Prendre le temps de se séparer

Pendant ma grossesse, j’ai découvert le blog d’une sage-femme, Dix Lunes, que je lis régulièrement depuis. Récemment, elle a publié un billet sur un accouchement et notamment sur le moment de « l’expulsion » (Poussez pas). Puis un autre (Poussez plus), peu de temps après, pour apporter une précision au premier.

Une phrase m’a beaucoup marqué : « Savoir attendre, c’est permettre à la femme de réaliser que l’heure de se séparer est venue, de l’accepter ou de s’y résoudre… »

J’ai réalisé, à ce moment-là, que je n’ai pas pris le temps d’accepter la séparation.

A la fin de ma grossesse, on me répétait que je devais avoir hâte d’accoucher, de rencontrer mon bébé…. Bien sûr que j’avais envie de la voir, mais je n’étais pas prête à la laisser sortir. J’ai même reculé au maximum la préparation de ma valise de maternité. Le 14 août, je faisais une virée à Saint-Brieuc avec des amis et on a crapahuté dans les chemins escarpés du bord de mer. Je me sentais en pleine forme. Le lendemain, je me décidais à préparer ma valise, au cas où

Ma poche des eaux s’est rompue dans la nuit suivante, après un dîner avec des amis. Mais on a dû déclencher les contractions et ma fille n’est sortie de son cocon que 41 heures après avoir vidé la baignoire (je raconte mon accouchement dans cet article).

Lorsque la sage-femme qui m’a aidée à mettre Bichette au monde m’a demandé de pousser, je l’ai fait. Mais pas assez car on m’a demandé de recommencer « plus fort, plus longtemps ». J’ai obéi, je n’ai pas trouvé ça très difficile. En quatre poussées, elle était là. On me l’a mise sur la poitrine, j’étais maman.

Mon petit papillon

Je me rends compte aujourd’hui que ma première poussée n’était pas efficace parce que je n’avais pas pris le temps de la laisser me quitter. Ma fille était si bien, au chaud, en moi. J’ai même souvent imaginé qu’elle retournait dans son cocon…

En lisant les billets de Dix lunes, je comprends que j’aurais aimé qu’on me demande si j’avais besoin de prendre le temps d’accepter la séparation.

Aujourd’hui encore, j’ai du mal à m’éloigner d’elle. Bichette a beaucoup besoin d’attention, mais elle se sépare facilement de nous, à condition qu’elle ne soit pas seule. Elle a coupé le cordon… pas moi. Je ne sais pas si ça vient du fait que je n’ai pas pris le temps de la laisser me quitter. Je le prends peu à peu, j’apprends à me séparer d’elle.

Petits pieds du petit papillon

*

Mon petit papillon commence à ramper, à s’éloigner de moi. Bientôt elle fera du quatre pattes et un jour, elle quittera le cocon familial, s’envolera loin de moi.

*

Etre mère, c’est apprendre à se séparer de ses enfants. Et ce n’est pas facile…

*

C’était mon « Etre mère », pour Babidji.

Etre mère - macaron*

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34 commentaires

  1. Ton article me touche particulièrement car je n’étais vraiment pas préparée à la séparation. Je commençais franchement à apprécier cette partie de grossesse quand PetiteFée a décidé avec un mois d’avance de sortir. Du coup j’ai une impression de manque

    1. Oh, ma chérie, ton commentaire me touche. Je sais à quel point la naissance de ta fille a été imprévue. Je comprends cette impression de manque, ce ventre vide soudain… Mais nos filles, nos BABI sont merveilleuses et on les aime. Je t’embrasse très fort. ❤

  2. Ton petit papillon aura encore besoin de toi un bon bout de temps avant que tu imprimes les invitations pour le mariage ! Alors, à terre et faites une course en rampant ! La première qui gagne aura un apéro-biberon !
    Bises

    1. Je crois que ce n’est pas moi qui gagnerai… elle se déplace de plus en plus vite! Ce matin je l’assieds sur son tapis, je me tourne pour prendre ma tasse de thé et lorsque je me retourne, elle a disparu… elle est 2 mètres plus loin… Début de l’autonomie et de l’indépendance…

      Grosses bises.

  3. Coucou
    Ah les séparations !!! pas toujours faciles, j’ai du y faire face toute ma vie!
    Lors d’une formation, une psycho avait dit et je m’en suis toujours souvenu:  » on ne peut se détacher que si l’on a été suffisamment attaché! » alors pas de souci à se faire pour Bichette, hein?
    Bisous

    1. Oh, j’aime beaucoup cette phrase. Je crois que j’avais été bien attachée et que Bichette se détachera bien alors! 🙂
      Gros bisous.

  4. Quel billet touchant!!
    Et tellement vrai!
    Minibulette est arrivée en étant déclenchée, elle ne voulait pas sortir de sa bulle, ils l’ont « forcée » à cause de son gabarit (4.870k 55cms à la naissance ils ont vu juste^^). Cela a été un grand choc pour elle, et lui a déclenché des angoisses, nous avons fait de l’ostéo, cela l’a beaucoup aidée, je suis allée voir une thérapeute pendant quelques temps aussi car la grossesse fut chargée émotionnellement.
    Et sans nous en rendre compte nous avons prolongé ce moment que la vie nous a volé, la grossesse tranquille, grâce au portage! Nous continuons avec le ergobaby, seul endroit ou elle s’endort tellement relaxe qu’elle en bave.
    Oui les bébé fusionnels ne le sont pas à sens unique, c’est que nous le somme aussi, mais je pense qu’ils savent nous dire quand il faut les laisser aller un peu sans nous, que nous sommes fiers de cette capacité à l’autonomie, et que ce lien si fort les rend plus sûrs d’eux et biens dans leurs bask, je trouve ton billet trés sain car tu es à l’écoute de ta fille et c’est le principal^^
    Tu verras que même grande, elle aura toujours cette soif e « liberté » et reviendra sans prévenir te demander « mamannn un câlinnnn » ^^
    Il y a une psy (je ne sais plus laquelle désolée honte sur mois chat mort sur ma porte tout çalol) qui disait (à quelques mots prés hein^^) « être parent c’est savoir entourer son enfant de ses bras pour rassurer, et savoir les ouvrir pour les laisser s’envoler » cela résume très bien ce que tu dis^^

    1. Merci 🙂
      On a aussi prolongé avec l’écharpe de portage puis avec l’ergobaby. Mais maintenant elle aime moins être portée.
      Elle commence à être de plus en plus autonome, elle se déplace (sur les fesses) et essaie de tout faire seule (manger, boire au biberon). Quand je veux la prendre ou lui donner le biberon, elle refuse. Elle sait bien me faire comprendre que je dois la laisser…
      J’aime beaucoup cette citation. Je la note et la garde précieusement.

  5. Malgré la douleur, j’ai pris la main sur mon accouchement à la fin.
    Le gygy m’a dit de pousser une fois, et je lui ai dit de ne pas me dire ce mot !!
    On avait beaucoup travaillé autour de la poussée avec ma sage-femme.
    C’est moi qui ait rythmée cette poussée en fonction de mon corps et pourtant j’avoue que l’articles sur 10 lunes m’a interpellée car j’ai fais un eczema dès que le Bourdon était sorti. En décodage bio/biodécodage on assimile l’eczema à une frustration.
    Bisous Ma Belle ♥

    1. L’eczéma est associé à une frustration? Ma fille en est couverte. Elle doit être frustrée. Très frustrée… Mon neveu aussi a de l’eczéma, lui aussi était un BABI.
      Je n’ai pas été frustrée par mon accouchement, il s’est déroulé comme je l’avais souhaité : pas de péridurale, en position assise, pas d’épisio, etc. Mais j’ai réalisé, avec le billet de dix lunes que j’aurais juste voulu faire une pause et dire à ma fille que je la laissais sortir, que je la laissais quitter mon corps pour qu’elle commence sa vie à elle. Je l’ai accompagnée du mieux que j’ai pu, mais j’aurais aimé avec ce petit moment entre deux… entre la fin de la grossesse et le début de notre vie à trois.
      Des bisous ❤

  6. très émouvant ton article et ça ne m’étonne pas ce que tu écris , je les sentais bien que tu étais ainsi avec Bichette et la preuve et ça a crée ces petits soucis que tu as rencontrés.

    J’ai deux grands enfants et l’ainée est allée chez une nounou, car j’ai repris le travail et suite à de nombreux déménagements ai plus travaillé après le second.
    Et ils n’ont pas eu de pbes à quitter le nid et je pense que c’est du au fait que dès le départ je n’ai jamais pensé qu’ils étaient à moi totalement, j’ai toujours eu en tête que les aimer était les préparer à devenir des adultes débrouillards et autonomes.

    Ils se souviennent d’une maman présente mais pas étouffante et qui très tôt leur a donné les clefs de l’autonomie et je me disais en plus, si un jour tu disparais que malgré leur peine ils sachent se débrouiller dans la vie.

    De ce fait là on a de bons rapports et de solides liens et malgré avec l’ainée 900kms entre nous.

    La séparation Kiara ne se fait pas qu’à la naissance mais tout le temps, dans la tête il faut se dire que cet enfant qu’on a porté n’est pas un second NOUS mais un être à part entière et que cet être il faut l’aimer, le protéger mais pas l’étouffer.

    bisous

    1. Bonsoir,
      je crois que vous avez lu l’article de Kiara un peu trop au premier degré.
      Kiara n’était pas prête à laisser Bichette sortir d’elle au moment de l’accouchement. Même si on a passé 41 h à la maternité avant qu’elle ne sorte, au moment de pousser, elle a senti que c’était le moment et aurait peut-être aimé avoir quelques minutes pour se dire que ça y était, que c’était LE moment de la séparation.
      Elle a encore un peu de mal à la laisser, c’est naturel. Quand je pars en déplacement, je les laisse et c’est dur aussi pour moi. Mais il y a une différence entre avoir du mal à laisser son bébé et se l’accaparer.
      Kiara se sépare de plus en plus souvent et de plus en plus facilement de notre fille (elle me la laisse pour sortir, ou la laisse à une amie, à la voisine) sans aucune culpabilité. Elle m’a même dit qu’elle se sentait légère.
      Elle a bien conscience que Bichette n’est pas un second nous. Elle dit souvent qu’on ne l’a pas faite pour nous, mais pour qu’elle devienne une femme libre et autonome. Et on fait tout pour! D’ailleurs, notre fille est déjà bien engagée sur la voie de l’indépendance et de l’autonomie…
      Bichette est un BABI, ça n’a rien à voir avec Kiara, avec la difficulté à se séparer à l’accouchement. Le bébé BABI est un état de fait, certains enfants sont comme ça, c’est tout. Kiara a assez culpabilisé, c’est une bonne mère. Elle ne l’étouffe pas mais l’accompagne dans son développement.
      Mais vous avez raison, il y aura de nombreuses séparations, même lorsqu’elle sera adulte!
      Sur ce, je vous laisse, je vais aller donner lui son bain (à Bichette, pas à Kiara, elle peut se débrouiller seule maintenant…).

    2. Merci de toujours commenter et nous livrer ton expérience.
      J’espère ne pas être la maman étouffante que tu décris. J’ai eu du mal à la laisser sortir de moi sur le moment (je crois que le Conquérant a mieux expliqué que je ne saurais le faire) mais depuis, même si les premières séparations ont été difficiles (ce qui est normal, je pense) je la laisse sans regret (et surtout je n’ai jamais culpabilisé) pour prendre du temps pour moi.
      Je sais qu’il y aura de nombreuses séparations jusqu’à ce qu’elle prenne définitivement son envol. Elle est déjà très autonome : elle prend son biberon seule, veut manger seule, essaie déjà de se lever, se déplace pour aller chercher ce dont elle a envie… Déjà, alors qu’elle n’a que 7 mois, je la regarde de loin évoluer et je la laisse faire ses découvertes, seule. Je suis là pour la protéger ou la consoler mais je ne fais pas à sa place, je ne la couve pas.
      J’espère qu’elle gardera cette autonomie et son indépendance. 🙂

  7. jolie réponse du conquérant ! ha la séparation !!!! ça provoque toujours des discussions sans fin … on m’a souvent reproché d’être « fusionnelle » avec mon fils et j’ai toujours détesté entendre qu’il faut couper le cordon ! et bien non, le cordon ne se coupe jamais tout à fait et c’est bien ainsi ! les enfants font leurs vies, ils avancent mais je pense pour ma part qu’il est pratiquement impossible de « se séparer » ! Nul doute que je n’ai pas eu le temps de me préparer à sa sortie, moi non plus, on ne m’a pas laissé le temps et encore moins demander mon avis … pas de péridurale, un gros bébé et de la souffrance … c’est ce dont je me souviens malheureusement ! pas de l’avoir pris dans mes bras, pas de lui avoir parlé, lui dire qui j’étais ! J’ai arrêté de travailler pendant 3 ans et j’ai eu cette chance et je ne regrette rien de ce que j’ai fait avec mon fils, le protéger, l’accompagner, le raisonner, le faire avancer à son rythme, jouer, rire … et ma plus belle récompense c’est quand il m’a dit merci de l’avoir aimé et bien élevé alors qu’il était un jeune adulte ! Kiara, tu es une maman merveilleuse (je dirai comme pratiquement toutes les mamans) et votre bout de chou a un papa présent malgré ses absences ! j’ai tout mis en vrac Kiara … mais je comprends mieux certaines choses avec ton billet ! des bisous ❤

    1. Merci beaucoup Carolyne.

      C’est vrai qu’on ne se sépare jamais de ses enfants. Quand je vois ma mère avec ma grand-mère ça me fait sourire : parfois elle ne supporte pas que mamie se mêle de sa vie, lui donne des conseils, etc. Je lui dis : « Mais c’est normal, c’est ta mère! Tu fais pareil avec moi! Et je ferai sans doute la même chose avec ma fille! » Ça nous fait sourire…

      Je t’embrasse ❤

  8. ce n’est pas facile de les laisser partir, grandir, faire leur choix, leur vie… sans nous. Mais la bonne nouvelle c’est que malgré les angoisses que ça génèrent, on y arrive! 🙂

    1. J’imagine bien qu’on doit être angoissé… mais nos parents sont passés par là et ils s’en sont sortis (enfin, Mamoune avait 4 tornades, je crois qu’elle a pu enfin respirer quand on est vraiment partis).

  9. et bientôt elle ira en boîte avec son mec euhhh j’arrête la mauvaise blague qu’on em fait à chaque fois que j’anticipe les différentes étapes de séparation ! perso je ne l’ai pas vécu comme toi, j’avais vraiment hâte car j’étais énorme et que j’ai accouché à terme et après terme donc il était temps … en revanche je peux vraiment le comprendre et le concevoir car cetet sensation de ne pas avoir vraiment préparer une nouvelle étape, en avoir vraiment achevé une autre je l’ai vécu à d’autres moments et parfois difficilement ! merci pour ta participation 🙂 (tes photos sont canons 😉 )

    1. Merci Babidji.
      Ca me fait bizarre de relire ce billet très longtemps après l’avoir écrit.
      Je la laisse partir tellement facilement maintenant. Quand je la dépose chez sa nourrice, avec ses copines, quand je la laisse chez sa mamoune ou avec ses grands-parents…
      Tant que ce n’est pas pour une trop longue période, je n’ai jamais hésité à la laisser vivre sa vie sans nous. Et ça nous fait du bien à tous.

  10. J’aime beaucoup…
    Môm est pareille je crois bien. Je suis née à J+4 ou 5, sortie difficile, forceps et tout le toutim.
    Puis je ne suis pas allée en maternelle.
    C’est elle qui m’a appris à lire.
    Je l’ai quittée tard.
    Et même encore aujourd’hui elle met un point d’honneur à faire voyager les tupperware entre sa cuisine et la mienne…

    1. Et aujourd’hui, elle te fiche à la porte si tu t’attardes trop et qu’elle a « du travail »!
      lol
      (oui je réponds dix ans après… un vilain message troll effacé m’a fait relire ce billet).

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