Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

                Après Goethe et Jane Austen, je reste dans le domaine étranger avec un auteur que j’ai découvert au lycée, en Terminale, avec Le Joueur d’échecs. L’université m’a offert ensuite le plaisir de lire son œuvre : AmokLa Confusion des sentimentsLe Voyage dans le passéVingt-quatre heures de la vie d’une femme… C’est d’ailleurs de ce dernier roman dont je vais vous parler.

Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

                Vingt-quatre Heures de la vie d’une femme (1927) est une nouvelle (ou un bref roman, difficile de « classer » ce récit) qui s’ouvre sur un scandale dans une petite pension sur la Riviera (Côte d’Azur) au début du XXème siècle : Mme Henriette, l’épouse d’un des pensionnaires de l’établissement, une femme « comme il faut », bonne épouse et mère de famille, s’enfuie avec un jeune français qui pourtant n’a passé qu’une journée à la pension.
Tous les pensionnaires se permettent de donner leur avis sur cette femme, qui n’a laissé qu’une lettre expliquant son acte à son mari. Seul le narrateur s’oppose à ceux qui la condamnent : il essaie de comprendre les causes de son comportement dans un discours qui attise la curiosité d’une vieille dame anglaise qui lui pose de nombreuses questions sur les raisons de sa prise de position étonnante. Un second récit commence alors : la distinguée Mrs C., au cours d’une longue conversation privée avec le narrateur, se dévoile sans rien cacher et confie les feux mal éteints que ce scandale a rallumés en elle. Elle fait le récit émouvant de ces vingt-quatre heures qui ont bouleversé son existence.
Quelques décennies plus tôt, Mrs C., âgée de quarante deux ans, est veuve depuis deux ans. A Monte Carlo, elle aime fréquenter les casinos où elle examine les mains des joueurs qui, selon elle, dévoilent la personnalité de leur propriétaire.
Un jour, elle est fascinée par de magnifiques mains auxquelles elle ne peut résister. Le joueur est un beau jeune homme qui vient de perdre tout son argent. Il semble anéanti et Mrs C. craignant qu’il ne se suicide, décide de l’aider. Pour la première fois depuis deux ans, elle éprouve à nouveau des sentiments pour un homme. Mais cette passion foudroyante pour ce jeune homme dévoré par le jeu ne dure que vingt-quatre heures, et se termine par l’autodestruction annoncée du joueur compulsif.
Ce récit enchâssé (comme il le fera plus tard dans Le Joueur d’échec en 1943), permet au lecteur de comprendre ce qui a pu arriver à la femme du premier récit, Mme Henriette.

Dans cette histoire de femmes, écrite et narrée par des hommes, Stefan Zweig a su retranscrire avec finesse les sentiments féminins. Le lecteur ressent à travers les mots de l’auteur la profondeur et la sensualité du personnage de Mrs C. : comme lors des descriptions des mains qui sont très précises, assez développées mais très sensuelles.
Je vous recommande la lecture de ce magnifique roman qui, comme les deux précédents, plairont sans doute davantage à un public féminin. Messieurs, n’ayez pas peur de vous laisser prendre par les sentiments.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités

N'hésitez pas à donner votre avis :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s