Roman

Allumer le chat de Barbara Constantine.

     J’avais aimé  Tom, tout petit homme, Tom de Barbara Constantine. Mais je ne connaissais pas les autres romans de cette auteure. Alors, sur les conseils d’Isabelle, je me suis procuré son premier roman, Allumer le chat.

Allumer le chat

C’est l’histoire de Raymond, de son épouse Mine, de leur chat Bastos. Mais aussi de leur fille Josette, de son mari Martial et de leur fils Rémi. C’est aussi celle des parents de Martial, de sa maîtresse Edith, des parents d’Edith, de l’employé des pompes funèbres, etc. On découvre les personnages les uns après les autres dans les 70 chapitres de ce récit qui font alterner les points de vue de chacun, même ceux du chat et du chien!
Ce passage d’un point de vue à un autre m’avait dérangé lors de ma précédente lecture. Mais dans ce roman, c’est ce qui fait son originalité et sa richesse : on s’y habitue très rapidement. Sans doute parce que les chapitres sont brefs et que les personnages, cassés par la vie, sont à la fois énervants et attachants. Tout comme l’est l’écriture… aussi agaçante qu’intéressante!
     Agaçante, parce que de style oral : comme le point de vue est interne, l’auteure a choisi un langage parlé, courant voire familier, parfois même vulgaire. Mais intéressante parce que la plume est très originale, pas du tout conventionnelle, ce qui est osé pour un premier roman!
Les mots sont simples mais l’auteure aborde des thèmes importants voire graves : la mort, l’abandon, la maternité et la paternité (leurs difficultés, parfois leur refus), la sexualité des personnes âgées, l’homosexualité, etc. Avec un ton léger, elle évoque les horreurs de la vie et emporte le lecteur dans un humour presque noir… mais complètement déjanté!
Tout cela fait de ce roman un petit bijou de la littérature moderne : c’est un récit loufoque, les situations sont cocasses, les aventures rocambolesques, les personnages allumés.
Vous l’avez compris, j’ai été séduite par ce roman.

 

 

     Pas facile de résumer ce livre. Alors je vous propose un extrait, les premières lignes, qui expliquent le titre :
Il se plante devant la porte ouverte, jambes écartées, poings sur les hanches. Il hume l’air. La nuit s’annonce douce et tranquille. Mais d’un coup, ses sourcils se froncent, une ombre passe, et sans se retourner…
– Passe-moi le fusil, j’vais allumer le chat !
Il n’a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien.
– Et pourquoi tu veux l’allumer, dis ?
– Quand il me regarde, j’ai l’impression qu’il se fout de ma gueule. Alors, là, j’en ai marre…
Je vais lui régler son compte à ce salopard !
Elle, ça ne l’amuse pas du tout. Parce qu’à chaque fois qu’il se sert de son fusil, et malgré tout l’amour qu’elle lui porte, elle ne peut que constater son peu de talent pour cet instrument. Les cages à lapins étaient loin de la direction qu’avait prise le chat la dernière fois, et pourtant elle en avait ressorti quatre, criblés de plombs ! Les huit autres n’avaient pas survécu longtemps et même en civet, n’avaient pas été bons à manger… Ca leur avait tourné les sangs, cette histoire. Et le chat, lui, moins d’une heure après le carnage, était tranquillement retourné se chauffer près du poêle.
Depuis ce jour-là, elle aussi le soupçonne de se foutre de leur gueule… Mais ça, elle le garde pour elle, parce que quand même, un chat, c’est pas autre chose qu’une bête, hein… alors, se foutre…
Et maintenant, elle aimerait essayer de détourner Raymond de son idée. Elle se dit que c’est vraiment le moment de lui parler de…
– Tu sais qui j’ai croisé au marché ce matin ? Et qui est même venu me saluer et me demander comment tu allais, par la même occasion ?
– Tu veux me détourner de mon idée, ou quoi ?
– Non, juste gagner du temps, c’est tout…
– Ah ! ben, dit comme ça, d’accord. Alors, c’est qui que t’as vu ce matin, ma petite Mine ?
– Josette…
Il s’emporte immédiatement. Elle s’y attendait. Elle le connaît par cœur, son bonhomme. Il rougit d’un coup et les veines de tempes enflent légèrement.
– Elle est venue te voir ? Elle t’a parlé… et toi, tu lui as répondu ?
– Eh ! C’est que je ne pouvais pas faire autrement !
– Ah oui, bien sûr ! Tu ne pouvais pas ! Et qu’est-ce qu’elle voulait ?
– Elle a besoin de toi. Son petit Rémi est couvert d’eczéma et le docteur Lubin ne sait pas bien quoi faire pour le soigner. C’est même lui qui lui qui a conseillé de te…
– Lubin ? Il est juste bon qu’à soigner sa tenue, celui-là ! De l’eczéma, tu dis ? Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Et puis, son môme à Josette, c’est sûrement qu’un petit merdeux !

 

Vous l’avez lu? Vous avez aimé?

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