Reprendre après bébé : utopique?

Lorsque j’attendais Bichette, je me suis mise en quête de trouver une nourrice ou une place en crèche car je souhaitais reprendre le travail après le congé maternité. J’avais réussi à décaler de trois semaines mon congé pré-natal sur mon congé post-natal, ce qui me faisait reprendre aux 3 mois de ma fille. Je me voyais très bien travailler et pouponner en même temps.

maman travaille

J’ai commencé à chercher un mode de garde très tôt. J’ai fait une demande pour une crèche, sur une liste longue comme plusieurs bras. J’ai imprimé plusieurs pages de noms et adresses d’assistantes maternelles après avoir fait un premier tri géographique et constaté qu’il n’y avait aucune nourrice près de chez moi. Mais comme je ne savais pas de quoi serait faite ma rentrée 2013-2014, on m’a rapidement fait comprendre qu’il fallait que j’attende. Une fois le concours en poche, j’ai encore dû patienter car je ne connaissais pas mon affectation. Et puis une fois mon établissement connu, j’ai encore dû attendre de recevoir mon emploi du temps. Si bien qu’en septembre, mon nourrisson bien enveloppé dans son écharpe, j’ai recommencé toutes mes démarches.

*

Pour mon année de stage, j’ai été affectée à 1h de chez moi. Comme l’an dernier, mais pas dans la même direction. Mon service a été réparti sur 4 jours pour que je puisse faire les journées de formation le mercredi. Des semaines bien chargées en perspective.

Je suis donc partie en quête d’un mode de garde qui pourrait accueillir ma fille avant 7h jusqu’à 19h, cinq jours par semaine.

Aucune crèche n’a d’horaires aussi étendus. Ma voisine m’a gentiment proposé d’accueillir ma fille avant 7h, pour que je quitte mon appartement au plus tard à 7h pour ne pas rater le train et de l’emmener elle-même à la crèche. J’ai donc fait une demande pour les 3 crèches les plus proches de chez moi ou de l’école de ses enfants. Pas de place.

J’ai cherché une nourrice. Pas une seule près de chez moi ou entre mon appartement et la gare. J’ai cherché au plus près. Il me fallait partir au plus tard à 6h30 de chez moi pour pouvoir déposer ma fille puis attraper le train. La liste s’est réduite comme peau de chagrin. Mais j’ai contacté quelques nourrices qui m’ont dit que pour novembre, ce ne serait pas pratique car les assistantes maternelles ont des places qui se libèrent aux rentrées de septembre et de janvier. Après m’être fait envoyer paître à plusieurs reprises, j’ai songé prendre un congé parental d’1 mois et demi pour ne reprendre qu’en janvier.

Et puis, en y réfléchissant bien…

Ma fille n’avait que quelques semaines mais je ne me voyais pas la laisser plusieurs heures par jour à une inconnue à seulement 2 mois (un mois avant la reprise pour l’adaptation et pour préparer mes cours) puis la laisser 13h par jour à partir de ses 3 mois, ne la voir que les weekends entre le linge, le ménage et les copies à corriger. Bref, ne pas la voir grandir.

ww

Alors j’ai décidé de mettre ma carrière professionnelle entre parenthèses pendant six mois. Pour profiter de ma fille, l’allaiter, la voir grandir.

*

Mais le problème va se poser en mai, lorsque je vais reprendre le travail, à 1h de chez moi. Il faudra que je laisse ma fille 13h par jour, 5 jours par semaine à une assistante maternelle ou à une crèche. Je n’ai pas encore trouvé de place. Mais il va bien falloir.

A moins que…

De plus en plus, je me pose la question de déménager près de mon travail, jusqu’à la fin de mon année de stage, en juillet 2015. Alors oui, ce serait provisoire, il faudra que je déménage à nouveau quand on me donnera mon affectation définitive. Mais gagner 2h par jour de transport, ne pas réveiller ma fille avant 7h, la récupérer le soir après les cours, la voir plus que seulement les weekends…

Pourtant, ce n’est pas si simple que quelques cartons. En m’éloignant de Rennes, j’éloigne aussi le Conquérant. Une heure de route en plus pour lui pour aller à ses rendez-vous donc plus d’hôtel quand il ira aux points les plus éloignés de son secteur. Ce qui m’arrange, moi, le pénalise, lui. Bichette verrait donc plus sa mère mais encore moins son père.

*

Reprendre le travail, surtout une année aussi importe que celle de stage pour moi, c’est difficile. Pas assez de prise en compte par mon employeur, le plus grand employeur de France, qui me fait comprendre que si je ne suis pas contente d’être affectée à une heure de chez moi je n’ai qu’à déménager ou démissionner parce qu’ « on prend en compte les situations familiales lors des attributions de poste ».

Reprendre le travail, c’est laisser son enfant. C’est le confier à un organisme ou à une personne. Pas assez de place en crèche, pas assez d’assistantes maternelles dans le centre des grandes villes.

Reprendre le travail, c’est arrêter d’allaiter. Pour moi en tout cas. Car quoi qu’on en dise (oui, les femmes ont droit à une heure sur leur lieu de travail pour tirer leur lait), c’est difficile : je ne me vois pas tirer mon lait en salle des profs ou à l’infirmerie, voire dans les toilettes et laisser mon lait dans le réfrigérateur de la cantine. Je ne me vois pas avoir le temps en perdant 2h dans les transports et courant entre les cours, les formations, les réparations, les réunions.

Reprendre le travail, c’est le souhait de beaucoup de femmes qui veulent concilier carrière et vie de famille. On leur fait croire que c’est possible et surtout que c’est facile. Mais ça ne l’est pas. On ne fait pas encore assez, pour aider les mères.

*

A la fin de ce billet (assez long, je m’en rends compte), je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas ce qu’on fera. Parfois, je repense à ce que m’avait dit ma belle-mère au début de ma grossesse (et qu’elle m’a redit le weekend dernier) : « Il faut réfléchir avant de faire un bébé, attendre d’avoir une situation stable ». Je ne sais pas ce qu’on fera l’an prochain. Je ne sais pas si on galérera entre la garde de notre bébé et les transports ou si on déménagera. Mais ce que je sais c’est que si c’était à refaire, je le referais. Je ne regrette pas d’avoir mis entre parenthèses ma carrière pour elle.

*

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

19 commentaires

  1. Je ne considère pas avoir de carrière professionnelle pour ma part, je travaille où j’ai pu comme je peux et c’est tout. Le jour où nous aurons un enfant j’aimerais pouvoir arrêter de travailler pour l’élever, mettre entre parenthèse le boulot pour cette période si importante et critique, sauf que mon boulot m’attendra pas et que plus j’attendrais pour reprendre plus je galérerais pour trouver un autre boulot.
    Je sais pas ce que je déciderais à ce moment mais dans tous les cas il y a pas de bon moment idyllique pour faire un enfant, bon courage pour les décisions à prendre, probablement la première d’une longue série 🙂

  2. coucou,
    j’ai eu la chance de pouvoir arrêter pendant 3 ans pour élever mon fils mais aujourd’hui (et dans ton cas) c’est pratiquement impossible pour les femmes ! il y a un site que tu peux consulter (et que tu connais peut-être), c’est seniors à votre service : http://www.seniorsavotreservice.com/index.php
    tu peux y consulter les offres de service mais aussi y déposer une annonce !
    voili, voilou … bisous

  3. Comme je te comprends… j’avais déjà les boules de laisser ma fille 10h par jour chez la nounou, de la lever à 6h40, si elle ne se réveillait pas d’elle même à 6h, et de la récupérer KO le soir. D’en profiter quoi ? 2h, 2h30 le soir (entre la préparation et la prise des repas, le bain, les lessives…). Et de courir, toujours. Et puis il faut l’avouer, ça coûte cher, bien plus que de rester à la maison avec son enfant. Bien plus que de passer à côté de ces moments qu’on ne pourra pas revivre. Je retravaillerai, certainement, peut-être d’ici quelques mois, peut-être un peu plus tôt, on verra, mais effectivement, ça fou les boules. Et je comprends ces mamans qui préfèrent rester à la maison. Comme je comprends celles qui « ne sont pas faites pour ça » et préfèrent travailler. Il en faut pour tout les goûts. Quoi qu’il en soit, je te souhaite un bon courage !
    Et pour répondre à ta belle-maman, quand j’ai lancé le « projet bébé », j’étais en CDI, je l’ai perdu au tout tout début de ma grossesse, une situation stable peut voler d’un moment à l’autre ! 😉

  4. Je pense surtout qu’il « faut faire des enfants » mais que rien n’est fait, non pas pour faciliter la tâche mais au moins la compliquer

  5. Je te souhaite (vous souhaite d’ailleurs) beaucoup de courage pour affronter ça. Ouais, se poser des questions et rencontrer des difficultés d’organisation pro/perso, c’est vraiment prise de tête…

    Pour ma part, je dirai comme Ragnagna… Si ta situation financière le permet, bah j’ai envie de dire « Dispo » !!

  6. Bravo à Carolyn33 pour sa suggestion, merci.
    Je suis quand même sidérée que ta belle mère puisse faire ce genre de commentaire débile. C’est déjà assez difficile de s’occuper d’un nourrisson, alors au moins si elle n’aide pas, qu’elle ne sorte pas des propos débiles.
    Je suis d’accord avec ce que tu écris. Les places en crèches manquent cruellement, au final c’est une poignée d’happy few (souvent qui auraient les moyens de prendre une nounou en plus!!) qui ont l’honneur de laisser leurs bébés qui pourront se socialiser et surtout s’éveiller à vitesse grand V.
    Moi, j’ai toujours essayé d’inscrire mes enfants en crèche sans succès. Résultat, j’ai réussi à dégoter une place en halte garderie à mi-temps, mais comme toi ai du prendre un congé parental.
    Au-delà de ta grand-mère, je pense qu’une grande partie de la société (surtout les boss hommes – même ceux qui ont des enfants et des femmes qui travaillent), ne sont pas fait pour comprendre et pire, appliquent une discrimination débile contre les jeunes mamans.
    Alors de ce côté, c’est sur que la société est complètement en retard.
    Du coup, je reste assez convaincue que c’est à nous, femmes (devenues) entrepreneuses (par la force des choses), de créer nos propres jobs. Mais c’est un tout autre débat et j’essaie moi-même d’explorer pendants le peu de temps libre que j’ai, les différentes pistes qui s’offrent à moi. Ce sera forcément plus épanouissant, mais serait-ce plus fructueux, ce n’est pas sur!!

  7. Avec mes horaires à la noix je me pose déjà les mêmes questions que toi (alors que je n’ai pas encore d’enfant). Perso je pense prendre un 80% pendant 6 mois. Maintenant j’ai un peu plus de chance dans le sens où récemment la femme d’un ami de mon homme est en train de faire les démarches pour faire une micro crèche chez elle. Elle vit à 5 mn de chez moi (et je la connais) et j’ai déjà mis une option pour une place (hallucinant quand tu sais que je ne suis pas encore enceinte ^^).
    Bon courage. J’espère que vous trouverez la meilleure solution pour toute votre nouvelle jolie famille. Bisous 🙂

  8. J’ai mis ma carrière entre parenthèse avec notre expatriation en Inde. J’en ai profité pour faire 2 enfants.
    Ils ont maintenant 3 ans et 7 mois.
    Je vais reprendre le boulot mi-janvier.
    Il sera à la crèche & pour ma fille, je dois trouver qqn pour aller la chercher à l’école & s’en occuper jusqu’à mon retour (18h30)… C’est dur psychologiquement !!!
    Pleins de courage…

  9. Je dois dire que moi aussi j’ai du mettre ma carrière ( bon, je le reconnais elle était au point mort pour la naissance du premier bout) pour pouvoir élever Gudule. Il est vrai qu’on est vraiment pas aidées nous, les mamans. et que pour avoir une place en crèche, il faudrait les inscrire dès qu’on sait qu’on est enceinte…
    Je vais donc me remettre à chercher du boulot aux 3ans de Numérobis, pas le choix.
    Et je suppose qu’une garde à domicile, c’est hors de prix…
    Bon courage à toi, ej sais que ce n’est vraiment pas évident de concilier enfants et travail. On veut pouvoir profiter d’eux tout en continuant à mener une vie active.

  10. quelle galère on dit que les femmes doivent pouvoir avoir des enfants et bosser et on te met pas les structures adaptées, et tu sais que ma fille et mon gendre qui sont infirmiers et aimeraient bien avoir un bébé se disent que ça va être galère car eux ont des horaires décalés donc les nounous veulent pas des nuits des we et des arrivées à 5h30 du mat, ça sera galère et nous on est à 900 kms mais bon faudrait déjà qu’elle arrive à tomber enceinte et c’est pas gagné.

    bisous

  11. il te reste l’option d’une nourrice à domicile. des amis le font, et avec les réduction d’impôts ou je sais plus quoi, ça revient au même prix qu’une crèche (ici).
    il semblerait en effet que rien ne soit fait pour favoriser le retour des mamans au travail.
    dans certaines régions (où je bossais) les crèches ouvraient de 7h à 19h… certaines même 24/24… mais quoiqu’il arrive, on manque toujours de place…
    profite de ta puce en attendant. le temps file vite.

  12. La Carne te propose une solution que je t’aurais soufflée : la nounou à domicile. Tu peux déposer des annonces dans les magasins et surtout demander un peu de références quand même. Tu pourrais tomber sur une personne qui a de l’expérience au niveau des enfants telle une dame qui voudrait reprendre un travail… Je sais que ce n’est pas facile tout ça et j’espère que vous trouverez un solution.
    Bises et bonne semaine…@nnie

  13. C’est une situation difficile, j’espère de tout cœur que tu trouveras une solution satisfaisante…
    Le système n’aide pas vraiment les parents parfois…

  14. Pas évident … Donc papa n’a pas d’horaires plus souples non plus pour la déposer et la récupérer.
    Différer ton stage ?…
    Bon courage !

  15. Au Québec les horaires de travail s’alignent plus ou moins sur ceux de l’école ou de la garderie. J’ai repris quand ma fille avait 6 mois en la confiant à deux nounous qui travaillent en garderie familiale. Leur garderie est ouverte de 7h à 17h. Mn conjoint la dépose le matin vers 7h30 et je la récupère à 16h30. Je devais travailler de 9h à 17h initialement mais je me suis arrangée avec mn boss pour faire des horaires différents du reste de l’équipe. Dans ts les cas je comprends tn souhait de concilier les deux, ma vie professionnelle est importante pr moi aussi et j’avais vraiment envie de pouvoir concilier les deux sans avoir à renoncer à quelque chose. J’imagine que si tu trouves un lieu de garde vers ton lieu de stage, tu pourras la laisser sur une amplitude horaire moins importante? Et si tu demandais l’intervention suprême d’un grand-parent? Tu es ds l’enseignement c’est ça? Tu reprends en mai mais tu as la pause des vacances ensuite non? Je te souhaite plein de courage en tout cas!

  16. Penser qu’on peut facilement concilier famille et travail pour une femme relève soit d’une pure utopie, soit d’une grande naïveté mais surtout est révélateur d’une immense hypocrisie dans notre société. D’abord on parle de cette option pour les femmes: avez-vous jamais entendu dire à un jeune papa comment il comptait concilier sa vie professionnelle et sa famille? Personnellement je n’en ai pas souvenir. Ensuite le congé parental qui serait prétendument fait pour permettre aux femmes de choisir d’élever leur enfant et mettre leur travail entre parenthèse est une vaste fumisterie: combien de femmes n’ont pas pu le prendre, ou de façon très limitée, parce que financièrement elles n’avaient tout simplement pas d’autre choix que repartir au turbin? Quant aux petits aménagements qui permettraient à la maman de continuer d’allaiter avec 1h30 par jour gracieusement accordée, franchement de qui se moque-t-on? Les places en crèches insuffisantes, le manque de nourrices (pas partout, dans ma campagne il y en a partout), tout est fait pour décourager la maternité, ou en tout cas rien n’est fait pour réellement faciliter la vie des parents.
    Je me souviens de ma reprise de travail pour mon aîné, il était lui aussi très tôt chez la nounou mais les bébés s’adaptent très bien, certaines fois il ne se réveillait même pas du passage au lit au siège-auto, ni en arrivant chez la nounou. Par contre là où j’ai bien plus culpabilisé c’est lors de sa première année de maternelle: il était certains jours à la garderie de 7h du matin (levé vers 6h15 au plus tard) jusqu’à 18h30… quand j’y repense je trouve ça inhumain, et pourtant les enfants s’adaptent quand même, mais qu’est-ce que j’ai pu culpabiliser! Heureusement pour les deux autres mes conditions de travail étaient meilleures: j’étais au chômage…

  17. Bonsoir,
    Je comprends bien ta situation puisque j’ai le même employeur et deux jeunes enfants. En ce qui nous concerne, le papa a accepté un déménagement qui le mettait à 1h de route (et de toutes petites routes de campagne/montagne) de son travail. Et nous nous sommes mis tous 2 à 80%. Maintenant, j’ai eu un autre poste et il ne nous reste (que ?) 1/2h de route chacun mais je suis en service partagé et j’ai l’impression de passer mon temps à courir.
    Il faut se poser et se demander quelles sont nos priorités, et les suivre. Parfois, c’est difficile mais ça vaut la peine.
    Courage !

N'hésitez pas à donner votre avis :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s