Le patois angevin de mon enfance

En 2001, ma grand-mère a écrit le récit de son enfance et de son adolescence pour nous, ses enfants et petits-enfants, afin que nous sachions ce qu’était la vie pendant la guerre et que nous gardions le souvenir du courage de nos ancêtres.

Aujourd’hui, elle se lance dans une nouvelle aventure : faire éditer son manuscrit !

Cet été, je suis donc allée chez elle plusieurs fois, pour l’aider à corriger et réécrire certains passages. Nous y avons passé du temps, mais j’ai adoré ce « travail ». Et puis, ses souvenirs, racontés dans sa langue, ce mélange de français et de patois m’a rappelé que mon vocabulaire est riche. J’ai la chance de parler un français mixte depuis que je suis enfant : mon arrière grand-mère et ma grand-mère, puis ma mère, utilisent indifféremment des mots français et des mots de patois. Cette langue est un mélange, elle aussi, entre Anjou et Mauges.

Enfant, je ne savais pas que les mots que j’employais n’étaient pas tous bien « français ». A l’adolescence, quand mon horizon s’est élargi, j’ai constaté que je ne me faisais pas toujours comprendre !

J’allais au lycée dans les Mauges, ma famille est d’origine Angevine, et celle de mon petit copain de l’époque est d’origine Bretonne : nous ne nous comprenions pas toujours ! Quand je lui demandais s’il avait barré la porte, lui me répondait qu’il l’avait crouillée. Bref, elle était verrouillée, c’est le principal !

La première fois que nous avons préparé un gâteau, je lui ai proposé de friper le reste de pâte dans le saladier : toute sa famille m’a regardée avec de grands yeux… ils ne comprenaient pas ce que je disais ! Friper un plat c’est le lécher.

Chaque objet de la vie quotidienne a deux noms pour moi ! Quand j’étais enfant, j’appelais le parfum du sent bon (d’ailleurs, une sente est une odeur !), je nomme le crayon à papier crayon de bois, quand je vais chercher mes tatanes, je reviens avec des chaussures ou des chausson, quand je mets mon paletot, je mets ma veste, mon manteau.

Quand mon arrière grand-mère me demandais d’aller chercher l’avouillette, le friquet’ et le ramasse-bourrier, je savais qu’il fallait que je rapporte l’entonnoir, l’écumoire et la pelle à ordures.

Dans la cuisine, le crouston du pain est le croûton, une pierre de sucre est un morceau de sucre, les mogettes sont des haricots blancs une patache est une pomme de terre (des pataches gralées (prononcer « grâlé ») sont des pommes de terre grillées, cuites sous la cendre, c’est délicieux !), le bottereau est une sorte de beignet qui gonfle, frit dans l’huile ou dans la graisse, que l’on mange à la Chandeleur.

Dans le jardin, une touffe d’herbe est une bouillée ou une bouillerée, une bisachée est un sachet, une bousine est une bulle.

Les animaux aussi ont plusieurs appellations : un gorin est un cochon (ça a peut-être un rapport avec le goret !), une loche est une limace.

 

Une chose importante que vous devez savoir : en Anjou, on ne dit pas [a], on le prononce [â], on ne dit pas « une poire », mais une [pouerre] !

 

Bon, je vous laisse, la prochaine fois je vous parlerai des expressions…

       Topette! (au revoir)
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1 commentaire

  1. Un grand point commun Je raconte aussi, des souvenirs de ma grand-mère, qui elle, n’est plus.. Je le vais dans une grande partie de mon vécu..                       Tu la raconte, bien cette partie de ta vie… Amicalement        Nettoue

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