Etre prof #9 : accompagner les voyages scolaires

Cette semaine, mes élèves de première sont en voyage scolaire en Angleterre.

Lorsqu’un séjour pédagogique est proposé, peu importe sa durée, peu importe sa destination, il faut des accompagnateurs.

Généralement, le chef d’établissement propose aux professeurs des classes concernées de les accompagner. Pour deux raisons : d’abord, parce qu’on connait les élèves ; ensuite parce que comme nos élèves sont absents, on a des heures de libres.

Dans la plupart des établissements que j’ai fréquentés, ça se passe ainsi. Ensuite, l’enseignant accepte ou refuse, en fonction, bien souvent, de ses obligations familiales.

Dans le lycée où je travaille, ça ne se passe pas ainsi.

Le professeur qui organise le voyage (ici, le professeur d’anglais des deux classes de première) choisit les personnes avec qui il veut partir. Ainsi, la prof de SVT d’une des classes, la prof de maths des deux classes, l’autre prof d’anglais et la prof de techno des deux classes sont parties… entre copines! Elles ont organisé leur petit voyage toutes les cinq, sans demander leur avis ni au chef d’établissement, ni aux autres collègues (qui auraient pu trouver un intérêt pédagogique au voyage).

Je me fiche qu’on ne m’ait pas demandé, j’aurais refusé de partir (je suis sur deux établissements, je ne peux pas quitter mes classes une semaine). Mais c’est une question de principe : on ne favorise pas ses copines au détriment des élèves.

En début d’année, je vous avais fait part de mon problème d’intégration dans cet établissement. Depuis, je sais que cela ne vient pas de moi. J’en ai eu une nouvelle confirmation avec ce voyage. Étonnamment, depuis que les cinq copines sont parties, tout le monde est plus détendu en salle des profs. Plus personne ne critique les autres ouvertement (ça fait plaisir d’entrer dans la salle des profs et d’entendre les mouches voler alors que cinq secondes avant, les profs s’esclaffaient), se tire dans les pattes (on se croirait dans la cour du lycée).  L’ambiance est bien meilleure.

Si seulement elles pouvaient rester à Londres et ne pas rentrer vendredi soir…

Etre prof - Tableau noir - Kiara

Vous aussi, parmi vos collègues, certains ne vous manquent pas quand ils sont absents?

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44 commentaires

  1. ah ben moi, je suis loin de certains de mes collègues qui m’ont créé bien des soucis et bien heureuse de ne plus avoir affaire à eux, ils ne me manquent pas du tout , dans mon cas, c’est moi qui suis absente, je crois que je ne leur manque pas du tout!!
    allez, courage il te reste que quelques mois, et après…vacances…
    Il y a dans tout travail des indésirables…..
    gros bisous à bientôt..Mama-moune

    1. Si, tu dois leur manquer : ils n’ont plus de bouc émissaire! Enfin, ce temps-là sera bientôt révolu!
      Dans tout travail il y a des collègues pénibles, heureusement qu’on ne les supporte que quelques heures par semaine. Mais ce serait quand même plus agréable d’aller au travail si tout le monde y mettait du sien!
      Depuis que je suis en arrêt j’ai quatre collègues qui ont pris de mes nouvelles. Ça fait plaisir.
      Gros bisous Mamoune.

  2. arf ça me rappelle l’ambiance à mon taf … et après on se demande pourquoi je mange seule dans mon bureau devant mon PC !
    en tous les cas, j’hallucine qu’elle ait demandé à ses copines d’accompagner les classes et que le proviseur ne dise rien… c’est space quand même !
    pleins de bisous ma Kiara 🙂 ça fait plaisir de te lire 😀

    1. Merci Thalie. Je vais essayer de revenir une fois par semaine (au mieux).
      Le chef d’établissement n’a rien dit : pas étonnant, bien souvent ils ne s’occupent que de l’administratif, peu de l’humain. Mais son adjointe est aussi du genre à copiner donc ce n’est pas elle qui dira quoi que ce soit!
      J’ai trois collègues avec qui je m’entends très bien au lycée, je mange avec elles.
      Gros bisous Thalie.

    1. J’étais bien tranquille pendant la semaine, en effet!
      Ce genre de collègue met une mauvaise ambiance, c’est dommage.
      Bises.

  3. Au moins c’est super que tu saches que le problème ne vienne pas de toi mais de ce groupe de femmes ! Et avec un peu de chance va y avoir une grève d’Eurostar ? Ou que les ferrys ne passeront plus !

    1. Même pas de grève, ni de tempête, rien! Tout le monde est revenu, même les élèves (enfin, ils ont failli en perdre 3).
      Je suis en arrêt et elles ne me manquent pas (moi non plus visiblement… les collègues avec qui je m’entends bien m’ont envoyé un mail pour prendre de mes nouvelles, ça fait plaisir).

  4. coucou, et bien, c’est pas cool cà, comme quoi, dans tous les lieux de travail quels qu’ils soient (heu, je sais pas si j’ai bien orthographié là, lol)on trouve des clans et des gens pas sympa, allez, profite de la semaine sans elles, gros bisous

    1. J’ai profité de ma semaine cool dans la salle des profs! Et mes collègues aussi : on pouvait parler calmement et librement, c’était super!
      Gros bisous.

    1. Merci, j’aurais dû vous demander! Pas de panne, pas de grève, pas de tempête, rien : ils sont tous rentrés!
      Du coup on a eu droit aux souvenirs, aux fou-rires, aux cachoteries « entre copines »… Pfff! Vivement que ce soit un lointain souvenir…

    1. Hé oui, le copinage est partout. Et c’est malheureux que ça passe avant le sérieux qu’exige le travail!
      Gros bisous divine Dame Céleste.

  5. J’ai vu de tout dans les équipes de langues, voyage à l’ancienneté, voyage en copinage, voyage pour tous les membres de l’équipe pédagogique parlant un peu anglais et désirant s’intégrer à un projet…Quelque part c’est mieux de partir avec des collègues avec qui on s’entend bien, c’est plus simple, mais nous en tout cas chez nous il y a obligation d’avoir deux profs de langues, et le chef impose aussi au moins un homme, et c’est vrai que c’est mieux en partant avec des ados…C’est un voyage pour les élèves, pas le club med entre copines! Mais l’important dans ton cas c’est que ce soit une semaine de gagnée!

    1. Oui, c’est mieux de s’entendre, en effet. Mais quand même, je trouve que ça doit être rattaché à un projet. Parce que seuls deux des profs partis avaient participé à la création du voyage. Les autres ont juste profité (et ne s’en serviront pas dans leurs cours).
      Un homme est parti avec les « copines ». Le pauvre, je crois qu’il a vite regretté, vu l’ambiance à leur retour…
      Visiblement ça a été un peu les vacances : les copines ont fait du shopping, les copines ont pique-niqué, les copines ont pris des photos, les copines ont rapporté des souvenirs… On n’a pas fini d’en entendre parler! Heureusement, je suis en arrêt maladie et j’enchaine ensuite avec les vacances… Quatre semaine sans les entendre!

      1. Oui on râle parce qu’on dit que les gosses partent pour s’amuser et faire du shopping et pas pour le côté culturel, mais je vois que les accompagnateurs chez toi ne font pas vraiment mieux!

  6. J’ai vu ça aussi, plusieurs fois, voyage entre copines/copains/potes… j’arrive aussi à le comprendre (en partie), tu organises qqchose, autant partir avec qq’un que tu apprécies, si c’est pour partie et se faire la gueule… mouais bof…
    Mais je me souviens d’une année où j’étais devenue verte qu’on ne me l’ait pas proposé!!!

    Pour ma part, les voyages scolaires, c’est non merci! Tu te crèves à monter tout un projet pour faire de la garderie non stop pendant une semaine et sans un merci des parents!!
    Sans compter qu’aller à Rome, Barcelone, Paris ou Londres en bus, non merci!

    Et pour l’ambiance, je compatis. Moi ça va un peu mieux: je vais en parler sur mon blog bientôt. 🙂

    Bises 🙂

    1. Oui, j’ai vu que l’an prochain tu ne seras plus que sur un seul établissement! Ça me fait plaisir pour toi!

      Que les profs qui se sont investis partent, c’est normal. Mais ensuite je trouve qu’il faut rattacher à un projet pédagogique. A part profiter d’un voyage payé par le lycée et avec les copines, les trois autres profs accompagnateurs ne se sont pas du tout investi. Je les ai aidés à préparer les courriers pour les parents. Aucun merci. Ça m’apprendra à donner un coup de main!
      Cette année je ne m’investit dans aucun projet : être sur deux établissements ça limite beaucoup l’investissement!

      Grosses bises.

    1. Tu ne sais plus comment tu t’appelles? 🙂 C’est pas grave, je te reconnais toujours!
      Hé oui, l’ambiance au travail est importante, elle était nettement meilleure quand les « copines » n’étaient pas là!

        1. Pas grave, je sais que c’est toi.
          Si tu jour tu ne sais plus comment tu t’appelles, par contre, il faudra commencer à t’inquiéter… 😉

  7. Pas d’accord avec toi sur ce coup là. J’organise depuis plus de 10 ans un voyage annuel en Provence ou départements limitrophes. Je pars sans organisme, organisant transport, hébergement, visites, activités sur place.et même actions pour minorer le prix de revient. J’ai toujours choisi les collègues avec qui je partais.
    1er critère : que le prof enseigne dans la classe
    2ème critère : qu’il ait la même conception que moi du voyage scolaire
    C’est ainsi que je pars avec la même équipe plusieurs années de suite jusqu’à ce que l’un ou l’une d’entre eux déclare forfait.
    Une année, nous avons emmené un professeur de svt qui passait son temps à ne pas s’occuper des élèves ( je passe les détails). Je lui ai clairement signifié que je ne l’emmènerai plus. Ce n’est pas une garderie, j’ai besoin de collègues investis.
    En général, pour ne pas désorganiser de trop le collège je fais appel à un voire deux retraités. Nous préparons le voyage avec les élèves avant et faisons une expo après. C’est un travail d’investissement qui demande du temps et de l’énergie. Je sais aussi si je ne pouvais pas partir, au moins collègue de l’équipe peut emmener sans problème les élèves sans moi.
    Cette année ce sera la dernière fois. Je laisse ma place volontiers car je fatigue. Si tu projettes un jour de faire un tel voyage, je peux te transmettre mes docs.

    1. Je suis d’accord avec toi : mieux vaut partir avec des collègues avec qui on s’entend bien et en qui on a confiance. Mais il faut aussi que le prof trouve un intérêt pédagogique dans sa matière ou avec la classe.
      Les élèves étaient en première donc très autonomes : les profs leurs donnaient une carte, un itinéraire et ils se retrouvaient après. C’est pas comme au collège où on doit être avec eux (et derrière eux). A leur retour, elles n’ont parlé que d’elles, de leurs activités shopping, ballades, pique-nique, etc. On n’a même pas su si ça avait plu aux élèves. C’est ça que je critiquais. Leur attitude!
      Cette année je n’ai préparé aucun voyage, j’ai aidé à l’organisation de certains (dont celui-ci) mais je ne partirai pas.

  8. Ah les joies des voyages scolaires « éducatifs ». Je rejoins les commentaires précédents, autant partir avec des collègues avec lesquels on s’entend bien, sans que ça fasse un séjour « Club Med » pour autant. Là en effet elles sont partie entre cops, en vacances on a l’impression.

    Le but étant de faire découvrir un minimum de choses aux élèves, même si après la plupart s’en foutront des visites culturelles du « Musée de la fabrication du pancake à l’effigie de la reine d’Englishterre » (lol), mais au moins ils auront malgré tout découvert un pays étranger ou une autre région, parfois ce sera la seule occasion de voyage pour ces élèves. Ces découvertes, autant les faire avec une équipe de collègues agréables et sympas mais qui sauront prendre en charge des groupes d’élèves, un voyage scolaire est jamais une partie de plaisir.

    J’ai la chance de partir en Italie cette année, même si je n’ai pas les classes qui partent (des 4èmes), mais j’ai eu étudié l’italien, donc le principal du collège a autorisé ma venue lors de ce séjour. Je ne connais les élèves que de vue donc, mais la promo de 4ème est chouette cette année me disaient les collègues, contrairement à ceux de l’an dernier.

    1. Je te rejoins, c’est plus agréable de partir avec des personnes qu’on apprécie mais il faut quand même que ce soit l’élève qui soit au cœur du projet, pas les vacances entre copines!
      Ils ont eu raison de te proposer d’accompagner, c’est toujours intéressant d’avoir un prof qui parle la langue. Même si tu n’as pas de quatrièmes cette année… Là, sur les cinq profs à partir, deux parlaient anglais couramment (normal, c’est leur matière) mais les autres non. C’est ça aussi qui me gênait.
      Enfin, maintenant, c’est fait. Elles se sont amusées, les élèves ont apprécié dans l’ensemble.

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