Coup de gueule·Je ne m'énerve pas j'explique·Personnellement moi-même je pense que je...

Vulve et vagin : révise ton anatomie

Depuis que je suis en arrêt, j’ai du temps libre. La télé est plus souvent allumée et Internet me voit plus régulièrement surfer.

Il y a quinze jours, je zappais pour essayer de trouver un programme TV regardable. Je suis tombée sur une chaine de la TNT dont j’ignorais jusqu’à présent l’existence. Série TV américaine, dont je n’ai pas retenu le titre. J’écoute quelques seconde, distraitement. Et là, j’entends le personnage féminin parler de son vagin. Mais en fait, je comprends qu’elle parle de sa vulve. Bon, une confusion, ça peut arriver. Les traducteurs, qui doivent être des hommes ;-), se sont certainement trompés.

Mais la semaine dernière, en surfant sur le Web, de blog en blog, de facebook en twitter, d’article en article, je tombe sur une discussion à propos de questions d’enfants : « par où sort le bébé? ». Et là, une maman raconte qu’elle a expliqué à sa fille que l’endroit par où elle faisait pipi s’appelait un vagin et que c’était par là que le bébé sortait. Là, j’ai tiqué. J’ai lu les autres commentaires. Non seulement, personne ne la reprenait, mais j’ai trouvé d’autres messages de femmes qui confondaient vulve et vagin.

Je suis tombée récemment sur un autre article, parlant de l’accouchement. Dans les commentaires et sur le forum, des femmes posaient des questions ou parlaient de leur expérience. Et, je vous le donne en mille… quelques unes confondaient les deux termes, parlant notamment du fait qu’à la maternité, on lui avait « rasé le vagin » (sic). Je ne savais pas qu’on avait des poils à l’intérieur de ce tube…

Je me suis rendue compte qu’en fait, de nombreuses jeunes filles et femmes ne connaissent même pas le terme « vulve » et désignent la globalité de leur sexe par le mot « vagin ».

Ce n’est pourtant pas la même chose!

La vulve, c’est ça :

L'origine du monde, Gustave Courbet, 1866. Huile sur toile, 46 cm x 55 cm, musée d'Orsay.
L’origine du monde, Gustave Courbet, 1866. Huile sur toile, 46 cm x 55 cm, musée d’Orsay.

l’ensemble des organes génitaux EXTERNES de la femme. La vulve (du latin volva, puis vulva « utérus ») est constituée des petites lèvres et des grandes lèves.

La vulve cache l’entrée du vagin qui est un tube, comme son étymologie (du latin vagina, « fourreau ») nous l’indique, qui relie l’utérus à la vulve.

*

Suite à ces lectures, je me suis alors demandé : quand on méconnaît à ce point les termes de son anatomie, méconnaît-on aussi leur localisation?

N’est-ce pas un manque de culture que de ne pas savoir comment se nomme son anatomie la plus intime?

Que penser de ces femmes qui commentent en parlant de leur accouchement sans maitriser les mots qui désignent leur sexe?

*

Je n’ai pas de réponse, mais confondre vulve et vagin, si cela peut paraître anodin, me semble tout de même grave. Notamment pour comprendre le gynécologue, la sage-femme.

Et puis je suis tombée sur ceci, en cherchant une image pour illustrer cet article :

Source : http://www.allodocteurs.fr
Source : http://www.allodocteurs.fr

Réponse du Dr Hélène Jacquemin Le Vern, la gynécologue-sexologue qui interveint dans l’émission :

« Si on parle de crème c’est plutôt pour la vulve[…] La vulve c’est l’entrée du vagin, les petites lèvres, les grandes lèvres et le vestibule. »

Et je me dis que méconnaître son anatomie et les termes qui y sont associés, cela peut être dangereux, notamment lorsqu’on doit utiliser des médicaments.

Ce n’est qu’un exemple, mais il révèle le manque de culture de toute une partie de la population. Ces femmes n’ont-elles pas eu une mère qui leur a parlé de leur corps? N’ont-elles pas suivi les cours de SVT en 4ème? Ont-elles compris ce que leur disaient leur gynécologue, sage-femme, médecin? Je ne critique pas ces femmes, mais je m’interroge sur la méconnaissance de certains termes et leurs conséquences.

Ne pas utiliser les bons termes, ne pas connaître son corps, cela peut avoir des conséquences. Les mots de notre langue, quels qu’ils soient ne devraient pas être tabous.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Advertisements

33 réflexions au sujet de « Vulve et vagin : révise ton anatomie »

  1. Je me suis confronté au problème avec ma fille. J’avais commencé par appelé « zizi » comme tout le monde, et puis elle m’a dit que c’était des « fesses ». Donc j’ai commencé par lui dire que les filles avait un vagin, les garçon un pénis. Puis je me suis reprise et je lui ai dit qu’elle avait une vulve. Mais difficile à 3 ans, au moment où tu commences à nommer les choses d’expliquer les différences chez une fille. Alors je em dis dans une famille où on nomme pas les choses pas leur nom (nenette et autres zezettes), on a vite fait de tout confondre non????

    1. Je crois que c’est une question d’âge aussi, je ne me vois pas dire à ma fille : « lave-toi la vulve comme il faut ». J’utilise des termes enfantins mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable de lui expliquer les choses avec les bons mots… C’est juste que pour le moment les mots enfantins lui suffisent, elle n’a pas encore, à 5 ans, la nécessité absolue de savoir qu’elle a un vagin à l’intérieur…
      En revanche je trouve grave que des ados et adultes ne le sachent pas!

  2. Totalement d’accord, les mots sont essentiels! Comme tu dis, une crème pour la vulve ce n’est pas pour le vagin!

  3. Je te trouve un peu dure dans ton article…La méconnaissance de l’anatomie féminine n’est pas un signe de « manque de culture » mais dépend du rapport que chacune peut avoir avec son corps.La société patriarcal encore dictée par des doctrines religieuses dans laquelle nous évoluons n’est pas innocente dans l’opacité qui occupe le sexe féminin . La vulve est encore un mot tabou dans nos société très pro-masculine.. Tout le monde sait où se trouve un zizi , il est bien plus plus difficile de nommer précisément toute les partie du corps féminin. Et je trouve ridicule de pointer du doigt les jeunes filles qui sont dans l’ignorance..

    1. Mon but n’était pas du tout de me moquer de ces jeunes filles et femmes. Bien au contraire car je trouve qu’elles sont victimes de cette ignorance qui peut leur porter préjudice. Je soulevais juste le fait que cela peut s’avérer dangereux de ne pas connaître sa propre anatomie.
      Quant aux hommes, j’aurais pu faire un article identique sur leur pénis : certains ne savent pas nommer les différentes parties de leur sexe alors que, comme tu le dis à juste titre, tout le monde sait ce qu’est un zizi.
      Il y a encore quelques décennies, parler du sexe féminin était tabou. Mais depuis quelques années, on en parle énormément : c’est fou le nombre de fois où on entend (à la télé, à la radio), où on lit (dans les journaux, sur les affiches publicitaires, etc.) le mot « vagin ». Parlons-en, ce n’est pas tabou mais autant utiliser les bons termes!

  4. Si tu savais le nombre de gens que j’entends dire, à propos de leurs enfant et du sexe en général « on ne lui a rien appris, y’a l’école et la tv pour ca..  »
    J’ai eu la chance d’avoir des parents qui parlaient de tout sans tabous et de connaître les bons mots car tu as raison, la méconnaissance des termes peut avoir des conséquences dramatiques.

    Bravo pour cet article, je t’embrasse

  5. Tabou ou méconnaissance, la confusion des mots est courante. Tu fais bien de souligner que si parfois cela peut faire sourire, il est des cas où ça craint quand il s’agit de soins. Il fallait que ces choses-là soient dites ! Bon lundi Bises

  6. Je trouve ça dérangeant ( bonjour le manque de culture) et assez grave comme être totalement épanouie dans son corps si on ne le connait pas un minimum !!!
    Et je ne comprend pas les parents qui ne veulent pas expliquer les choses convenablement à son enfant ! Ici pour le moment , on parle encore de « zezette » ma grande n’ayant que 6 ans, mais plustard je lui parlerais du terme exacte mais par contre , vue qu’elle m’a posé la question, elle s’est par ou les bébés sortent !!!
    Bonne journée !!!

  7. D’autant plus qu’une méconnaissance de son corps dans ce qu’il a de plus intime peut avoir des conséquences sur sa sexualité, et sur son être de façon globale, voire ensuite sur celle de ses enfants: comment expliquer leurs corps à ses enfants si on sait pas nommer les choses et appeler un chat un chat. Parler de son corps est trop souvent tabou, il ne s’agit pourtant pas d’être libidineux. Je crois qu’il y a encore un gros travail à faire notamment à l’école, apprendre la sexualité sans pudibonderie permettrait de remettre les choses à leur place en donnant une vision « propre » de la sexualité, surtout chez les ados qui ne la voient qu’à travers les pornos. On éviterait sans doute bien des comportements à risques.

  8. hé oui… moi je l’apprenais à mes élèves en 4ème, mais à cet âge là, ils s’en fichent beaucoup des termes exacts… si tu savais tout ce que j’ai vu en contrôle… des trompes chez les hommes, des testicules chez les femmes…
    Et après, on ne leur en parle quasiment plus jamais… c’est bien dommage…

  9. Très pertinent, ton article.
    J’ai malheureusement le même sentiment que toi, au travers de ce que je lis ou de ce que je peux entendre.
    J’espère que tu te portes bien en ce début juin, Bonne journée,
    Nathalie

  10. bonjour Kiara, je constate que ton arrêt fera l’objet de cours d’anatomie, merci d’en faire un article qui éclairera peut-être des lanternes,( un peu faibles en lumières!!!) je ne pensais pas qu’aujourd’hui encore on pouvait ignorer à ce point les termes en ce qui concerne notre corps!
    Quant au corps masculin, j’entends beaucoup de commentaires sur les problèmes prostatiques et les fonctions de ces glandes! tout cela bien sur dans le cadre des maladies comme le cancer..
    Je m’investis de plus en plus à donner aux personnes qui ne connaissent pas le fonctionnement de notre corps, à regarder cette émission sur cette chaîne de télé, » que j’ai eu le plaisir de regarder lors de mes hospitalisations  »
    Voilà pour aujourd’hui, je te souhaite une agréable journée, profites du soleil pour prendre des vitamines….gros bisous à bientôt..Mamoune
    ps: je vais faire un article pour donner de mes nouvelles, très bientôt

  11. Je ne suis malheureusement pas étonnée de ce dont tu parles! Comme je le lisais plus haut, on apprend notre anatomie à un âge où il est plus facile de rire bêtement que de s’y intéresser… résultat, on sort de là sans connaître notre corps. Et à moins de s’y intéresser, je trouve que les médecins (les gynécos, pour ne pas les citer), ne nous aident pas non plus…

  12. Bonjour Kiara, nous avons tous les moyens de communication possible et pourtant la méconnaissance des corps est flagrante. Les adultes, les jeunes vont à l’essentiel et ne prennent pas le temps de nommer correctement les choses. Mais tu as raison, les connaissent-ils vraiment?
    Bonne journée, gros bisous de Mireille du Sablon

  13. Tu es mal barrée si tu commences à regarder dans ces trucs là. J’ai une amie qui essayait de faire modo sur des forums de « jeunes filles en fleurs » pour éliminer les idées reçues nocives. Il y a tellement de boulot, c’est une tâche sans fin. Il faut être très patient et moi j’explose à vue, les gens qui écoutent pas quand on leur explique ça m’énerve.

  14. ma mère n’a jamais abordé ces sujets avec moi. au collège, en biologie à l’époque, c’était abordé, mais succinctement. et je n’ai gardé aucun souvenir de tout ça. Je fais partie de ces personnes qui ont su tard différencier les deux. je savais pas que c’était pas clair cette affaire là, mais j’osais pas demander (pas d’internet à l’époque pour demander sans se faire voir)… pis un jour j’ai fini par demander à mon gyneco. Je devais avoir à peine plus que 20 ans… il était temps! 😉 je peux te dire qu’avec ma 3 ans, j’emploie le terme zezette… mais vulve tout autant. vagin, elle ne le voit pas… alors on verra plus tard! 🙂

  15. Tu as bien fait d’en parler…
    A notre époque (une trentaine d’années) on ne parlait pas de ces choses même chez le médecin.
    Notre mère nous avait parlé des règles à nous les filles (3) et sans plus.
    La vie nous a fait découvrir beaucoup de choses et je peux parler de ces cchoses avec ma fille actuellement.
    L’école a fait un bon en avant en parlant sexualité au jeunes et en expliquant le fonctionnement du corps du garçon et de la fille.
    portes-toi bien, bise
    @nnie

  16. Cette méconnaissance vient avant tout de l’éducation donné dans les écoles et (surtout) de ce (très vieu) tabou autour du sexe de la femme…
    Merci de remettre les choses à leur place =)

  17. Je travaille en maternité….Et des inepties du genre,j’en entends quasiment tous les jours! (et oui…).Jusqu’à la femme qui,après une hysterectomie,demande si c’est parcequ’elle ne saigne plus « en bas » qu’elle se met à saigner du nez….?
    Il est affligeant de voir le nombre de femmes (je ne parle même pas des hommes…)qui ne connaissent pas leur anatomie et encore moins les termes appropriés…
    Merci pour votre article!

  18. Ca me touche particulièrement car j’ai découvert le terme « vulve » à l’âge de 30 ans, après la naissance de mon premier enfant. Le sexe féminin se résumait pour moi au vagin et je n’avais toujours entendu que les mots d’enfants: foufoune, zézette, minou, etc…
    Pourtant j’ai fait un Bac S car j’adorais la biologie, j’ai été jusqu’à Bac +4, je passe mon temps le nez dans les livres et ma mère m’a toujours parlé de sexe sans aucune honte.
    Je serai donc mal placée pour jeter la pierre aux autres. Et j’ai eu tellement honte de mon ignorance à l’époque que je tiens à utiliser les vrais mots pour mes enfants. A 3 ans, je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à parler de vulve et de testicules, il n’y a aucun intérêt à dire zizi si ce n’est de semer le trouble dans l’esprit d’un enfant et le voir dire encore zizi 10 ans plus tard en cours de bio…

  19. La méconnaissance vient surtout de la maman qui n’a pas appris à sa fille les bons termes. Et là nous revenons aux échanges des termes de la sexualité, du corps masculin et féminin dans notre société encore si prude et qui déteste appeler un chat, un chat.
    J’ai eu la chance d’avoir sous la main, les livres adéquats pour me renseigner, sans même demander la permission, lol. Les cours à l’école en biologie, cours approfondi et pourtant c’était en 1970, et nous rougissions, nous les filles, l’école n’était pas encore mixte.
    Si j’ose parler de sexualité, parce que j’en parle librement avec un des enfants de mon mari qui ont tout de même autour de la quarantaine, je suis regardée de travers parce que j’ose parler de « cela » librement.
    Ce sujet hélas reste encore très tabou.
    Je puis en parler très librement, et je l’écris aussi sous forme de poèmes. Sur mon blog, j’y mets un mot de passe, mais dans un autre ailleurs, j’y écris en toute liberté. Je n’ai pas lu les commentaires, je reviendrai les lire.
    Là maintenant au dodo…..

  20. Le problème n’est pas pour les termes enfantins, je me vois mal parler en terme anatomique à mon enfant mais pour les femmes adultes. Il y a encore tellement de femmes qui considèrent leur anatomie comme taboue et qui ne comprennent pas ce qui se passe dans elles

  21. Alors là, j’avoue que je suis surprise par autant de méconnaissance ! Surtout que les nouvelles générations parlent plus librement, ont beaucoup de sources d’information. Comme quoi, tout reste à faire ! C’est un tabou, c’est mal enseigné en cours, et beaucoup n’osent pas en parler ou poser des questions à un médecin.

    1. C’est un billet qui a beaucoup de succès… sans doute parce que la question du vagin poilu se pose encore… la preuve avec votre article! Merci de votre visite!

N'hésitez pas à donner votre avis :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s