Le titre est bien au féminin : je suis entourée de femmes et ce n’est pas toujours un bonheur… Je vous en avais déjà parlé et ces charmantes personnes ont remis ça.

Cette année, j’ai passé le concours pour être titularisée. Les résultats tombaient jeudi. Je ne suis pas admissible. Échec. Encore raté. L’éducation nationale ne veut toujours pas de moi. Officiellement. Parce qu’officieusement, ils sont bien contents de me trouver pour faire le boulot dont personne ne veut (poste à 1h de chez moi, temps complet + heures sup, 7 niveaux, 4 matières…).

Réaction d’une de mes collègues que j’adore, jeudi après-midi :

– Ça va aller? Je suppose que tu es déçue.

– Oui, j’en ai marre, là. J’ai l’impression que je ne vais jamais y arriver.

– Mais si, ça va venir, tu es une bonne prof. Et puis cette année, il y aura quand même du positif, me dit-elle en regardant mon ventre avec un sourire. 🙂

– Oui, j’aurais au moins réussi quelque chose cette année, souris-je en songeant à mon petit papillon qui pousse.

Et là, j’entends un commentaire, venant d’une voix féminine dans la salle des profs :

-Et encore, c’est pas sûr.

*

Une collègue arrive en trombe et hurle à qui veut l’entendre (ou pas, d’ailleurs) :

– Je serais absente dans quinze jours, je pars en formation, je suis admissible!

Tout le monde la félicite, y compris moi (qui sais se réjouir pour les autres).

Une de nos collègue lui fait comprendre de baisser d’un ton. Et me regarde.

– Ben quoi? Han, toi tu l’as pas eu?

– Non, pas admissible.

– Ben c’est dommage. Mais bon, quand même, moi je suis admissible. Je le méritais, il faut dire que j’ai travaillé dur.

Et moi, je me suis tourné les pouces, peut-être? Je vous jure…

*

Vendredi, je me retrouve en salle des profs avec les mêmes collègues. Un goûter est servi pour l’anniversaire d’une autre prof. Je reprends un petit gâteau.

– Tu devrais faire attention, c’est dur à perdre les kilos de grossesse, me sors ma collègue-admissible-au-concours.

– Pour le moment je n’ai pris que 4 kilos en 4 mois donc ça va…

– Oui, enfin…

Enfin quoi? J’étais déjà grosse avant, c’est ça? Je ne réponds pas. Une de mes collègues se souvient qu’elle devait me donner le numéro de sa nutritionniste. Elle s’empresse de le faire :

– Grâce à elle j’ai évité le diabète gestationnel pour ma seconde grossesse, elle est très bien.

– Merci beaucoup. J’espère pouvoir la caser dans mon emploi du temps. J’ai l’impression d’être un ministre depuis que je suis enceinte. C’est fou le nombre de RDV qu’on doit prendre. Et avec mon poste, pas facile de les caser, dis-je en souriant.

– Oh ça va, arrête de te plaindre, pense à toutes celles qui ne peuvent pas avoir d’enfant! me lance ma collègue-admissible-au-concours.

Et là, je la regarde, incrédule.

– Tes remarques, tu peux te les garder. Tu ne connais rien de ma vie. Ce bébé, c’est un bonheur que longtemps j’ai cru ne jamais connaître.

Et je suis partie.

Ma chef d’établissement « m’attrape au vol » :

– Kiara, pour ta demande d’échanger une heure avec ton collègue de maths, c’est pas possible.

– Mais, nos élèves seront en stage dans quinze jours, on vient tous les deux pour une heure. Je pensais prendre mon RDV chez la sage-femme.

– Tu dois comprendre qu’il n’y a pas de passe-droit. On refuse pour tout le monde. Vos convenances personnelles n’ont pas à passer avant les élèves.

Oui, bien sûr! Et la collègue-admissible-au-concours qui part en formation tous les mois? Les élèves ont raté de nombreuses heures, ses convenances personnelles ne sont pas passées avant eux? En plus, comme elle sera absente, ils auront des trous das leur emploi du temps donc ils iront en permanence. Bravo, belle organisation!

*

Être prof, c’est travailler en équipe. Enfin, normalement. Comment travailler avec de telles collègues? J’ai essayé. Mais je jette l’éponge.

Je me réjouis quand même, ma collègue-admissible-au-concours sera absente la semaine précédent les vacances… 🙂

*

Etre prof - Tableau noir - Kiara
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