’ils se posent. Moi-même, je n’ai pas trouvé les réponses à toutes mes questions sur mon bébé, notamment concernant leur évolution. Dans les commentaires de mes billets, on me demande d’ailleurs souvent comment grandissent ces BABI, ce qui change, ce qui est plus facile ou plus difficile en grandissant. Alors je propose de faire un petit « bilan » pour son deuxième anniversaire.

*

Bichette est une enfant hypersensible. Elle dort toujours aussi peu, le coucher est un moment d’angoisse pour elle. Elle refuse de se laisser aller au sommeil, résiste au maximum, réclame notre présence, des câlins, qu’on lui tienne la main. Elle a toujours autant besoin de contact physique. C’est un moment difficile pour nous car il faut avoir les nerfs solides. C’est une lutte quotidienne. Parfois on craque, on passe le relais à l’autre, on se soutient.

Lorsque nous la mettons au lit, elle demande qu’on la berce, mais lorsqu’on essaie de la serrer dans nos bras, elle se raidit. Cela n’a pas changé!

Bichette est anxieuse face aux changements. Lorsque nous partons en weekend, en vacances, lorsque quelque chose d’inhabituel se passe, il est très dur pour elle de s’adapter.

Elle réagit à tout de façon intense. Lorsqu’elle rit, pleure, proteste, tout est « à fond ». Elle vit tout intensément, même ses rêves. Et cauchemars. Si bien qu’elle hurle dans son sommeil et parfois se réveille la nuit. Elle a du mal à se calmer seule et a besoin de nous sentir près d’elle pour se rassurer.

Notre fille est imprévisible. Lorsqu’elle a décidé d’arrêter de téter, à 18 mois, ça a été brutal. Comme lorsqu’elle a décidé de se sépare de sa tétine, à 23 mois. Du jour au lendemain. Elle a jeté la première et a accepté que nous jetions la seconde.

Bichette a toujours beaucoup de mal à accepter la frustration et avec la période de l’affirmation de soi, vers 2 ans, ce n’est pas facile à gérer tous les jours. Les colères sont violentes, nous devons faire face à des cris, des pleurs, des hurlements…

Colère Bichette

Elle est très indépendante, mais elle a aussi besoin de nous savoir derrière elle. Depuis qu’elle marche, elle est capable de se déplacer et cela nous a bien soulagés. Depuis qu’elle parle, elle arrive à nous faire comprendre plus facilement ce qu’elle souhaite. Mais si nous ne comprenons pas, elle s’énerve rapidement. Elle a mangé seule tôt. Parce qu’elle veut se débrouiller. Mais si elle a une difficulté, elle exige que nous lui venions en aide dans la seconde… Elle est impatiente et s’énerve vite.

*

Notre fille est un enfant aux besoins intenses. Elle est toujours aussi exigeante et épuisante. Mais nous avons appris à « faire avec » et elle grandit. Elle rencontre de plus en plus de sources de frustration et, même si c’est difficile pour elle, elle apprend à la gérer.

Bichette est une enfant qui passe du fou-rire aux larmes, qui vit tout à  fond, qui nous serre très fort pour nous faire comprendre qu’elle nous aime, mais qui peut aussi montrer son mécontentement de manière violente. Parfois, on a l’impression d’avoir une grande fille, pas une petite de deux ans. D’autres fois, on a un tout petit bébé à câliner.

Avoir un EABI, ce n’est pas de tout repos. Ce n’est pas toujours simple, c’est fatigant. « Elle est épuisante! Je ne sais pas comment vous faites! » nous dit-on régulièrement. A vrai dire, on n’a pas le choix, on fait. Elle est ainsi, on ne la changera pas. Nous l’avons accepté. Et nous avons aussi appris à savourer les moments de calme et de repos, à nous coucher plus tôt, à nous retrouver à deux ; nous apprenons aussi à déléguer, à la laisser, à la confier. Ce que nous ne faisions pas aisément, parce que, si nous avons l’habitude de notre petite tornade, il n’est pas facile de la confier à des « non initiés »! Notre sens de l’humour et notre amour nous aident aussi lorsque c’est difficile. Et le sourire de notre fille, ses petits « e t’aime » nous remontent le moral et nous aident à avancer.

*

Trouver des informations sur les BABI n’est pas chose facile. Sur les EABI, encore moins. Je ne sais pas comment Bichette va grandir, comment sera son enfance et je n’ose imaginer son adolescence. Si vous avez des conseils à nous donner, si votre EABI a grandi et que vous voulez partager votre expérience, n’hésitez pas!

Bichette EABI

Publicités

23 commentaires

  1. Bonjour,

    Avez-vous essayé de consulter un(e) ostéopathe ? Peut-être que cette personne pourrait apaiser les tensions qu’elle semble porter en elle ? L’apaiser ? Dénouer les tensions nerveuses qui semblent l’habiter ?

    Bon courage !

    Cordialement.

  2. c’est exactement ce que j’ai dit à Kiara, ysaline a sans doute vu clair, il est souvent plus facile à ces gens là de régler quelques soucis intérieurs, comme ceux qu’elle avait en naissant, car les chutes qu’elle a pu avoir comme tout enfant a dans sa petite vie.
    Je pense et suis sure qu’elle ira mieux après cette visite.
    gros bisous à vous

  3. je n’ai pas de conseil… je découvre EABI… je ne connaissais pas ce sigle. je peux juste envoyer du courage, dire que je comprends. Mais c’est facile et je ne suis pas sure que ça te soit d’une grande aide.

  4. Bonjour ! En vous lisant, j’ai fait un bond en arrière de quelques années (quelques mois ?) avec notre Fiston. BABI puis EABI il commence enfin à savoir « gérer » ses émotions/frustrations. Il aura 7 ans en début d’année … Son entrée en maternelle, à 3 ans 3/4, lui a été d’une grande aide. Il a bénéficié de la bienveillance et de l’attention d’une enseignante exceptionnelle. En ont découlé des endormissements plus rapides et plus simples vers 4 ans 1/2 (il lui arrive encore, disons 3 nuits/7 de faire des cauchemars terribles). Puis les colères se sont faites moins présentes, moins violentes. Les crises de larmes/chagrins se sont espacées. Il demeure toujours un petit garçon ultra-sensible, qui peut passer d’un calme olympien à un accès de colère atroce, quand il n’arrive pas à gérer sa frustration (et ça, c’est encore plusieurs fois par jour hélas). J’ai remarqué que plus j’anticipe son besoin intense de contact physique, d’attention, moins les épisodes de crises sont présents. Mais ce n’est pas toujours évident, entre ma nombreuse marmaille et des horaires de travail bien prenants … En bref, c’est au jour le jour, et on profite à fond de l’amour qu’il nous donne à outrance ! (Mais comme je dis à Monsieur Mon Mari, Fiston aurait été notre premier, jamais nous n’en aurions eu 5 !) Bon courage et douces pensées (et pardon pour le pavé ^^)

  5. Canaillou va beaucoup mieux depuis que ses intolérances alimentaires ont été identifiées. Quand il fait un écart, on s’en rend compte à son humeur ! Mais on me demande toujours régulièrement s’il est hyperactif… 😉

    1. J’étais comme ma fille, hypersensible, peu besoin de sommeil. On m’a souvent dit que j’étais hyperactive (du genre à avoir du mal à me poser, à bouger sans cesse, à ne pas tenir en place). Ma fille me ressemble beaucoup!
      Bébé, elle ne mangeait aucun produit laitier. On en a introduit cette année. Mais elle n’a pas changé. Je ne sais pas si elle a des intolérances. Ou une seule, au sommeil 😉

    1. Je ne sais pas si elle est « difficile ». Elle a énormément d’énergie et demande beaucoup d’attention. Elle est épuisante!
      Oui, espérons qu’avec le temps ça passe un peu!

    1. lol!
      Han mais c’est pas con…
      Nini était un peu un CABI, un Chat Aux Besoins Intenses, en fait. Il nous épuisait! Tout le temps à réclamer des câlins, à miauler, à pleurer…

  6. je conseillerais d’aller voir un bon homéopathe, ça me semble typiquement le genre de choses qui peuvent être traitées ainsi

    1. Nous avons vu des homéopathe, naturopathes, ostéopathes.
      Un BABI ne se « traite » pas, il est juste comme ça, très actif.

      1. moi je suis SANS TRAITEMENT insomniaque, entre beaucoup d’autre choses, sans homéopathie, et ne le suis plus avec, donc oui, l’homéopathie « traite » les aspects de moi-même dont je me passe volontiers… sans que ça change ce que je suis profondément … donc le mot « traiter » ne me gêne pas; mais c’est surtout que, en tant que mères qui courront partout, je pensais qu’on pouvait se comprendre aussi sur le fait qu’on court après le temps … donc certes, je n’ai pas eu le temps de choisir LE mot qui t’aurais mieux convenu, mais j’ai quand-même pris 2 minutes pour te lire, réfléchir, et poster un message qui je l’espérais t’apporterait de l’aide … j’espère que tu vois ça AUSSI et pas SEULEMENT le mot que tu n’as pas aimé dans message … :/

        1. Je suis désolée pour ma réponse qui a pu être sèche, mais j’ai tellement entendu depuis 2 ans et demi que ma fille a un problème, que c’est de ma faute, etc., que je suis encore un peu à vif sur certains sujets.
          En fait ce n’est pas tellement un BABI qui se traite mais les aspects pénibles, si je comprends mieux.
          On a vu un homéopathe, un naturopathe et plusieurs ostéopathes. En ce moment elle prend un mélange de plantes pour se relaxer le soir. On a essayé aussi la sophrologie. Mais c’est pas gagné. Surtout le soir pour la coucher. Sauf si on la fait se dépenser énormément.
          Et oui, c’est difficile de trouver du temps dans nos journées trop courtes.
          Merci et encore désolée du ton employé…

          1. aucun souci, je comprends tout-à-fait. En fait, je suis convaincue par l’homéopathie parce que depuis très jeune, j’ai toujours eu des symptômes qui ressemblaient à telle ou telle maladie, mais en fait, non (du genre : j’ai l’air d’être allergique, mais les tests ne donnent rien; etc.); bref, je suis hypersensibles à tous les niveaux, mais sans jamais avoir la grosse maladie à laquelle ça pourrait faire penser. Donc impossible et inapproprié de vouloir un traitement médical fort. Mais un jour, j’ai été amenée à découvrir l’homéopathie et ce qu’elle (en fait, je ne vois pas quel autre verbe utiliser à part « traiter »; prendre en charge?? s’intéresse??) prend en charge des choses subtiles, qui ne sont pas des maladies mais qui pour autant, lorsqu’on les voit écrites, correspondent bien à des choses que l’on vit et qui, sans être des maladies, sont pourtant gênantes. Et de voir qu’en fonction de tels et tels aspects de notre personnalité et divers ressentis, un BON homéopathe va arriver à déterminer le bon « traitement », c’est top. J’ai rencontré 2 homéopathes avant d’en trouver un bon (il m’avait été recommandé). Après, tout cela est très personnel à chacun, moi c’est l’homéopathie, toi (ta fille) ce sera peut-être autre chose. Ou peut-être rien, juste sa personnalité à elle, qui est hypersensible et hyper réactive? Bon courage en tout cas.

          2. Le naturopathe me conseille beaucoup d’homéopathie, d’huiles essentielles et de plantes.
            Visiblement le sirop aux plantes l’aide à se relaxer le soir. Mais je crois en effet que c’est sa personnalité, qu’elle est hyper sensible et très active, très réactive.
            Hier, en fin de journée, je discutais avec la voisine et elle a halluciné : ma fille a couru partout, a essayé d’ouvrir le portail, le portillon, a escaladé le muret. « Elle est très énergique, ça doit être épuisant! » m’a-t-elle dit. Oui, c’est ça, c’est toujours tout à 100% avec ma fille. Énergie débordante, à fleur de peau, émotive, etc. Elle ressent tout très fort. Elle est très attachante d’ailleurs.
            Un BABI puis un EABI, c’est épuisant c’est vrai. J’aimerais bien avoir son énergie parce que moi, le soir, je suis épuisée!

  7. Bonjour, cela me rassure de vous lire! Je ne suis ni folle, ni seule! Je viens de découvrir les BABI et les EABI et mon fils vient d’avoir 6 ans…..on en a bien bavé et c’est encore très tendu plusieurs fois par jour. On a tout essayé homéopathie, ostéopathe, magnétiseurs, pédopsychiatres, et j’en oublie sûrement! Rien n’a changé. En ce moment, on opte pour des séances de psychomotricité (et ce n’est pas que pour les personnes handicapées, loin de là!!) et du magnésium. Sur le long terme, je dirais que cela semble avoir un petit impact. Mais ce n’est pas magique! Je dis souvent que cela ressemble à une incontinence émotionnelle! Bref, c’est sport. Il a besoin de divertissement et/ou d’attention en permanence. L’entrée dans une nouvelle classe lui apporte une forme de nourriture dont il a besoin sans pour autant que cela ne le rassasie longtemps. Ce qui est dur c’est d’entendre les « oh, mais les enfants sont tous comme ça », « c’est toi qui es stressée », « les bébés ça pleure », « il sait à qui il a à faire », etc…etc…..alors qu’en tant que maman, on sent bien que son bébé a un fonctionnement atypique. Personne ne veut l’entendre ou ne vous accorde de crédit. C’est dur. Nous avons eu une fille après, le club med comparé à mon ainé! Et encore une fille après, et re-belote! Le même modèle que le premier avec moins de pleurs. À plus d’un an, elle ne veut que le sein. Elle goûte tout, mais ne mange rien! Si quelqu’un a une solution, je suis preneuse!
    Moi aussi, je m’excuse pour le pavé, mais ça soulage.
    Bon courage à toutes et à tous ( n’oublions pas les papas!)

  8. Ah lala, ces EABI nous en font voir de toutes les couleurs! Un jour tout va bien, et le lendemain, rien ne va plus! Ah non, c’est même pire que ça! Cela se compte à la seconde!! lol
    La vie avec un BABI et EABI n’est vraiment pas simple. Ma fille a maintenant 6 ans, et nous avons toujours des crises de larmes quand elle n’a pas ce qu’elle veut (câlin à la seconde même qu’elle l’exige, ….) et l’exigence est son maître mot. Beaucoup nous ont reprochés le fait que je l’avais toujours dans les bras bébé, mais personne ne s’est demandé pourquoi je l’avais souvent (toujours) dans les bras. Encore aujourd’hui, ce n’est pas facile de la satisfaire, mais je sais que nous faisons tout notre possible pour elle.
    Une chose qui l’aide beaucoup ici, ce sont les activités extra-scolaires. En PS, elle faisait de la babygym et du patinage. En MS, elle faisait toujours la babygym et patinage, mais elle faisait en plus de la danse avec le conservatoire et du basket. Cette année, elle a juste arrêté le basket, parce que ça ne lui plaisait pas plus que ça. En septembre, on arrête la babygym, pour sans doute la mettre à la natation en plus, mais c’est pas certain. L’entrée au CP va être un chamboulement et pour ma fille qui n’aime pas le changement, ça risque d’être problématique…..
    En tous les cas, vous n’êtes pas seule, j’ai aussi vécu la même chose avec ma fille 😉 et je suis toujours aussi épuisée, et je vais bien malgré tout lol

N'hésitez pas à donner votre avis :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s