Rencontre avec David S. Khara

Dimanche, la balade dans le patrimoine littéraire rennais d’Anne-Isabelle Gendrot s’est achevée devant le lycée Emile Zola où trois célèbres auteurs ont été élèves. Si notre guide a pris le temps de nous parler des bêtises de Chateaubriand et de la naissance du personnage d’Ubu, de Jarry, elle ne s’est cependant pas attardée sur le dernier auteur car celui-ci nous attendait pour bavarder autour d’un verre.

Rencontre avec David S. Khara

Notre petit groupe est arrivé avec quelques minutes de retard et David S. Khara, bien plus ponctuel, nous attendait déjà près des tables mises à notre disposition. Nous avons tous pris place et l’auteur nous a mis à l’aise en commençant par se présenter. En quelques minutes, il a retracé son parcours : ce sportif a d’abord été escrimeur en équipe de France avant de se lancer dans des études de droit et dans une carrière de clerc de notaire. Puis il abandonne le notariat et devient journaliste à l’AFP. A 23 ans, il entre dans la publicité et crée une agence de communication dans laquelle il travaille pendant 16 ans, avant de la revendre en 2009 pour se consacrer à son nouveau métier, écrivain avant de devenir… Ah, on ne le sait pas encore, mais comme il a bougeotte et qu’il est encore jeune, on peut imaginer que ce n’est pas sa dernière carrière…

Son premier roman, les Vestiges de l’aube, n’était pas destiné à la publication.  David S. Khara l’a fait lire pour avoir un avis, mais l’auteur Thomas Geha l’a envoyé à un éditeur et le roman a été vendu à 3000 exemplaires. C’était le début de la carrière littéraire de son auteur, qui n’était pas « voulue ». Pour David S. Khara, c’est une « forme de rédemption après 20 ans dans entrepreneuriat brut ». Cela lui a permis de faire de nombreuses rencontres et aussi de faire publier de jeunes auteurs.

Le Projet Bleiberg, paru en septembre 2010 aux Éditions Critic, a connu très rapidement le succès grâce au célèbre libraire Gérard Collard qui a dévoré ce roman et en a fait une critique plus qu’élogieuse au Magazine de la santé. Ce premier opus de la trilogie s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires, a été traduit dans de nombreux pays et doit être adapté au cinéma (projet suspendu pour le moment) et en bande dessinée (par le talentueux Serge Letendre). 

Suite à ce succès, une ré-écriture des Vestiges de l’Aube est parue en 2011. Puis l’auteur a écrit la suite du Projet Bleiberg : le Projet Shiro, lui-même suivi du Projet Morgenstern

Enfin, le dernier roman de David S. Khara, Quand la menace gronde, qui est aussi le premier d’une série jeunesse intitulée Thunder, vient tout juste de paraître (je vous en parle bientôt, j’ai adoré).

L’auteur à succès a aussi fait partie de deux collectifs. Le premier, Calibre 35, réunissait dix auteurs. Un recueil de dix nouvelles intitulé Rennes, ici Rennes a été publié. Cela lui a permis de lancer des rencontres dans les collèges et lycées et d’amener les jeunes à la lecture. David S. Khara fait aussi partie de la ligue de l’imaginaire qui réunit treize auteurs de polars, thrillers, science-fiction, fantasy… dont Maxime Chattam, Franck Thilliez, Éric Giacometti, Bernard Werber pour ne citer qu’eux. 

Après cette présentation plus intéressante, plus précise et personnelle qu’une page Wikipédia, l’auteur a lancé un tour de table avec cette question : « quel lecteur êtes-vous? »

Rencontre D. S. Khara 1

Chacun à notre tour, nous avons parlé des genres qui nous plaisent, des livres que nous avons lus, aimés, ceux qui nous accompagnent, ceux que l’on conseille. Certains promeneurs du dimanche ont avoué ne jamais avoir entendu parlé de notre invité ou de ses romans, ce qui n’a pas paru le gêner (alors qu’il voyage énormément actuellement pour faire la promotion de son dernier bébé).

J'ai pris des notes pour pouvoir vous raconter ensuite...
J’ai pris des notes pour pouvoir vous raconter ensuite…

Quand je l’ai comparé à ma déesse suédoise de la littérature (comment ça j’en fais trop?) Camilla Läckberg (à cause des récits de deux époques qui s’entrecroisent), il a été très flatté.

Nous avons terminé le tour de table par son instigateur qui nous a révélé ne pas lire de polars (à part les romans de Dennis Lehane dont il est fan depuis longtemps) mais plutôt des classiques, comme Hamlet de Shakespeare (son livre de chevet) ou comme les Trois Mousquetaires de Dumas. Il aime aussi Jane Austen et Colette (un lecteur qui a du goût!).

David S. Khara nous a dit qu’on ne trouverait « pas de serial killers, pas de gens débités en rondelles, pas de gore » dans ses romans. Ce qu’il veut, c’est que « cela [ses romans] véhicule quelque chose de positif » car « il ne faut jamais glorifier l’abominable ». L’auteur nous a parlé de son travail d’écrivain. Quand certains passages de ses récits sont plus sanglants, il utilise « beaucoup de second degré, surtout aux moments les plus tendus ». Il a pensé sa trilogie des « Projets » pour « faire un cours d’histoire sans que personne ne s’en rende compte », pour « vulgariser ». David S. Khara a passé des années à se documenter (quatre ans pour être précise), il a lu des témoignages de résistants, des livres sur la seconde guerre mondiale, a eu accès à des documents grâce au succès de son premier opus.

L’auteur est d’abord un lecteur. Jeune, il lisait tout le temps, « tout et n’importe quoi », mais peu de romans jeunesse. Il a commencé à écrire à la fac dans une rubrique culturelle, dans l’esprit des chroniques de Nulle part ailleurs (Antoine de Caunes et Albert Algoud). Il travaillait par mimétisme et d’ailleurs, cela l’a aidé dans sa carrière de publicitaire. Par contre, quand il écrit, il ne lit pas, pour éviter de s’imprégner du style de l’auteur qu’il lit. Quand il écrit un roman, il oublie les contraintes. David S. Khara est un conteur : « On raconte une histoire pour quelqu’un, et pas pour soi ». Il a d’ailleurs écrit son premier roman, les Vestiges de l’aube comme un feuilleton, pour un ami qui était enfermé après la perte de sa femme et de sa fille. Il écrivait chapitre par chapitre, pour lui donner envie de lire la suite.

Quand il écrit, David S. Khara ne fait pas de plan. Lorsqu’il commence un roman, il sait, « en écrivant la première ligne, la phrase du dernier bouquin ». Il crée « des personnages, des points de rencontre et ensuite, les personnages vivent leur vie. » Mais il ne faut pas croire que c’est facile, cela demande « un travail phénoménal ». Pendant l’écriture de sa trilogie, il s’est enfermé quasiment complètement pour garder une concentration absolue : « il faut une discipline de fer ». Après le travail de recherches (3 années pour la trilogie des « Projets ») et celui de l’écriture (1 année en tout) vient celui de la correction (au début il mettait autant de temps à corriger qu’à écrire, maintenant il est beaucoup plus rapide). « Ecrire, c’est un métier », conclut-il.

Après ce long échange passionnant sur son métier, nous lui avons parlé de notre ressenti de lecteur et nous avons pu donner notre (humble) avis qu’il a écouté avec intérêt.

Rencontre D. S. Khara 3

Après cet échange, il a signé des autographes personnalisés (signe qu’il a vraiment écouté ce que l’on disait) et a même proposé de me raccompagner chez moi afin que je retrouve plus rapidement mon bébé.

Avant de partir, il a accepté de prendre la pose pour une petite photo souvenir.

Rencontre avec David Khara Rennes

David S. Khara est non seulement un écrivain talentueux, mais c’est aussi un homme très sympathique qui a su rester simple (le succès ne lui est pas monté à la tête).

Merci pour ce moment que vous avez partagé avec nous (un dimanche de Pâques en plus), ce fut une très belle rencontre.

Merci aussi à Anne-Isabelle Gendrot, guide et organisatrice, d’avoir rendu cette rencontre possible (et merci pour les photos).

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Prochaine dédicace de David S. Khara à Rennes :

aujourd’hui, vendredi 25 avril, avec Serge le Tendre et Frédéric Peynet à la librairie Menfin, rue Victor Hugo à Rennes, de 15H00 à 19H00.

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Prochaine balade littéraire d’Anne-Isabelle Gendrot :  vendredi 25 juillet à 15 h

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13 commentaires

          1. Surtout la dernière. J’étais en train d’émettre une critique sur son dernier livre quand l’instant a été immortalisé. Ça m’apprendra à dire des choses négatives (en même temps c’était une toute petite réserve que j’émettais, pas grand chose…) J’ai été punie par le Dieu photo.

          2. On conseille de ne pas trop chauffer les chambres donc je dirais 19-20 degrés! 😉

    1. C’était vraiment intéressant. Même dans la voiture quand il m’a raccompagnée, on a continuer à parler de lectures! 🙂

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