Perles d'élèves·Perles du travail

Votre mission, si vous l’acceptez : enseigner!

Depuis quelques semaines, je travaille dans un lycée.
En ce moment, en première, on travaille sur l’argumentation


Il y a quinze jours, le vendredi matin d’avant les vacances (juste avant le cours où j’ai fait la fameuse boulette), j’avais deux heures de cours. 

Après avoir corrigé l’évaluation dans laquelle les argumentations étaient pauvres, j’ai décidé de leur montrer comment débattre. Je leur ai demandé de choisir le thème. Première erreur…


Moi : – La présidentielle? Faut-il aller voter aux prochaines élections?
Élève 1 : – Non, Madame, c’est nul!
Moi : – Alors proposez-moi quelque chose! Je vous écoute.
Élève 2 : – L’avortement? Madame, vous êtes pour ou contre?
Élèves en chœur : – Non, c’est nul!
Élève 3 : – La peine de mort?
Élèves en chœur : – Ah oui!
Nous voilà donc partis sur le sentier chaotique de ce thème…
Pour commencer, j’ai fait des gros rappels sur la peine de mort.
Moi : – Date d’abolition?
Elèves : – 1800? 1945? 1960?
Moi : – 1981! Sous quel président?
Elèves : – Chirac?
Moi : – F. Mitterrand. Comment exécutait-on les condamnés?
Elèves : – Chaise électrique? Piqûre mortelle?
Moi : – Guillotine.
Elèves : – Han, c’est dégueulasse!
Moi : – Parce que la chaise électrique c’est plus sympa?

Consignes pour le débat :
Moi : – Au brouillon, vous devez TOUS me trouver un argument EN FAVEUR de la peine de mort et un argument CONTRE la peine de mort chacun accompagné d’un exemple.
Une fois que tous les élèves avaient leur deux arguments, on a pu commencer.
Moi : – Qui veut commencer?
Une dizaine de mains se lèvent. J’interroge un élève.
Élève 1 : – Je suis pour la peine de mort parce que quand on tue quelqu’un on doit payer de sa vie.
Moi : – Exemple?
Élève 1 : – Mohamed Merah. S’il avait pas été tué il aurait fallu le condamner à mort parce qu’il a tué des gens.
Je note au tableau l’argument et son exemple.
Moi : – Contre-argument?
Elèves silencieux…
Moi : – Pas de contre-argument?
Élève 2 : – L’erreur judiciaire, Madame. Aux Etats-Unis ça arrive qu’on tue un mec qu’a rien fait et on s’en rend compte trop tard. 
Élève 3 : Ben oui, même en France on fait des erreurs, regardez Outreau!
Le débat est alors parti dans tous les sens… Tout le monde y allait de ses exemples pour ou contre.
 
Élève 3 : – Madame, vous écrivez pas nos arguments?
Moi : – Non, ce ne sont pas des arguments mais des exemples. Argument suivant?
Élève 4 : – Les meurtriers sortent au bout de 20 ans et peuvent recommencer. 

Personne n’a trouvé d’exemple, on a tous cherché un nom de récidiviste en vain. Si vous avez des idées…

Élève 1 : – Et puis les prisons sont pleines!
Moi : – Et donc? Il faut faire de la place, c’est ça?
Élève 5 : – Ben, oui.  
Moi : – Des exemples?

Comme le débat s’appauvrissait, qu’on commençait à tourner en rond ou à partir dans tous les sens, j’ai écrit cette question au tableau :

« Si je tue quelqu’un je dois payer de ma vie? »

La plupart a acquiescé.

Moi : – Donc, si je suis juge et que je décide de condamner quelqu’un à mort, je le tue alors je dois être tuée?
Elèves : – Mais là c’est pas vous qui le tuez!
Moi : – Disons que je suis le bourreau qui fait glisser la lame de la guillotine sur le cou du condamné. Je le tue, là? Et je dois donc être tuée à mon tour?
Élèves : – Mais non, là c’est pas pareil! (Vous notez le poids de l’argument).
Moi : – Pourquoi? J’ai tué un être humain?
Elèves : – Mais non, là c’est pas le bourreau qui a décidé, il a obéi à un ordre du juge. C’est son travail.
Moi : – Alors, imaginons que je suis tueur à gage. Je tue quelqu’un mais comme j’ai obéi à un ordre, que c’était mon travail, je ne peux pas être condamnée à mort?
Elèves : – Mais non, là c’est pas pareil! (Vous notez le poids de ce même argument).
Moi : – Personne n’a d’argument pour me répondre?
Silence dans la salle.

Je note alors sous ma première question, cette phrase :

« Un être humain a-t-il le pouvoir de vie ou de mort sur un autre être humain?« 

Élèves, choqués : – Non!
Moi : – Hé bien, développez!

Silence.
Élèves : – C’est pour ça qu’il faut tuer ceux qui tuent!
Moi, étonnée : – Comprenez-vous ce que vous venez de dire?
Élève 6 : -Mais on ne peut pas laisser les gens qui tuent d’autres gens vivre dans la société avec nous!
Elève 7 : – Et la prison, ça sert à ça!
Élève 4 : – Mais non, ils n’y restent pas assez longtemps!
Et c’est reparti dans tous les sens.

Élève 3
: – Mais si quelqu’un renverse un gamin avec sa voiture, il a pas fait exprès, on va pas le tuer?
Élève 5 : – Et si on tue mon enfant, je veux que le meurtrier soit tué. La justice doit nous venger!
Élève 7 : – Mais si dans la société on se fait vengeance soi-même, si on tue parce qu’on a tué, on n’est plus une société évolué, on est des bêtes!
La sonnerie a retenti. J’ai donné les leçons, ai salué les élèves et me suis assise un moment. 
Je n’ai pas reproduit ici l’intégralité de la séance. Mais en plus d’avoir été surprise par la faiblesse de leurs arguments, j’ai été choquée par leur point de vue si tranché et parfois si violent.
 
Je suis enseignante. Un de mes rôles est de préparer les élèves à leur vie de citoyen (c’est une des « missions » du professeur). Je le fais en français, notamment en leur apprenant à décortiquer des argumentations, à argumenter à leur tour. Mais quand je les entends, je me rends compte qu’ils ne sont pas prêts. Quand je leur fais lire des discours politiques, que je leur demande de trouver les arguments de l’auteur, d’en chercher d’autres, pour appuyer sa thèse ou la contredire, ils sont, pour la plupart, encore incapables de le faire.  
Mais je les retrouve lundi… et je compte bien remédier à ce problème!

Débattons, c’est bon pour la liberté d’expression!

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46 réflexions au sujet de « Votre mission, si vous l’acceptez : enseigner! »

  1. Est-ce que tu aurais pensé sinon à faire un cours en commun avec leur prof d'éducation civique/histoire. Parce que s'ils avaient plus de faits, plus de contexte et d'exemples, ce serait peut-être plus facile pour eux de se faire une opinion et d'argumenter (avec de vrais arguments). Ou sinon pourquoi tu n'essaierai pas de diviser la classe soit en deux, soit en petits groupes avec un thème et des groupes qui s'opposent. Un groupe POUR, un groupe CONTRE et ils doivent trouver des arguments (même s'ils sont POUR et se retrouvent dans le groupe CONTRE) ? Enfin, pas facile facile ! Je suis pas mécontente parfois de ne pas avoir continuer dans la voie de l'enseignement 😉

  2. Le développement de l'esprit critique, et je dirais même de l'esprit tout court, est une des grosses lacunes de notre enseignement, et ça me consterne de voir à quel point les jeunes, parfois à l'aube de l'âge adulte, sont incapables de penser par eux-même et de pouvoir formuler une simple opinion, ne serait-ce qu'expliquer pourquoi ils aiment telle ou telle chose. On a fabriqué une génération d'esprits formatés dans le meilleur des cas, complètement décérébrés pour le reste. Mais non je ne suis pas pessimiste.Bon courage pour la rentrée!

  3. Bon, au dela du manque d'arguments réel, je trouve qu'ils ont l'air de s'être bien intéressés au débat.Le problème c'est qu'on leur demande rarement leur avis aux élèves, du coup, ils n'ont jamais à défendre leur point de vue. Et pas sur que dans les familles, on leur permette de s'exercer à l'argumentation et qu'on prenne en compte leur avis.Ils n'ont pas assez exercer leur esprit critique et leur capacités d'argumentation.(et pour l'élève 5 : la Justice n'est pas la vengeance. ^^)

  4. Hier Grandsage parlait élections avec son neveu de presque 20 ans. Il a cru en pleurer. Ses arguments de vote était le foot et les contrats des joueurs (les joueurs sont de sgens riches donc je te laisse imaginer ses choix..) Grandsage est revenu DEPRIME !!

  5. Ils n'ont pas appris à réfléchir… notre société en a fait de petits consommateurs de base… ils gobent, ils avalent… vive les médias, vive la pensée unique!En tout cas bravo à toi d'essayer de renverser la machine!

  6. ce qui est flippant c'est qu'il y a des chances qu'ils gardent cet état d'esprit passé la trentaine. J'en ai vu pléthore sur la blogo au moment de l'affaire MerahJe me demande ce qu'ils auraient dit pour les nazis dans camps qui ne faisaient "qu'exécuter les ordres" (argument souvent entendu à Nuremberg). Ils auraient dit comme pour le bourreau, le tueur à gages et le juge ? Et pourquoi ?C'est fou quand même les arguments très loi du Talion, à croire que la génération Y et Z sont revenus aux temps ancestraux de la Bible. Des proies faciles pour l'avenir.

  7. Eh bien, déjà je te trouve courageuse et j'aimerais bien que mes fils aient des profs comme toi !ma mère aussi a eu à coeur pendant sa carrière d'amener ses élèves à avoir un esprit critique, mais c'est vrai que dans la famille, on débattait pas beaucoup finalement..En tout cas, quelques élèves ont l'air d'avoir un peu les pieds sur terre, contrairement à d'autres.Ce qui me pousse à dire qu'il faut aussi qu'à la maison, je veille à demander son avis à mes enfants, à débattre, leur proposer des choix, etc…Et je suis d'accord avec La farfa, déjà ils se sont intéressés au débat, donc au cours, et ça c'est déjà un bon point dans notre société actuelle !Bon courage !

  8. ils n'ont pas la maturité nécessaire et ça me semble normal : ils n'ont pas suffisamment de recul et baignent encore trop dans leur aquarium familial ! Souviens-toi comment on était à leur âge !!! Pareilles !!! Pas de panique ! Pour la plupart d'entre eux, l'esprit critique va se former doucement : c'est ce qui fait de nous des adultes aussi ! Maintenant il est évident que certains resteront de grands naïfs ou des moutons bêlant mais là nous n'y pouvons rien !E, fait je crois que notre rôle n'est pas de leur apprendre à raisonner mais plutôt semer la graine… A eux ensuite de la cultiver !!!

  9. Les jeunes sont influençables à cet âge, malléables et ont tendance à ne pas trop réfléchir par eux-mêmes. Ils recrachent les infos qu'on leur donne, les "vérités" édictées par leurs parents.Je pense qu'il faut savoir les guider en douceur vers la réflection.En 3ème, j'ai eu la chance d'avoir une prof génialissime qui nous a poussés à réfléchir par nous-même, a été très présente et nous a expliqué pourquoi nous devions avoir nos propres opinions, pourquoi nous devions les étoffer.Je gare d'elle un souvenir plein de respect. Dommage qu'elle n'ait été dans mon collège qu'une année.

  10. +1 avec Elucubrations…Je ne sais plus si c'est dans un comm chez toi que je l'ai dit ou pas (mais tant pis du coup je le re-raconte)… Lorsque nous avons fait la minute de silence (et avant de savoir que Mohamed Mehrad avait été abattu), l'une de mes élèves (CM1) a levé le doigt :Elle : Mais maîtresse, si ils l'attrapent, ils vont le mettre en prison ?Moi : Ah mais oui, très probablement.Elle : Mais s'il a tué, c'est qu'il est malade dans sa tête, ils vont l'enfermer sans le soigner ?J'ai adoré cette réflexion !

  11. bon courage pour lundi……….pas facile d'argumenter, de débattreje crois que grand nombre d'adultes de toute façon ne savent pas non plus…….moi surement aussi car quand je discute avec mes collègues, des autres gens je suis sure que nous ne discutons pas avec justement cet argumentaire si capital dont tu parles mais moi j'ai cette honnêteté, mais je pense que bon nombre se prétendent avoir de vraies discussions, réflexions, bien argumentées, contre argumentées etc…..font des semblants de belles phrases mais…..si on les fait un peu creuser……..c'est vite déjà creux….bisouspatricia

  12. Effectivement je suis assez étonnée que ce débat chez des élèves de 1ere soit si tranché, et manque de beaucoup de nuances je trouve. En tout cas chapeau d'essayer de leur apprendre l'argumentation et le débat en général, d'autant plus avec un sujet si sensible 🙂

  13. Je te trouve bien courageuse d'essayer de faire réfléchir toutes ces têtes si "formatées" par la télé et autres médias même si c'est ton rôle d'enseignante. C'est vrai que ce n'est qu'au travers de discussions que l'on pourra les amener à réfléchir…autrement.Bon w-end, bises de Mireille du Sablon,

  14. Ce cours me rappelle pas mal de souvenirs et fait ressurgir en moi pas mal d'indignation. Je me suis toujours demandé en effet si le prof n'était pas une sorte de Don Guichotte qui se battait inutilement contre les moulins à vent de la bêtise humaine dans un combat vain, perdu d'avance, tragique en somme. Moi, j'ai lâché le morceau ( je n'enseigne plus actuellement)à regret parfois, mais ça c'est la vie…

  15. Après ce cours, j'en ai parlé avec mes collègues. Ils n'ont pas été étonnés du tout! Surtout quand j'ai donné les prénoms des élèves… ça les a même fait sourire : "Ah, ce sont les idées de son papa, ça".

  16. Justement, là ils devaient trouver un argument pour et un argument contre au moins. Je suis passée dans les rangs pour vérifier avant de lancer le débat. JE n'ai pas tout développé ici, ça aurait été trop long, mais quand ils avaient parlé une fois, ils devaient ensuite écouter les autres, pour que tout le monde parle (ils sont 30).Mais préparer un truc avec leur prof d'histoire, c'est pas vraiment possible… Honnêtement, une heure de cours comme celle-là, c'est épuisant, on doit tout gérer, les calmer, relancer le débat, etc. J'étais un peu désespérée à la fin de l'heure. J'ai eu l'impression d'assister à un combat de gladiateurs…

  17. Merci, c'est lundi… J'ai pas envie d'y retourner! C'est une grosse lacune. De l'éducation en générale, on ne demande plus aux enfants leur avis. On leur impose nos choix. Quand je vois des parents qui discutent avec leurs enfants, ils font figure d'exception. Alors à l'école, c'est pas facile. Dans certaines écoles primaires, les enseignants font de la philo adaptée aux enfants et je trouve ça génial. Ça devrait se généraliser.Après cette heure de cours, j'étais aussi désespérée. J'espère qu'ils y auront pensé un peu après. Sinon, je ne sers vraiment à rien!

  18. Ça a été ma première réaction quand les élèves sont sortis de la classe. Mon dieu! Quand je te disais qu'il n'y avait pas grande différence entre les élèves que j'ai en classe et les jeunes dont tu parlais dans ton article…

  19. Dix élèves sur 30 se sont intéressés au débat.Et encore, dans mon article je ne donne l'avais que de 7 élèves… les 3 autres se contentaient d'appuyer les idées de leurs camarades. Les 20 autres attendaient que le temps passe.J'espère au moins que ça leur a permis de s'interroger, peut-être d'en parler entre eux ou avec leurs parents. Pour l'élève 5 : c'est ce qu'un de ses camarades (le n°7) lui a répondu.

  20. Ça m'aurait moins inquiétée s'ils avaient été en troisième! Là ils ont 17 à 19 ans… Mais oui, en troisième, l'argumentation, c'est pas toujours facile! Des bisous.

  21. Et puis c'est pas comme si les sportifs s'exilaient en Suisse ou plaçaient leur fortune! Pauvre Grandsage, je comprend sa déprime. Mais au moins, il aura essayé de discuter, c'est toujours ça!

  22. Merci Mimilady. J'ai essayé mais ça n'a pas eu de grand impact. J'essaie toujours, que les élèves soient en sixième ou en BTS, je pense que réfléchir par soi-même est la base de tout apprentissage. Malheureusement, on n'y accorde pas assez de place, à l'école ou dans les familles. Et on se laisse manipuler par les médias. Quand je lis les commentaires d'adultes sur les articles de certains journaux en ligne, ça fait froid dans le dos!

  23. Ah, zut, j'ai pas pensé aux nazis. Ç'aurait été un super exemple! J'étais déjà désespérée avec mon juge, mon bourreau et mon tueur à gages (j'ai adoré leur expression quand je leur ai donné cet exemple :D).Heureusement que l'élève n°7 a terminé sur une phrase beaucoup plus sage. Sinon j'aurais sauté par la fenêtre de désespoir…

  24. Comme je l'ai dit à la Farfa, seuls 10 élèves sur 30 se sont intéressés au débat, les autres ont attendu que le temps passe (ou on alimenté le brouhaha quand ça partait dans tous les sens). Et sur les dix, trois seulement ont les pieds sur terre, ce qui fait 10% de classe, c'est pas beaucoup… Je pense qu'il faut débattre devant les enfants, et les intégrer à la discussion quand ils en ont envie, mais aussi développer leur esprit critique. Ne pas les laisser se faire avoir par les médias, les politiques, etc. Être capable se se forger ses propres opinions. Bon weekend.

  25. Quand je lis des articles en ligne et que je regarde les commentaires, ce sont de "grands naïfs ou des moutons bêlant" qui croient donner un avis. Ça fait peur quand même, ils n'ont pas d'avis personnel, ils recrachent ce qu'ils ont entendu. En troisième, ça ne m'effraie pas. Mais en première! Bon, hé bien, j'espère que la petite graine s'est bien implantée et qu'ils vont la cultiver!Merci, sage collègue. Des bisous.

  26. Elle a planté la "petite graine" dont parle Dame Céleste, elle vous a permis de la cultiver. En troisième, l'argumentation est le gros morceau de l'année. Ce n'est que le début. Mais en première, ils devraient déjà savoir argumenter un minimum. Ce qui m'agace c'est qu'ils recrachent ce qu'ils ont entendu ou lu. Sans réfléchir à ce qu'ils disent, sans voir que parfois ils se contredisent. Il y a du boulot quand même! En fait, il faudrait amener les élèves à se poser des questions dès qu'ils sont petits. C'est pour ça qu'en sixième, je leur demande souvent ce qu'ils pensent de telle ou telle chose, de tel ou tel livre, etc. C'est un début.

  27. Ah oui, c'est tout à fait ça, je me suis sentie comme Don Quichotte! Mais, même si ça n'a fait réagir que 3 ou 4 élèves, c'est déjà ça, c'est "mieux que rien". Je t'avoue que j'ai bien souvent envie de jeter l'éponge. Et cette envie se fait de plus en plus pressante en ce moment.

  28. Je ne sais pas si je suis courageuse, j'essaie juste de faire mon travail. Mais ce n'est pas facile, face à des élèves qui n'en ont rien à faire. Merci pour ton commentaire, je suis bien de ton avis : "ce n'est qu'au travers de discussions que l'on pourra les amener à réfléchir… autrement"Bon weekend, bises Mireille.

  29. Ce sont les élèves qui avaient choisi le sujet. Je savais que c'était un débat glissant. Et mes craintes se sont révélées fondées, malheureusement. Mais peut-être qu'ils y ont repensé et que leur avis est moins tranché… Espérons.

  30. Quand j'entends des discussions d'adultes, bien souvent ils ne donnent que des exemples, pas d'arguments. Et ils ressortent ce qu'ils ont entendu à la télé. Pas facile d'argumenter par soi-même. Mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron, alors débattons, ne baissons pas les bras!Bon weekend Patricia.

  31. Moi je trouve qu'ils ont de l'idée mais qu'ils ne vont pas au bout de leur propre raisonnement, c'est sûrement ce qur quoi il faut les forcer individuellement à travailler, à l'oral par exemple, comme tu l'as fait là sans lâcher l'élève jusqu'à ce qu'il arrive au bout (enfin chui pas prof hein, je fait juste ça avec mon entourage quand je trouve leurs arguments inappropriés et puis aussi avec moi même quand je sens qu'il me manque un truc !). Très intéressant ton article, j'ai bien fait de rattraper mon retard ! Bisous

  32. Merci Onee-Chan. Le problème c'est que les enfants puis les ados n'ont pas assez l'habitude de débattre. Quand on essaie, ça part dans tous les sens, parce qu'avec 30 élèves dans la classe, c'est pas possible. Et puis on a des programmes super chargés, là je me suis permis de prendre une heure, mais c'est un luxe! Espérons qu'ils en auront retenu quelque chose.

  33. C'est clair que 30 élèves c'est trop pour ce genre de débat mais ce serait bien qu'ils aient une petite heure par semaine en moitié de classe dont la matière serait apprendre à débattre (sur n'importe quel thème et matière d'ailleurs). Parce que ça apprend à penser et du coup s'ils voient l'utilité, s'ils se sentent plus intelligent en sortant de là ça peut les motiver pour le reste : glaner les infos en cours et accessoirement savoir parler ^^M'enfin, l'espoir fait vivre j'imagine :)Bon courage en tout cas !

  34. ah Kiara, tu as de la chance. J'ai fait ce même genre de séance avec des classes de 3ème, et quand j'arrivais à avoir de meilleurs arguments que "parce que!", c'était des points de vue monstrueux, sexistes, antisémites, racistes…l'horreur du cliché et de la violence banale…

  35. En 3ème c'est pire qu'en 1ère, je suis bien de ton avis. Ils sont imprégnés de ce qu'ils ont entendu chez eux ou à la télé, ils ont encore moins de recul. Ce que tu me dis ne me surprends pas du tout! Bon courage.

  36. Moi je suis en seconde, j'adore les débats. La peine de mort on l'a fait en anglais. Moi je pense que l'on ne peut pas tuer les gens, on peut décider de sa propre vie, de se suicider par exemple, mais on ne peut pas décider de la mort de quelqu'un parce qu'aucun homme n'est réellement plus puissant que les autres, par exemple le Président il a pas tant de pouvoirs que ça, et de toutes façons s'il tuait quelqu'un il serait condamné, enfin sauf si y'a légitime défense mais ça c'est l'affaire des avocats.Si un mec tue sa femme et qu'on tue se mec ben on devient nous-même des meurtriers alors suivant la lois on doit être tué même si je comprend l'argument "c'est pas pareil" de tes élèves parce que, à ce moment là, le bourreau aura tué un meurtrier, donc "fait justice" en quelques sortes, un peu comme dans Dexter ou le flic tue des meurtriers… Par contre je réfute l'argument de Mohamed Merah ! M. Merah n'a pas été condamné à mort, il a été tué parce que le RAID a pas pût faire autrement aux vues de la situations… Par contre pour l'argument de l'erreur judiciaire, y'a quelques mois, même si je sais plus son nom, y'a un homme, aux Etats-Unis qui a été tué alors que les citoyens manifestaient pour sa libération… Je dos avoir son nom dans mon cahier d'anglais… C'est vrai que y'a le problème de l'erreur judiciaire mais en même temps la justice ne se trompe pas à tout les procès, et puis rien n'empêche le condamné de faire appel ou de changer de tribunal s'il le peut… ou d'avocat… Et puis même si elle se trompe et qu'elle s'en rend compte elle peut toujours réhabiliter le nom même si ça ne fera pas revenir la personne, façon on finit tous par mourir un jour… Ils ont bien réhabilité Jean D'Arc et récemment un couple de français qui avaient protégés des Juifs pendant la guerre mais qui avait été accusés de colabo…Après, oui, en effet, y'a plus de place dans les prisons, mais rien n'empêche de les agrandir ou d'en faire d'autres… M. Hollande n'a-t-il pas dit qu'il ferai de la Justice et de l'Education les deux grandes priorités de son mandat ? A lui de s'y tenir…Ensuite il faut savait que la guillotine c'est comme une décapitation à coup d'épée, on ne sent rien, du moins c'est ce que nous a dit ma prof de français… Bon certes parfois elle était mal aiguisée et ils devaient si reprendre à plusieurs fois, mais les condamnés devaient êtres plus ou moins dans les vapes donc ne sentaient rien au deuxième coup… C'est beaucoup moins violent que la chaise électrique et plus "noble" qu'une piqûre comme les animaux… Après tout c'est des rabaisser les condamnés que de les tuer avec une seringue… On se dit plus fort et plus intelligent que les animaux, alors mourir comme eux…Moi je crois que pour faire un bon débat il faut être au courant de l'actualité, et surtout savoir se faire sa propre idée sans écouter ses parents.

  37. Merci pour ce mini-débat! Et bravo pour ta réflexion très réfléchie.Effectivement, pour faire un bon débat il faut se cultiver. C'est ce qui manque chez la plupart de mes élèves. Malheureusement ils ne comprennent pas tous l'intérêt de se tenir au courant des actualités et des faits historiques. Il faut écouter ce que pensent ses parents, les médias, etc. pour ensuite y réfléchir et se faire sa propre opinion."C'est pas pareil" n'est pas un argument, c'est ce que je reprochait aux élèves. En fait, j'aurais voulu qu'ils expliquent POURQUOI c'est pas pareil. Mais ça ne venait pas!L'exemple de M. Merah, c'était au cas où il s'en serait sorti…Quant à la guillotine, effectivement, elle coupait net quand elle était neuve, le condamné ne sentait rien. Mais je ne trouve pas ça plus "noble", on sépare quand même la tête, le siège de la pensée, du corps. Par contre, c'est moins violent que la chaise électrique!Je pense que justement, si on est pour la peine de mort, on devrait exécuter les condamnés comme les animaux. Car c'est ce que nous sommes, des animaux. Des mammifères. Si nous abrégeons les souffrances d'un animal en l'endormant à jamais, pourquoi ne pas en faire autant avec les humains? Nous sommes des animaux censés être évolués… Comme tu l'écris, "On se dit plus fort et plus intelligent que les animaux"… mais le sommes-nous? Comment expliquer que nous nous comportons parfois de façon encore plus atroce qu'un animal?Je suis contre la peine de mort, je suis pour l'éducation et la punition. Mais ça, ça ne regarde pas mes élèves, je n'ai pas à leur donner mon point de vue. Je ne suis là que pour les pousser à réfléchir davantage et à se poser des questions.Désolée pour cette longue réponse.Merci de ton passage et de ton intérêt!

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