La fessée m’a tueR

Mardi 17 juin, le JT de 20 heures de France 2 a diffusé un sujet intitulé : « Gifle : autorité ou maltraitance ? » Mercredi, c’était au tour du JT de 20h de TF1 de parler de la « Nouvelle campagne contre la violence « éducative » » qui sera diffusée sur tous les écrans à partir du 22 juin.

Ma première réaction a été l’humour (vous savez, cette arme qui permet de se protéger des sujets qui blessent) : « Namour, tu crois qu’ils ont fait comment pour filmer la claque au ralenti… ils ont vraiment frappé le gamin ou bien? » « Ils ont refait la prise combien de fois, d’après toi? »

Lucky-Luke, Billy the kid

Mais la violence de cette vidéo m’avait touchée, quoi que je fasse pour le minimiser.

Autant vous dire que les reportages de France 2 comme de TF1 m’ont énervée. Comme toujours le sujet n’était pas traité et manquait de fond. En même temps à quoi je m’attendais de la part de grandes chaines de télé qui brassent les sujets d’informations et de société en quelques minutes?

*

Depuis que je suis enceinte, la claque et la fessée sont des sujets que j’aborde beaucoup avec Namour. Nous n’avons pas tout à fait le même point de vue et j’essaie de lui faire comprendre que pour moi, c’est une question essentielle. Je suis contre ce que je considère comme des violences. Frapper, même un peu, même une fois, même sur les mains, surtout aux fesses, encore plus au visage, c’est frapper.

Quand j’exprime mon point de vue, on me dit que « la fessée n’a jamais tué personne », que quand bébé papillon sera grand et infernal, « il faudra bien que [je] le calme », « que [je] m’en fasse obéir », que je « changerai d’avis ».

Je ne pense pas. Si ce sujet me touche autant, c’est parce que je peux encore ressentir cette douleur, cette violence, cette haine au plus profond de moi. Et je ne ferai pas subir ça à mon enfant.

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J’étais une enfant turbulente, très active, qui testait sans cesse les limites. Alors il fallait bien me calmer.

J’ai été une adolescente révoltée, en colère, qui claquait les porte. Alors il fallait bien me contenir.

Je n’ai pas été une « enfant battue ». Mais j’ai reçu des châtiments corporels : des claques, des fessées, des coups de pieds « au cul ». Je n’en suis pas morte. Pas physiquement. Mais quelque chose en moi est mort.

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Mon père ne m’a jamais touchée, ce n’est pas lui qui nous a élevés. Ma mère m’a donné une gifle ou deux, « poussée à bout », c’est « parti tout seul ». Mais elle n’a jamais été violente ou maltraitante. Elle a toujours fait ce qu’elle a pu. J’ai par contre souvent reçu des verres ou des pichets d’eau au visage, des douches froides (qui me calmaient instantanément), sinon elle m’envoyait me calmer dans ma chambre (forcément la porte claquait mais c’était très efficace). C’est à son compagnon de l’époque que je dois ces violences censées m’éduquer. Il nous punissait à « coups de pieds au cul » suivis de sermons. Un coup porté avec toute la violence dont il était capable. Sec. Qui fait mal. Je ne bronchais pas. Je ne voulais pas lui faire ce plaisir. Je serrais les dents. Espérais parfois qu’il me casse le coccyx et s’en morde les doigts. S’en suivait un couplet moralisateur dans lequel il me faisait bien comprendre que c’était de ma faute, que j’étais une sale gamine et que je méritais de recevoir ces coups.

Je ne ressentais pas d’humiliation, juste de la haine. J’ai emmagasiné toute cette violence en moi. Je l’ai gardé, elle n’a fait que renforcer mon mal être adolescent et alimenter ma propre violence. Ça a eu l’effet inverse à celui escompté.

Un jour, j’ai giflé ma mère. Je ne sais plus pourquoi. Sans doute voulais-je la blesser. Je l’ai immédiatement regretté.

Plus tard, j’ai également giflé mon premier compagnon. Il m’a rendu ma claque. Ça m’a calmée immédiatement. Je m’en suis voulu. Énormément. Je n’ai jamais recommencé.

J’ai compris ces jours-là que je pouvais blesser ceux que j’aime. Que je pouvais leur faire mal. Je n’ai plus jamais levé la main sur personne.

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Je me suis aujourd’hui débarrassé de cette violence qui a longtemps grandi en moi, comme un monstre noir et sombre. Elle était liée à tout autre chose et j’ai pu m’en défaire grâce à l’aide d’un psychiatre.

Mais je n’oublierai jamais ce que ça fait, de recevoir un coup.

J’ai détesté cet homme à chaque fois un peu plus. L’amour pour ce « père de substitution » s’est dégradé au fil des punitions corporelles.

J’ai aussi perdu le peu de confiance que j’avais en moi. J’étais persuadée d’être « mauvaise« , de mériter ces coups. J’ai compris beaucoup plus tard les ravages que cela avait fait en moi (j’ai vécu avec un homme qui me rabaissait sans cesse et je le laissais me marcher dessus).

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La gifle, la fessée, le coup au derrière et même la menace de ce coup est, selon moi, une violence. Et la violence engendre la violence. On apprend aux enfants à ne pas taper et on les tape? Où est la logique? (il en va de même pour les violences verbales).

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Que dire de ces phrases qui me hérissent les poils : « S’il avait reçu une bonne claque, il ne se comporterait pas ainsi! », « Il mériterait une bonne fessée! »

Ce n’est pas une question de châtiments mais une question d’éducation! Je pense que ce n’est pas parce qu’on ne donne pas de claque ou de fessée qu’on est laxiste. On peut éduquer, avoir de l’autorité sans frapper.

Commençons par ÉDUQUER nos enfants, sans violence. Ne leur apprenons pas à recevoir des coups, c’est ainsi qu’ils apprendront à en donner!

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Je ne veux pas que mon enfant ressente ce que j’ai ressenti. Je ne veux pas que ce monstre noir grandisse dans sa tête et assombrisse son cœur. Je ne veux pas qu’elle apprenne la violence et qu’on lui vole son innocence.

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Pour ceux qui n’auraient pas encore vu ce spot de 30 secondes, vous pouvez le visionner ici: « Il n’y a pas de petite claque«  et vous faire votre propre opinion.

Il n’y a pas de petite claque. Capture écran.

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On en parle aussi ici :

– « Il n’y a pas de petite claque« , par Élucubrations d’une jeune idiote

– « Keep calm and imagine…(éduquer sans taper part.2)« , par Mademoiselle Snana

– « Une petite claque, pour me remettre les idées en place !« , par Mère Cruelle

– « Il n’y a pas de petite claque! {violence ordinaire}, par C’est quoi ce bruit

– « Parce que frapper un enfant, c’est MAL« , par Chronique d’une mère au foyer

– « Les châtiments corporels remis en cause« , par Cleophis

– « coups de gueule contre la violence éducative ordinaire et pistes pour une parentalité positive « , par La Famille des Lapins Verts

« Il n’y a pas de petite claque », par Ronde au féminin pour les Vendredis Intellos

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Petite bibliographie sur la violence éducative ordinaire :

C’est pour ton bien, Alice Miller

La Fessée, Olivier Maurel

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« Pourquoi appelle-t-on cruauté le fait de frapper un animal, agression le fait de frapper un adulte et éducation le fait de frapper un enfant ?« 

Olivier Maurel.

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Pour éduquer sans violence :

J’ai tout essayé, Isabelle Filliozat

Au coeur des émotions de l’enfant, Isabelle Filliozat

Élever son enfant autrement, Catherine Dumonteil-Kremer

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Vous avez vu ce spot? Qu’en avez-vous pensé?

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30 commentaires

  1. A l’inverse, on peut être parfaitement mal éduqué en se prenant des baffes à longueur de temps…
    Comme tu dis, c’est une question d’éducation! Et la violence, ce n’est pas de l’éducation, c’est du défoulement…

  2. Moi j’étais une enfant sage, je n’ai souvenir que de deux fessées : une par mon père (pour je ne sais quelle raison) et une par la femme de ménage (qui s’est fait sacrément remonter les bretelles).
    Ma soeur était parfaitement incontrôlable, à faire des crises à se pamer même grande, et je n’ai pas souvenir de coups non plus. En revanche c’est arrivé plus d’une fois qu’elle finisse dans la baignoire sous l’eau fraîche pour la calmer ou enfermée dans sa chambre jusqu’à ce qu’elle arrête son cirque dans les cas les moins « graves ».

  3. Je ne souhaite pas commenter ton article pour raisons personnelles (difficile sujet que la violence physique ou morale) mais je l’ai lu avec beaucoup d’attention.

  4. Je n’ai pas vu le spot mais en ai beaucoup entendu parler. Je n’ai pas reçu beaucoup de fessées dans mon enfance. J’étais une enfant plutôt calme. Et pour moi, il me serait inconcevable de lever la main sur une de mes filles. Mon compagnon pense la même chose. Des fois, il est évident que l’on y pense, que l’on se dit qu’elle ‘mériterait’ une fessée pour la calmer. Mais la raison revient vite. Et l’on trouve d’autres moyens, même si pour cela, il faut se poser un peu, et j’ai envie de dire ‘se poser en tant qu’adulte dans la famille’, réfléchir à comment sortir de la crise en faisant preuve d’autorité, en posant des limites strictes, mais sans frapper. Plus le temps passe, plus je suis convaincue d’être dans le juste. C’est vaste débat qui divise énormément, et autant dire qu’au boulot, mes collègues me regardent avec un petit sourire au coin des lèvres quand j’ose exposer mon point de vue, genre ‘celle-là elle va se faire bouffer!’. mais je tiens bon!

  5. j’ai pas vu le spot ma belle, mais je sais pas si ce que je vais te dire là va t’aider pour plus tard, j’ai deux grands enfants , ils ont 24 et 26 ans et ont reçu pas souvent des tapes sur les fesses quand ils étaient petits, (enfants) plus tard non car grands comprenaient mieux les interdictions.

    Comment te dire, parfois un petit va te pousser à bout et tu vas pouvoir tenter d’argumenter, de dire NON!!!! tu y arrives pas et parfois tu n’en peux plus et la fessée tombe (pas le visage, ni la main) mais sur les fesses et pas déshabillé!!!

    Et même si on a pas voulu ça faut reconnaitre que ça nous calme et l’enfant avec, à un moment les discours marchent plus.

    Pour le reste , ce que tu as vécu j’ai connu un peu pareil que toi, des parents (que d’ailleurs je ne vois plus depuis presque un an et ne reverrai jamais) des parents dont le père tapait et cherchait le prétexte alors que j’étais calme et réservée, une mère qui à l’âge des conflits se disait contrariée et ça me tombait dessus, des claques des coups de pied un jour, des giffles à tomber de la chaise et à faire pipi de peur….
    Je me suis jurée de jamais reproduire ça et j’ai réussi, il reste vrai que parfois ils ont eu une tape sur les fesses qui leur a pas fait mal car légère et les ont pas marqué à vie.

    Alors voilà toi qui a vécu des choses dures fais la différence entre TAPER et aussi les VIOLENCES MORALES que tu as eu et qui font autant de dégats que celles physiques et une fessée à travers une couche quand il est pas encore propre a dans les 18 mois et te fait un caprice du diable, de ce côté là je donne raison à NAMOUR et à toi AUSSI car je comprend ton point de vue, à cause de ce passé qui t’a marquée.

    Et puis tu verras avec AMOUR et BON SENS les enfants grandissent bien dans leur tête, ma petite kiara tu sais par mon blog me contacter en privé et je te répondrai si tu as envie d’en parler encore et à part je t’embrasse

  6. J’étais le même genre de gamine (et d’ado) que toi); j’en ai bouffé de la fessée et des baffes (parce qu’on se sait plus quoi faire de cette enfant); en tant que maman, je me suis toujours promis de ne jamais lever la main sur mon enfant. Je l’ai fait une fois, c’est parti tout seul, une petite gifle parce qu’il m’avait tapé, et j’ai pleuré pendant une heure… On ne peut en effet pas apprendre à un enfant à ne pas frapper en le tapant, c’est ridicule, et ça ne calme personne de se faire humilier, au contraire…

  7. Je pense qu’il ne faut pas penser que l’autorité passe par les gifles ou les fessées parce que « ça apprend la vie », c’est complètement con et ça prouve juste que les parents ont la flemme de faire une éducation, ou qu’ils ne savent pas parler à leur enfant.
    A l’inverse, rejeter toute forme d’autorité et laisser les gamins en friche est tout aussi mauvais : on n’éduque un gamin ni en le laissant faire tout ce qu’il veut ni en lui beuglant dessus.

  8. Je peux comprendre qu’une maman, fatiguée, ait des gestes de violence incontrôlés mais cela ne devrait pas être. Lorsque Fiston faisait sa colère, je le prenais par le bras, l’emmenait dans sa chambre en lui disant: nous allons nous calmer tous les deux et quand ce sera fini, tu reviens me voir. Il revenait , on se faisait un bisou et on n’en reparlait plus sur le moment. Quelques temps après, on essayait de s’expliquer sur la raison de sa colère.
    Un jour,son père lui a donné une tape,sa fesse portait la marque de l’alliance, il n’a plus jamais osé recommencer, le plus « chagrin » fut le père, le plus vexé fut le fils!
    J’ai trop subi les violences physiques de la part de mon père sur ma mère à cause de l’alcool que je ne peux plus supporter ni violence, ni alcool.
    Merci d’avoir permis ce débat en témoignant ce qui n’était sûrement pas facile à dire, gros bisous à tous les deux de Mireille du Sablon

    1. Ta première phrase : « Je peux comprendre qu’une maman, fatiguée, ait des gestes de violence incontrôlés mais cela ne devrait pas être » résume parfaitement ce que je pense.
      Merci pour ce commentaire Mireille.

  9. Je serais plus comme Namour moi, j’essayerais d’éviter mais je ne m’interdirais pas. Je pense que c’est lié à nos vécus, si j’ai pris des fessées et des claques petite fille, ça ne m’a pas blessée comme toi. Après c’était pas des frappes violentes et j’étais prévenue, je n’avais pas la tête qui valdinguait en arrière comme sur l’image (oui moi aussi je me demande s’ils l’ont vraiment frappé pour). Et 5 minutes après quand j’avais fini ma crise dans ma chambre, un de mes parents venaient me voir pour discuter et me consoler.
    En revanche on ne m’a jamais jeté un verre d’eau sur la tête ou mis à l’eau froide dans la baignoire pour me calmer, limite l’idée me semble aussi violente qu’une gifle et je ne me vois pas du tout faire ça tellement ça me choque.

    Ce qui m’a marquée moi c’est les gueulantes que j’ai prise, aujourd’hui encore quand le Chti crie je pleure immédiatement (que ce soit contre moi ou pas), et je suis incapable d’élever la voix moi-même.

    Pour moi le plus important c’est que l’enfant et le parent garde le lien et que personne ne soit blessé.

    1. Tu as exactement le même point de vue que Namour. C’est vrai que notre vécu y est pour beaucoup. Et c’est la raison pour laquelle j’essaierai de mettre en pratique mes principes d’éducation sans violence (ni verbale, ni physique). Je comprends que ça puisse « échapper ». Mais ça ne doit pas devenir systématique : pour moi, on ne doit pas menacer un enfant d’une gifle, d’une fessée, on ne doit pas le traiter de tous les noms non plus.
      Quant à la douche froide : je crois que ça me permettait de sortir d’un état dans lequel je m’enfermais quand je faisais une grosse colère (je devenais toute rouge, j’étais dans un état incontrôlable et ça me « réveillait ». Mais oui, je comprends qu’on considère ça comme une violence).

  10. En voilà un débat complexe !
    Je n’ai jamais reçu de fessée, claque et autres par mon père, il levait la main mais ne la baissait pas sur nous ! Ma mère elle nous en a mis des fessées, nous sommes 8 enfants et on peut dire qu’elle nous élevait pratiquement seule puisque mon père partait très tôt au boulot et ne rentrait que le soir… Un de mes frère (2 garçons, 6 filles) a été plus « turbulent » que les autres, exemple : chanter la chanson de Claude François « Si j’avais un marteau » avec un vrai marteau dans les mains et casser les carreaux de la maison… lui a pris plus de fessées que nous autres ! Pour une de mes soeurs (la plus âgée) il a été enfant « martyr » (un mot très, trop fort !), pour lui, je cite : « non j’étais casse couille et maman a eu bien raison » ! Ma mère regrettait de ne pas savoir comment l’empêcher de faire des conneries, s’en voulait de s’emporter et bien souvent pleurait dans son coin pour que ses enfants ne la voient pas.
    J’ai 3 enfants, ma dernière est surnommée Démonia par un de mes neveux ! elle enchaîne conneries sur conneries, provoc sur provoc. Mon mari et moi résistons un max mais parfois elle s’est pris des fessées….. les punitions ne marchent pas, les privations de télé, jeux, ordi non plus ! Ce n’est pas facile d’être parent, ce que j’essaie de faire un max c’est de respirer fort 3 fois, de mettre de la distance entre elle et moi (genre une table).

  11. J’étais pleins de principes, mais depuis la naissance de ma fille, je me rends compte comme c’est difficile. Ma mère l’appelle Calamity. Elle n’écoute pas & n’en fait qu’à sa tête.. Je tente de trouver toutes les punitions, ms rien ne marche vraiment. Je suis un peu désespérée & parfois, je laisse passer. Il m’est déjà arrivé de lui donner un tape sur la main ou le bras… ms je sais que ce n’est pas une bonne chose à faire. C’est difficile parfois, ms effectivement, il faut souffler très fort & prendre sur soi pour trouver des solutions.

  12. Ton avis est différent de celui de Namours (que je partage) simplement parce que ton vécu est différent. Les claques que tu as reçues de ton beau-père de sont celles d’un étranger et n’ont rien à voir avec celles que pouvait te donner ta mère, d’ailleurs tu parles de haine pour les premières et non pour les secondes. Je te souhaite de ne jamais avoir à corriger de cette façon ton enfant, mais tu ne peux pas être certaine de ne jamais y avoir recours, même à ton corps défendant. Quand on devient parent (et on ne finit jamais de le devenir) les certitudes volent souvent en éclats, il te faudra faire avec. Et surtout ne pas trop culpabiliser si tu déroges parfois à tes principes. Il m’arrive de corriger l’un ou l’autre de mes enfants mais j’essaye toujours d’accompagner mon geste d’une discussion après coup (c’est le cas de le dire!). Et je fais très attention à mes paroles, car la violence verbale, les humiliations et le rabaissement permanent, c’est ça qui fait le plus mal. J’ai eu les cheveux tirés, des fessées et des claques dans mon enfance mais jamais mes parents ne les ont accompagnées de paroles blessantes ou humiliantes, voilà sans doute pourquoi elles ne m’ont pas fait plus de mal que celles qu’a dû recevoir Namours.

    1. L’argument du « beau-père » ne fonctionne pas selon moi. Car quand j’étais enfant, je considérais cet homme comme mon père (il a joué ce rôle que mon véritable géniteur n’a jamais endossé). J’aurais encore moins compris (et accepté) que mon véritable père lève la main sur moi.
      Je comprends très bien que dans un moment de perte de contrôle, on puisse lever la main et le regretter (c’est l’avis de Namour). Je sais bien que je ne peux pas être certaine de ne JAMAIS lever la main. Mais ce que je voulais exprimer dans ce billet c’est que j’essaierai de ne pas y avoir recours, j’essaierai de mettre en pratique mes convictions. Je crois que je culpabiliserai énormément si je déroge à ce principe (je me connais) car j’ai subi la violence (verbale et physique).

  13. C’est complexe… Chacun a son vécu, sa propre histoire et aussi son propre « seuil de tolérance » par rapport à la violence, qu’elle soit verbale ou physique. J’ai envie de dire « avant j’avais des principes maintenant j’ai des enfants », et on ne peut jamais dire « jamais » même si on en est persuadé. Je parle pour moi bien sûr. Et je ne juge pas ceux qui perdent patience, parfois, (je me compte dedans) même si on est des adultes et qu’on doit se contrôler ; car les enfants ont le don de te faire sortir de tes gonds en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, même les plus « faciles » testent l’autorité en permanence, ou ont leur période « sans ». Sans aller jusqu’à la maltraitance bien sûr, que je condamne. Parfois une simple respiration ne suffit pas, quand je sens que ça va exploser à la maison je fais sortir le « fauve » dehors et moi je vais ailleurs dans une autre pièce, mais c’est parfois plus facile à dire qu’à faire. Quand le soufflé est retombé, on cause. Bref, pas simple.
    Je n’ai pas vu (et n’ai pas l’intention) de voir le spot, et je ne regarde quasi plus les infos depuis un bon moment. Je suis l’actu à la radio sur la route le matin, et ça me suffit amplement.
    Bises (et je plussoie le com’ de l’Ecritoire ci-dessus).

    1. Il y a quand même une différence entre une claque/fessée donnée à bout de nerfs, dans un moment d’égarement, parce qu’on n’arrive plus à se contrôler et les claques de ceux qui répètent à qui veut l’entendre que « ça ne fait pas de mal » et « ça permet de remettre les enfants sur le droit chemin sinon c’est l’anarchie ». Nul n’est parfait mais l’important c’est d’avoir pour principe de base de ne pas frapper. Si on s’autorise une fessée de temps à autre, comment savoir ensuite si on est dans l’éducation ou dans la maltraitance?

  14. Merci beaucoup, de partager ton ressenti et vécu, et merci de me mettre en lien! C’est quand même quelque chose de fou les réaction de l’on peut déclencher avec ce sujet! Et il y a tant d’amalgames… Effectivement comparer la fessé donné a bout de nerfs, et la fessé qui va remettre les idées en place!!!

  15. Ce sujet me laisse perplexe. Je ne pense pas qu’il faille mettre dans le même panier la violence de la vraie maltraitance et des frappes systématiques ainsi que celles à visée « éducative » avec la tape occasionnelle qui occasionne plus de dégâts chez le parent qui a donné la tape que chez le gamin qui a reçu.
    Je suis enceinte du premier, je ne sais pas du tout quelle mère je serai et j’ai très peur des grandes idées qu’on peut avoir et qu’on n’arrive pas à tenir

  16. Vaste débat…
    Mais il y a une grosse différence entre violence physique/morale quotidienne et la fessée qui part après moulte « non », interdictions etc…
    J’ai eu des fessées petites pour diverses raisons/bêtises mais quand ça arrivait c’est que j’avais poussée à bout ma mère. Je n’ai eu qu’une fessée avec mon père (mon frère également) dont j’ai oublié la raison (j’avais dû sacrément la chercher) mais qui m’a marqué à vie, il ne nous grondait que rarement avec mon frère mais un jour « c’est parti tout seul ». La taille de sa main n’était pas la même que celle de maman, on s’en est souvenu !
    Ma grand-mère nous menaçait de son martinet quand on était pas sage ou d’un torchon mouillé. Nous n’y avons jamais gouté, voit le martinet sortir de son tiroir suffisait à nous calmer.
    Mon frère a eu le droit à une douche, moi jamais. On m’envoyait dans ma chambre où j’allais bouder sur l’escalier.
    Chacun son vécu c’est certain mais je n’ai pas été « traumatisée » pour autant.
    Avec ma fille, je dialogue beaucoup, je lui explique tout, ce qui est bien pas bien, pourquoi ne pas faire ci ou ça mais à presque 2 ans, elle a déjà un sacré caractère (bretonne power !) et nous teste beaucoup surtout moi et sait se montrer très très dure… J’avoue qu’elle a déjà eu la tape sur les fesses (à travers le pantalon !) après m’avoir poussée à bout à la fin d’une journée où elle m’en avait fait voir de toutes les couleurs… Je ne pense pas pour autant la traumatisée, ça lui a remis les idées en place et elle a été adorable ensuite, on a fait pleins de dessins avec des gommettes (et pas sur la fenêtre cette fois…) !
    J’estime qu’il y a un juste milieu et qu’une fessée comme ça n’est pas de la maltraitance.

  17. Merci, j’ai lu ton article avec beaucoup d’attention.
    Je suis l’aînée de 4 enfants. J’ai grandit dans une famille ou les enfants doivent garder leur place d’enfants, ou l’on ne doit pas donner son avis, ou ça doit marcher droit.
    Oh bien sur nous n’avons pas été battu, mais j’ai reçu des fessée, des claques et des menaces suffisamment bien placées pour avoir encore aujourd’hui, à 32 ans peur de ma mère, peur de ce qu’elle va penser de ce qu’elle va dire…
    J’ai fait une grosse dépression lorsque j’avais 17 ans, je me suis battue pour remonter la pente tout en cherchant à comprendre pourquoi j’avais si peu confiance en moi. Avec du recul mes parents n’ont jamais cru en moi et le si peu de confiance que j’avais ils me l’on pris en criant haut et fort que c’était pour mon bien…
    Je suis maintenant maman de 2 enfants une fille de 5 1/2 et un garçon de presque 3 ans. J’ai commencé à « élever » mes enfants avec des fessées comme on me l’a appris en disant « ça ne fait pas de mal » et rapidement je me suis rendu compte que ce n’était pas possible, qu’il fallait que je change, que l’on fasse autrement avec nos enfants. C’était surtout moi qui frappait même si ce n’était pas fort et pas souvent, je frappais.
    Quelques mois après la naissance de mon fils avec mon mari on a décidé de faire autrement, on a choisit l’éducation non violente, que j’ai essayé d’expliquer à mes parents. Cela a finit en énorme dispute et ma chère maman m’a traiter de « conne » et de « connasse », elle ne pouvait pas me gifler mais ça m’a fait presque plus mal.
    Aujourd’hui je me bat contre ce « réflexe » que l’on m’a inculqué la fessée, frapper pour se faire entendre. Il m’arrive encore de le faire, ça part malgré tout et je le regrette avant même de les avoir touchés. Je suis convaincu de tout ce que tu as pu expliquer et pourtant c’est dure de changer. Mais j’y met toutes mes forces et tout mon cœur pour ne plus lever la main sur mes enfants car je reste persuadé que c’est le meilleur choix.

    1. Merci pour ton commentaire. J’en ai la chair de poule et les larmes aux yeux. Ça fait tellement de bien de lire ça, ça me redonne confiance parce qu’autour de moi, j’entends le fameux discours qui veut que « ça ne fasse pas mal ». Oui, il faut se battre parce que c’est dur de changer. Mais essayer, c’est déjà progresser! Bravo. Bonne continuation dans l’éducation non violente, tu es sur la bonne voie. 🙂

  18. Bonjour Kiara,
    J’ai souffert en te lisant de n’avoir pas réagi le première fois que ces gestes se sont produits!
    Alors que consciemment je le savais, mais pourquoi ai-je laissé faire et surtout fais moi-même ces gestes en t’envoyant de l’eau en plein visage, je suis absolument désolée et te demande : pardon pour tout ça!
    j’ai les larmesa

  19. oups,
    j’ai les larmes aux yeux en t’écrivant ce com, mais je me dois de te demander ce pardon afin de retrouver une paix entre nous, j’aimerai que nous pourrons en reparler.
    En attendant, sache que je t’aime,ma fille, tu peux comprendre cet amour entre mère et fille car tu es maman aujourd’hui .
    Je t’embrasse très fort
    Mamoune

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