Récemment, on m’a traitée de « BoBo ». Moi qui n’ai jamais aimé les étiquettes, j’ai davantage été vexée par le fait qu’on m’en colle une, plutôt que par celle-ci à vrai dire. Si je suis une bobo, tant mieux ou tant pis, ce n’est pas ça qui va me faire changer. Je suis celle que je veux être et c’est le principal.

Pourquoi m’a-t-on dit que j’étais une BoBo? 

J’ai des convictions, je n’embête personne avec ça, je n’en parle même pas sur ce blog alors qu’il est mon « journal ». D’ailleurs je crois que je m’apprête à écrire le billet le plus personnel que j’aie jamais écrit.

En fait, sur facedeplouk où l’amalgame est roi, j’ai une page personnelle et une page pour le blog. Dans celles-ci, je partage des billets, des posts, je commente les statuts, les articles des copinautes, je donne mon avis quand on me le demande… et quand on « like » et/ou commente, ça apparait sur notre mur et don,c sur celui de nos « amis ». Alors, récemment, j’ai reçu quelques commentaires, sur ma page ou sur mon mur, où on me traite de bobo pseudo-écolo, de maternante laxiste, et de je-ne-sais-plus-trop-quoi parce que j’ai effacé au fur et à mesure. Je consomme différemment, moins mais mieux (selon moi), je partage mes convictions (comme la journée sans viande, Pâques sans agneau, je défends les droits des animaux, etc.), je défends mes idées alors forcément, on me colle une étiquette (même plusieurs)… mais je m’en fiche!

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Depuis des années, j’essaie de faire coïncider mon mode de vie avec mes convictions, je n’essaie de convaincre personne, je vis ma vie. Mais visiblement, avoir des convictions, les défendre, ça dérange certaines personnes…

Depuis que je vis avec le Conquérant, on achète un maximum de produits en vrac (pâtes, riz, lentilles, céréales, etc. Moins d’emballages = moins de déchets (donc moins de poubelles à descendre – c’est l’étiquette feignasse qu’on aurait dû me coller) = des économies. Du coup, nos placards sont bien rangés (avec des boites étiquetées).

On fait nos courses dans un magasin bio et comme on y va souvent, on a pris la carte de fidélité (5% sur les achats, c’est intéressant – c’est l’étiquette radine qu’on aurait dû me coller).

Bichette à la Biocoop cet hiver

Chez nous il n’y a presque pas de viande (à vrai dire je n’ai jamais aimé ça, j’ai quasiment toujours été végétarienne. Entre les souffrances faites aux animaux et la pollution que ça engendre… moi qui n’aime pas ça, par goût, à l’origine, mon choix a été vite fait) donc on fait de grosses économies, ce qui nous permet d’acheter local (Le Conquérant achète de la viande bretonne pour lui). Comme je ne mange pas de protéines animales, je mange des céréales (boulgour, quinoa, épeautre, millet, avoine, etc.) et des graines (de courge, de tournesol, etc.)… Oh mon Dieu, je vais me transformer en oiseau… Et puis je mets des herbes dans mes plats, pour donner du goût. Je les fais pousser sur mon balcon : persil, ciboulette… non, pas d’herbes hollandaises 😉

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Depuis ma grossesse, je ne mange plus de PLV (protéines de lait de vache) et pratiquement plus de produits laitiers. Je fais mon lait d’avoine (merci Mamoune pour la recette), ma crème et mon fromage de noix de cajou (merci Antigone XXI).

On fait le marché et on se limite aux producteurs locaux et bio. Leurs produits sont toujours de saison, ils ont beaucoup de goût (et les rongeuses raffolent des déchets). Acheter bio et local, c’est faire un geste pour la planète.

Pour faire mon ménage et ma lessive, pas de produits chimiques. Du bicarbonate (c’est magique), du percarbonate de sodium (encore plus magique), du citron, du vinaigre blanc… du savon de Marseille en paillettes, etc. J’ai banni l’eau de javel à la fac, quand j’ai commencé à avoir des animaux de compagnie. Si c’est mauvais pour leurs poumons, imaginez pour les nôtres…

Depuis ma grossesse, j’achète aussi des produits de beauté bio. Ma peau me dit merci. Je pourrais les faire moi-même mais j’ai peur d’avoir du mal à bien respecter les normes de conservation.

Je me lave moins les cheveux, et pas avec du shampoing industriel. J’ai découvert le no-poo (sur le blog d’Antigone XXI en novembre 2013). Le bicarbonate est encore une fois mon sauveur.

Je fais des colorations (comme tout le monde j’ai des cheveux blancs qui envahissent ma chevelure) au henné (enfin, c’est un mélange d’argile et de henné). J’ai la chance de vivre à côté d’un salon de coiffure qui n’utilise que des produits naturels (je pourrais le faire moi-même, mais j’apprécie qu’on s’occupe de moi).

Pour ma fille, nous utilisons des couches lavables. Le Conquérant en avait d’ailleurs fait un billet. J’en ai acheté quelques unes (j’ai profité d’une promo) et Mamoune nous en a cousu quelques unes (qui sont d’ailleurs mieux taillées) et on nous en a offert. Ça représente une économie importante (quand on voit le prix d’un paquet de pamprout), moins de poubelles à descendre (je vous dis, radins et fainéants) et des petites fesses à croquer (c’est trop mignon). On utilise quand même des couches jetables pour la nuit (une seule par nuit, le paquet nous dure longtemps) mais on n’achète plus de pamprout qui contiennent du pétrole (il existe dans le magasin bio des couches jetables formidables).

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La plupart des objets de puériculture sont d’occasion (le lit de Bichette, ainsi que son transat, son cosy et sa poussette ont servi à plusieurs bébés avant elle, son tapis d’éveil a été acheté dans un dépôt-vente, sa chaise haute est un prêt, j’ai fait les vide-greniers et les brocantes). Les objets ont ainsi une seconde voire une quatrième vie pour la plupart. En plus d’être écologique, c’est économique… Je vais bientôt offrir une nouvelle vie à certains vêtements de Bichette. Si vous êtes dans la région et que vous attendez une fille pour l’été, sachez-le, je vends des vêtements de fille.

J’ai voulu et ai eu mon accouchement physiologique. Presque. Comme Bichette n’était pas décidée à sortir, on a essayé de déclencher naturellement des contractions (avec l’aide d’un tire-lait – allaiter fait se contracter l’utérus. Plusieurs tentatives, en vain. On a dû se résoudre à déclencher avec des hormones en tampon). Comme je le souhaitais, je n’ai pas eu de césarienne et j’étais sur pieds juste après avoir expulsé ma petite schtroumpfette gluante.

J’allaite mon bébé. Oui, encore. Oui, je sais, elle presque 8 mois. Et je compte l’allaiter encore longtemps. Même en reprenant le travail, une fois par jour. Au-delà de l’économie que cela représente (quand on voit le prix de la boite de lait artificiel – je vous l’ai dit, radine 😉 ), allaiter est un vrai plaisir (même si les débuts on été très difficiles). En plus cela la protège de nombreuses maladies car elle hérite de tous mes anticorps.

Source : www.korriganne.com
Source : http://www.korriganne.com

En plus, je porte mon bébé, en écharpe d’abord, puis en ergobaby. On a fait du cododo avec Bichette jusqu’à ses 4 mois (son lit était collé au nôtre)… Là, on me colle l’étiquette de « maternage proximal » (je ne connaissais même pas ce terme avant).

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Je suis pour une éducation bienveillante et contre la fessée. On me colle l’étiquette de laxiste…On se demande comment je fais pour m’en sortir avec mes élèves et on m’annonce une grosse galère avec ma fille plus tard… J’essaie d’expliquer qu’il ne faut pas tout confondre, on ne m’écoute pas, bien englué dans les préjugés…

Et puis bien sûr, je n’ai pas d’humour et aucune auto-dérision…

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Je pourrais continuer, mais je crois que vous avez saisi l’idée. A côté de ça, ma fille a des jouets en plastique, industriels, j’achète mes meubles chez le Suédois, j’ai une télé et un lecteur DVD, deux ordinateurs et un smartphone… Je ne suis pas parfaite (oui, je sais, je viens de briser un mythe). Je ne vais pas non plus tout quitter pour aller élever des chèvres dans le Larzac (surtout que je ne sais pas ce que je ferais de ces pauvres bêtes).

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Je mange végétarien voire végétalien, je consomme local et bio (au maximum aussi), j’utilise des produits naturels, je réduis mes déchets… Si cela fait de moi une bobo, si on a besoin de me coller une étiquette, je l’accepte. Mais c’est MA vie, MES convictions, MES choix. Je ne les impose à personne. Si vous n’allaitez pas, utilisez des couches jetables, de la javel et je ne sais quoi encore, c’est VOTRE choix, je ne vous juge pas, je ne vous impose pas de changer.

Je consomme différemment (moins mais mieux) et cela gêne certaines personnes. On me traite de radine, de bobo, de pseudo écolo, de maternante laxiste mais je m’en fiche. Si ça vous fait plaisir de coller des étiquettes, c’est votre droit… Moi, j’aime ma vie comme elle est.

Avec toutes les étiquettes qu’on me colle, je risque d’avoir un peu mal à la peau quand je me les arracherai… Aïe!

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Et si chacun se mêlait de sa vie? Et si, au lieu de critiquer les choix des autres, on assumait les nôtres? Et si on se fichait des critiques? 

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C’était mon Pavé dans la Mare, pour la Mère Cane.

Mère Cane Pavé dans la mare

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